A Pantin, Emmanuel Macron provoque un attroupement et fait polémique

A Pantin, Emmanuel Macron provoque un attroupement et fait polémique
Emmanuel Macron à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 7 avril 2020.

, publié le mercredi 08 avril 2020 à 10h16

En déplacement en Seine-Saint-Denis, le président a provoqué mardi après-midi un attroupement de badauds en plein confinement, ne respectant pas les mesures de distanciation sociale censées freiner la propagation du coronavirus.

Resté discret ces derniers jours, Emmanuel Macron est sorti mardi 7 avril de l'Elysée pour se rendre en Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus touchés par le coronavirus. Il s'est notamment rendu dans un centre de soins de Pantin afin de rendre hommage aux soignants.



Le président de la République a débuté sa visite en remerciant les habitants qui "respectent le confinement de manière remarquable" dans "un département où il y a beaucoup de pauvreté".

Mais, une heure plus tard, à la sortie de la Maison de santé pluridisciplinaire de la ville, le chef de l'Etat, qui avait retiré son masque chirurgical, doit exhorter, en joignant les mains, les habitants qui s'étaient attroupés pour le voir et l'interpeller, bien loin des mesures de distanciation sociale et de confinement, à "respecter les règles" et donc à "rentrer chez eux". Une scène qui a fait polémique.

"À Pantin, des habitants agglutinés sans aucun respect du confinement ni de la distanciation sociale, et cela devant le Président de la République... C'est absolument consternant", a notamment tweeté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.




Le député de La France insoumise Bastien Lachaud a lui dénoncé un "coup de comm grotesque".


Jean-Christophe Lagarde a déploré mercredi 8 avril les "messages contradictoires" envoyés par le déplacement d'Emmanuel Macron. Au moment où on durcit le confinement (...) on montre en réalité que le président crée -involontairement bien sûr - un attroupement", a affirmé le président de l'UDI sur CNews. "Aussi bien pour lui à l'heure où (le Premier ministre britannique) Boris Johnson est en soins intensifs que pour la population qui s'est agglutinée, on n'a pas besoin de déplacements qui permettent certes de faire passer des messages, mais des messages contradictoires", a poursuivi l'élu de Seine-Saint-Denis. "On dit d'un côté le confinement doit être plus dur et de l'autre, on créé les conditions où des gens se sont retrouvés à quelques centimètres les uns des autres (...) se mettant en danger", a encore déploré Jean-Christophe Lagarde.

"Irresponsable et dangereux... Quand le plus mauvais exemple vient d'en haut et détruit tous les messages de responsabilité", a commenté de son côté le député Les Républicains niçois Eric Ciotti sur Twitter.






Dans les colonnes du Parisien, l'Elysée nie toute volonté d'avoir initié un bain de foule autour du président. "Il y avait un bureau de Poste à côté", explique le palais présidentiel, ajoutant "essayer surtout de relativiser cette polémique que Marine Le Pen ne manquera pas de relayer".

L'entourage d'Emmanuel Macron pointe de son côté le manque de préparation de cette sortie, due à l'absence de mission de reconnaissance lors des déplacements du président. "Nous travaillons dans des conditions dégradées, sans préparation. C'est pour ça que cette scène a pu se dérouler", assure une source au quotidien. "Le président va continuer à se déplacer, il doit se déplacer. Mais on apprend lors de chaque déplacement", ajoute cette dernière. 

 

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