A l'Assemblée nationale, les députés s'essaient à la méditation

A l'Assemblée nationale, les députés s'essaient à la méditation
Gaël Le Bohec et Delphine Batho participent aux séances de méditation en pleine conscience proposées à l'Assemblée nationale.
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leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 20h41

Ils sont une quinzaine de députés à avoir suivi pour la première fois une initiation à la «méditation» au palais Bourbon. Une deuxième session débutera bientôt semaine. Ils racontent.

Ils sont allés puiser dans les forces de l'esprit... Pendant plusieurs semaines au début de l'année, une quinzaine de députés s'est retrouvée ponctuellement les mardis soir, deux heures durant, pour s'initier à la « méditation en pleine conscience ».

Ils ont été invités à mettre portables et tablettes en mode avion. A zapper un temps les travaux en commissions ou dans l'Hémicycle, à s'extraire du tumulte parlementaire pour se focaliser sur leur propre respiration. « Dans la fonction de député, on est très exposé à ce que produisent sur le cerveau les nouvelles technologies. Il n'y a pas de répit », explique la députée (non inscrit) Delphine Batho.

La méditation doit aider son sujet à se « focaliser sur l'instant présent, sur ses sensations internes », permettre en théorie de « rééduquer notre capacité d'attention », poursuit Batho. Et de réduire le stress. « Les députés vont gagner en lucidité, en capacité de discernement », assure le professeur Jean-Gérard Bloch, coresponsable de la formation.

«On a fait du sport du cerveau !»

Ont franchi le pas : une majorité de marcheurs, une poignée de socialistes ; les collaborateurs parlementaires sont aussi les bienvenus. « L'attention, c'est un muscle à travailler, on a fait du sport du cerveau ! », s'amuse Gaël Le Bohec, 40 ans, député LREM d'Ille-et-Vilaine. La formation s'est déclinée en une multitude d'exercices, allant du « scan corporel » - s'allonger, se concentrer sur sa respiration, déplacer successivement son attention sur toutes les parties de son corps - à la marche lente, le sujet doit alors décomposer chacun de ses mouvements pour prendre pleinement conscience de son action.

« C'est précieux de pouvoir se recentrer sur soi », loue Laurence Dumont, députée PS du Calvados. L'élue raconte cette autre participante « sous pression, un peu pète-sec. Et bien, dès la 2e semaine, avec de la pratique, elle paraissait déjà plus détendue ».

Les politiques anglais déjà sensibilisés

La députée LREM de l'Isère, Catherine Kamowski, reconnaît que dans un pays « cartésien » comme la France, le mot méditation renvoie parfois une image ésotérique, mais raconte les bénéfices déjà éprouvés sur les enfants dans certaines écoles de sa circonscription où la pratiquent des enseignants. « Dans une société où les cas de burn-out se multiplient, cette approche peut apporter beaucoup », loue Caroline Janvier, élue LREM du Loiret, qui dit arriver à « mieux à (se) concentrer sur la lecture d'un rapport » avec une pratique régulière de la méditation.

Autre député marcheur, Pacôme Rupin, à l'initiative de cette formation conjointement avec Delphine Batho, pratique lui depuis quelques années déjà, et assure avoir constaté « des bénéfices sur la gestion du stress ». Les deux élus s'étaient croisés à la chambre des Lords à Londres à l'automne. Là-bas, les parlementaires, depuis plusieurs années, sont sensibilisés à cette pratique et tentent d'impulser des politiques publiques dans ce domaine.

En France, cette formation devrait aussi être proposée au Sénat.

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