A Amiens, Ruffin met en scène l'union "vert et rouge" dans un meeting avec Piolle

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François Ruffin à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2019, à Paris
François Ruffin à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2019, à Paris
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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN

, publié le samedi 16 novembre 2019 à 20h13

Chantre d'un "front populaire écologique", François Ruffin a appelé la gauche à "se rassembler" en vue des municipales et de la présidentielle, samedi dans un meeting à Amiens avec le maire EELV de Grenoble Eric Piolle, figure d'une alliance entre "verts" et "rouges".

Les municipales de mars 2020 s'avancent et le député France insoumise de la Somme aimerait reproduire le scénario de la législative de 2017, lorsqu'il a été élu avec le soutien d'un large arc de gauche, d'EELV à LFI en passant par le PCF.

Il a d'ailleurs renoué samedi avec les méthodes qui ont fait son succès: plus qu'un meeting, un rassemblement festif, avec partie de foot, goûter et concert.

Cette fois-ci, François Ruffin ne se présente pas mais il a bien l'intention de profiter de sa notoriété accumulée depuis deux ans pour faire gagner son camp dans la cité picarde et donner l'exemple de l'alliance "vert et rouge" qu'il prône.

"On est là pour lancer la bataille d'Amiens, car j'ai une inquiétude, nous avons une responsabilité dans cette ville, et aussi dans le pays", a-t-il lancé devant les centaines de personnes massées dans une salle comble du cloître Dewailly d'Amiens.

François Ruffin a fait applaudir son invité d'honneur Eric Piolle: "Il est là pour que l'on passe un message national, il y a nécessité d'ouvrir un espoir entre l'extrême droite et l'extrême argent, et il y a besoin de se rassembler".

M. Piolle est érigé en modèle par le Picard: l'écologiste a été élu à Grenoble en 2014 avec le soutien de la gauche radicale. Si son mandat a parfois connu des secousses, l'essentiel de sa majorité n'a pas vacillé.

Après avoir remisé le maillot de foot pour le costume et avalé un chocolat chaud, Eric Piolle a plaidé pour la force de l'échelon municipal, vantant ses mesures écologistes à Grenoble, "la tarification solidaire de l'eau, de la mobilité" ou encore "le bio et le local" dans les cantines. 

Très applaudi, il a aussi livré un message d'union pour la suite: "On est tous ensemble une majorité culturelle qui appelle à devenir une majorité politique".

"C'est plus facile aujourd'hui qu'en 2014. Nous sommes désormais un joyeux troupeau de nains de jardins, nous pouvons regarder ce qui nous rassemble, mettre nos histoires politiques de côté", a encouragé Eric Piolle, en référence à une gauche fragmentée, réduite à constater des sondages consacrant en 2022 un duel Macron-Le Pen.

La "connexion" Ruffin-Piolle peut ainsi être vue comme une manière de contrebalancer la vision d'un parti écologiste autonome, sûr de sa force, portée par le chef de file Yannick Jadot qui multiplie les déplacements dans les grandes villes.

- "On décide et vous suivez" -

"Ce qui chez Piolle intéresse Ruffin, c'est ce côté esprit libre au sein d'EELV, qui a su construire à la force du poignet une majorité où il fait vivre la diversité", analyse Sergio Coronado, ancien député EELV passé chez LFI.

Comme le Grenoblois, l'Amiénois a dû mettre les mains dans le cambouis de la politique locale, un exercice nouveau pour cet électron libre qui se dit peu à l'aise avec la "tambouille" des partis.

Le député s'est attelé à rassembler huit forces politiques: EELV, LFI, son micro-parti Picardie Debout, Place publique, le PS, le PCF, Ensemble et le collectif "Résolument à gauche". Les discussions sont en bonne voie grâce au "jeu d'équilibriste" de M. Ruffin, rapporte à l'AFP la chef de file d'EELV Emilie Thérouin, qui participait au meeting.

Tout ne se passe pas sans accroc. Les écologistes demandent à être dans le binôme de tête alors que l'Insoumis voulait initialement un duo composé de l'architecte Julien Pradat, un ancien de la LCR, pour la métropole, et d'Evelyne Becker, chef de file de LFI, pour la mairie.

Comme le PS est associé, la situation a déplu à bon nombre de militants insoumis locaux. Certains d'entre eux envisagent une liste dissidente.

"Ce qui dérange le plus, c'est la méthode: les choses sont imposées, c'est +On décide et vous suivez+", témoigne Zahia Hamdane, référente d'un groupe d'action local, qui a tout de même passé une tête au meeting de samedi. Histoire de voir l'insaisissable François Ruffin pour la première fois.

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