A Alençon, Marine Le Pen dénonce un "laxisme" politique et met en cause l'immigration

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Marine Le Pen s'adresse à la presse après une visite du commissariat de la ville, le 28 octobre 2021 à Alençon
Marine Le Pen s'adresse à la presse après une visite du commissariat de la ville, le 28 octobre 2021 à Alençon
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© AFP, JEAN-FRANCOIS MONIER

publié le jeudi 28 octobre 2021 à 14h13

Marine Le Pen a dénoncé un "laxisme" des politiques face aux violences urbaines qu'elle a attribuées à l'immigration, jeudi à Alençon (Orne) où les forces de l'ordre ont essuyé des tirs de mortier d'artifice en début de semaine.

"Le problème n'est pas policier mais politique", a affirmé la candidate du Rassemblement national à la présidentielle devant le commissariat de la ville, en dénonçant "le laxisme des politiques".

Mme Le Pen venait de passer un quart d'heure dans le commissariat, sans la presse, afin selon le RN de "soutenir les policiers". 

"Nous avons fait assez rapidement le tour de la situation. Elle est hélas traditionnelle. Dans tous les commissariats où j'ai l'occasion de me rendre j'entends le même discours", a répondu la candidate, interrogée par une journaliste sur la brièveté de sa visite. 

Dressant un parallèle fréquent à l'extrême droite, elle a assuré que "95% de la délinquance de rue est le fait de l'immigration, soit d'immigrés, d'étrangers, soit de gens issus de l'immigration".

Il faut "tenir compte de cette situation, ne pas aggraver la situation en arrêtant l'immigration plutôt que de continuer à faire venir des gens qui se retrouvent dans les culs-de-sac criminogènes", a ajouté Mme Le Pen, dont l'électorat est convoité par le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, très virulent sur les sujets régaliens.

Treize véhicules ont été incendiés et des policiers ont été la cible de tirs de mortiers d'artifice dans la nuit de mardi à mercredi dans un quartier d'Alençon lors de violences urbaines.

Mme Le Pen a aussi plaidé pour "pouvoir poursuivre les parents qui ne respectent pas leurs obligations", notamment au regard de l'article 227-17 du code pénal prévoyant un délit "passible de deux ans de prison".

- Présomption de légitime défense -

Mme Le Pen a également proposé des "mesures visant à supprimer les allocations des familles de délinquants", ou à "les expulser des logements sociaux" car "il n'y a plus aucune raison de faire preuve de mansuétude vis-à-vis de ceux qui pourrissent la vie de citoyens honnêtes".

La candidate du Rassemblement national s'était précédemment entretenue au téléphone avec le maire PS de la ville, Joaquim Pueyo, avec qui elle a évoqué "le manque de personnel", les "caméras de surveillance" ou "le déficit de renseignement territorial".

Elle a également plaidé pour "réarmer moralement" les forces de l'ordre qui devraient selon elle bénéficier d'une "présomption de légitime défense". 

"Il y a un problème d'effectifs" de policiers à Alençon, d'autant qu'ils sont chargés de la prison pour détenus difficiles de Condé-sur-Sarthe, a-t-elle ajouté.

Un jeune de 16 ans se présentant comme venant du quartier de Perseigne, où se sont produites les violences mardi soir, est intervenu pour reprocher à Mme Le Pen de "rabaisser le quartier" en exagérant selon lui la délinquance qui le frappe. 

"Désolé, mais le matin quand je me réveille je vois pas des tirs de mortiers. Le matin, je me réveille, je vois ma grand-mère, tout le monde vient l'aider" devant son immeuble, a dit le jeune homme se présentant comme Ufuk.

"Qu'il y ait des gens honnêtes, ça ne pose aucune difficulté. C'est pour les gens honnêtes que je me bats moi," lui a répondu la candidate du RN.

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