A Fréjus, Marine Le Pen lance la campagne du RN avec 2022 dans le viseur

A Fréjus, Marine Le Pen lance la campagne du RN avec 2022 dans le viseur
Marine Le Pen, le 24 mai 2019, à Hénin-Beaumont

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 15 septembre 2019 à 09h50

La finaliste de la dernière élection présidentielle met son parti en ordre de bataille pour le scrutin des municipales. Sur le plan personnel, elle prépare le terrain qui doit l'amener à "l'objectif final", l'Elysée.

Le Rassemblement national est réuni ce dimanche 15 septembre pour sa grand-messe de rentrée à Fréjus, où Marine Le Pen va lancer ses militants dans la bataille des élections municipales.

La présidente du RN a prévu de faire feu contre Emmanuel Macron, adversaire déjà désigné en vue de la présidentielle 2022. Le chef de l'Etat "est déjà en campagne présidentielle. (...) On ne va pas le laisser faire campagne tout seul", a commenté Marine Le Pen, tandis que le RN est jugé, selon un sondage publié  comme le parti qui incarne le mieux l'opposition à Emmanuel Macron.

Des "mousquetons" vers le sommet de l'Elysée

Les municipales en mars 2020, puis les départementales et les régionales en 2021, "ce sont des mousquetons qu'on fixe sur la paroi pour grimper jusqu'à l'objectif final", l'Elysée en 2022, selon Marine Le Pen, qui va occuper les devants de la scène. Si le parti d'extrême droite est sorti victorieux des élections européennes fin mai, le scrutin municipal lui est traditionnellement moins favorable. La patronne du Rassemblement national n'est d'ailleurs "pas sûre d'avoir plus de listes" qu'en 2014 mais assure qu'il y aura "plus de listes avec des potentiels gagnants". Il s'agit surtout pour le RN de s'implanter davantage, en irriguant autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen. Le RN mise sur l'ouverture de ses listes à des personnalités extérieures au parti, comme à Paris où il soutiendra un énarque ou à Carpentras (Vaucluse), où la première place revient à un général à la retraite.


L'ancien compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, qui a rendu publique leur séparation cette semaine, se présente sans logo RN à Perpignan pour favoriser un "rassemblement local". Marine Le Pen compte aussi sur l'effondrement des Républicains. Elle fustige à cet égard les étiquettes qui "valsent" pour ériger son parti en "véritable socle de solidité, de certitudes". David Rachline, élu à seulement 26 ans maire de Fréjus (53.000 habitants), la plus grosse ville tenue par le RN, a appelé les jeunes de son parti à se présenter aux municipales "pour tout remettre à plat" dans les communes: renforcer la sécurité et réduire les dépenses, y compris celles dédiées aux associations "qui ne servent à rien (...), sous prétexte de promouvoir, par exemple, le vivre-ensemble".

La cheffe du Rassemblement national s'est une nouvelle fois démarquée de son encombrante nièce Marion Maréchal, invitée vedette d'une "convention de la droite" organisée par ses proches le 28 septembre. "Je ne suis pas dans une stratégie d'union des droites (soutenue par Marion Maréchal, NDLR) mais d'union nationale", a expliqué Marine Le Pen, qui trouve par ailleurs sa nièce "peut-être un peu jeune" pour représenter le RN en 2022.

Revers chez les alliés des pays voisins

 Tante et nièce ne font pas non plus entendre la même musique dans leur opposition à l'élargissement de la PMA. Marion Maréchal ira manifester le 6 octobre mais pas Marine Le Pen. Leur point commun reste de préparer l'alternance à Emmanuel Macron, qui n'en a pas fini avec les "éruptions volcaniques" du type "gilets jaunes", selon Marine Le Pen. La finaliste de la présidentielle en 2017 "ne croit pas" non plus que le chef de l'Etat aura "le courage de s'attaquer à l'immigration", qui fera l'objet à l'Assemblée d'un débat où elle n'est "pas sûre de venir". Marine Le Pen aura en revanche du mal à vanter comme en 2018 la capacité à gouverner de ses alliés en Europe, comme le FPÖ autrichien et la Ligue italienne, qui ne sont plus au pouvoir.

La rentrée du RN a été marquée par des tensions avec la presse. Le parti a retiré samedi, avant de se raviser après des protestations, son accréditation à un journaliste de Libération après la diffusion par le quotidien d'un portrait de David Rachline. Les journalistes de Mediapart et de l'émission Quotidien sont toujours interdits d'entrée aux événements du RN depuis 2012. Le parti a aussi été rattrapé par l'affaire de ses emplois présumés fictifs au Parlement européen, dans laquelle son ancien président Jean-Marie Le Pen a été mis en examen vendredi pour "détournement de fonds publics".

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