À Hénin-Beaumont, pour sa rentrée, Marine Le Pen étrille Emmanuel Macron

À Hénin-Beaumont, pour sa rentrée, Marine Le Pen étrille Emmanuel Macron
Marine Le Pen, dimanche 8 septembre à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

, publié le dimanche 08 septembre 2019 à 16h45

La présidente du Rassemblement national (RN) avait choisi son fief du Pas-de-Calais pour son retour sur le devant de la scène. 

C'est sous un soleil radieux que Marine Le Pen a prononcé son discours de rentrée, avec, dans le viseur, les municipales de 2020. Elle a profité de ce moment pour critiquer la politique menée par le chef de l'État et le gouvernement.

Emmanuel Macron, "on le revoit, bronzé et satisfait, entre deux bains de foule arrangés et un crépage de chignons brésilien (avec le président brésilien Jair Bolsonaro, NDLR), nous dire : J'ai changé, a-t-elle lancé. Un autre président, souvenez-vous, nous avait fait le même coup", une allusion à Nicolas Sarkozy. 

"C'est pourquoi j'appelle tous ceux qui souhaitent construire une alternative à la politique d'Emmanuel Macron à nous rejoindre et prendre leur part à cette belle entreprise de redressement national. Ce qui nous anime, c'est un esprit d'ouverture et d'union de toutes les bonnes volontés venues de droite ou de gauche, du centre ou d'ailleurs", assure Marine Le Pen. Pour les municipales, "chaque liste présentée, chaque siège de conseiller municipal obtenu, chaque mairie conquise, seront autant de marches franchies, de nouvelles avancées annonçant de nouvelles conquêtes, notamment départementales et régionales dès 2021, préludes à la grande élection présidentielle de 2022."

Candidate en 2022 ? "On n'en est pas là" 

Interrogée sur sa propre candidature en 2022, la présidente du RN répond : "nous verrons cela, on n'en est pas là. Tout cela se décidera quelques mois avant la présidentielle". 

Pour convaincre les électeurs, Marine Le Pen a notamment évoqué l'argument sécuritaire. Selon elle, "un sentiment d'insécurité généralisé s'installe en France. Insécurité physique, avec un ensauvagement progressif de la société, avec ces meurtres gratuits au couteau, à la machette, au sabre japonais, ces lynchages pour des motifs futiles, ces passages à tabac pour un simple regard, ces exactions barbares par de prétendus déséquilibrés souvent venus d'ailleurs", a-t-elle lancé. Le week-end dernier, un demandeur d'asile afghan a été mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat, après avoir poignardé à mort un jeune homme et blessé plusieurs personnes à un arrêt de bus à Villeurbanne (Rhône). 

"Il est temps de remettre un peu d'ordre"

"Pas un jour ne se passe sans un fait divers tragique et bien des événements cet été nous ont ramenés à cette violence endémique (...) À supposer que ces criminels barbares agissent seulement par folie, et non pas comme tout le laisse à croire, pour des motifs politico-religieux, je le dis : la France n'est pas une terre d'asile psychiatrique !", estime Marine Le Pen. 

Elle a également évoqué la "perspective inquiétante du retour des revenants de Daesh, ou les sorties de prison prévues des condamnés pour terrorisme". "Chaque jour qui passe voit s'accélérer la submersion de nos rues, de nos villages, de nos villes, par une immigration aujourd'hui parfaitement incontrôlée, et la hausse des cartes de séjour s'accélère à un rythme exponentiel (...) Certains quartiers de Paris ont pris les allures de Jungle de Calais", dénonce-t-elle. "Il est temps de remettre un peu d'ordre", a conclu Marine Le Pen, jugeant que "les élections municipales seront l'occasion de placer la sécurité au coeur du débat politique".

"Les mutilations des manifestants, marque indélébile du quinquennat Macron"

Par ailleurs, Marine Le Pen s'affiche comme un soutien des "gilets jaunes". La présidente du RN critique "l'arrogance des dirigeants et le mépris de classe" de l'exécutif, qui ont, ces derniers mois, "profondément divisé" les Français. "Fallait-il ajouter à la fracture sociale, territoriale, identitaire, une fracture psychologique qui voit désormais deux France se regarder avec méfiance et même avec défiance ?", s'interroge-t-elle. "Des mots blessants, on est passé au fil des mois aux actes blessants. Par la brutalité de son programme, le pouvoir a heurté et inquiété. Par ses méthodes, il a humilié, brutalisé", a-t-elle poursuivi. 




"Les mutilations des manifestants de l'année dernière, tragiques faits d'armes de l'indigne M. Castaner (le ministre de l'Intérieur, NDLR), restent une marque indélébile du quinquennat Macron", estime encore Marine Le Pen. Selon elle, "c'est l'image de notre pays qui a a été abîmée. Les gardes à vue préventives, les campagnes de diffamation d'État contre les opposants ou les manifestants, panoplie des régimes autoritaires, n'ont pas grandi l'image de nos gouvernants", dénonce-t-elle encore. 

Les "fautes" d'Emmanuel Macron 


"On a vu des chars dans Paris, des policiers armés de pistolets mitrailleurs, pour faire face à des Français", regrette la patronne du RN. Pour elle, "ces dérives antidémocratiques constituent une faute éthique, une faute impardonnable que nous ne voulons plus revoir". "Le président a d'ailleurs conscience d'avoir mal agi, il a rangé Castaner dans un placard, il commence à se risquer à un timide mea culpa de circonstance", juge-t-elle. 

Pour Marine Le Pen, "la faute politique" de ce gouvernement est aussi "d'avoir mis en œuvre un projet pour ceux qui ont réussi, tout en ignorant voire méprisant ceux qui aux yeux du président ne seraient rien". "La pire faute politique de M. Macron sera d'avoir lancé les Français les uns contre les autres", a-t-elle enfin lancé. 

 

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