80 km/h : "On m'a accusé de vouloir remplir les caisses", dénonce Édouard Philippe

80 km/h : "On m'a accusé de vouloir remplir les caisses", dénonce Édouard Philippe
Édouard Philippe lors de son discours de restitution du grand débat, lundi 8 avril

Orange avec AFP-Services, publié le lundi 08 avril 2019 à 15h20

Le Premier ministre rendait ce lundi 8 avril les premières conclusions du grand débat national. Il en a profité pour défendre l'abaissement de la limitation de vitesse sur les routes, mesure qui lui a valu de nombreuses critiques.

Face à un auditoire composé de plusieurs centaines de maires, de représentants d'associations et de partenaires sociaux, Édouard Philippe a présenté un compte-rendu des propositions qui ont émané au cours des deux mois de consultation nationale.

À cette occasion, le chef du gouvernement a dit regretter la "défiance" qui a accompagné l'instauration des 80 km/h sur les routes secondaires, à l'été dernier. La mesure, très impopulaire, a fait partie des sources du mécontentement exprimé par les citoyens dans les réunions du grand débat.

Édouard Philippe plaide la "bonne foi"

"La bonne foi, c'est celle qui m'a par exemple conduit à instaurer les 80 km/h, parce que je ne pouvais pas accepter l'hécatombe quotidienne qui brise des vies, des familles, des existences", a argumenté Édouard Philippe lundi, sous la verrière du Grand Palais. "Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses" de l'État, s'est-il défendu.



"Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière. C'est une grande politique publique au service de nos concitoyens, elle est indispensable", a ajouté le locataire de Matignon. "Mais je dois apprendre à composer avec l'incompréhension ou le rejet de certains de nos concitoyens", a-t-il nuancé. En janvier, lors d'un débat dans l'Eure, le président de la République Emmanuel Macron s'était dit, pour la première fois, ouvert à des aménagements locaux sur la limitation à 80 km/h.

Discours perturbé par un protestataire

Au cours de son intervention lundi, le Premier ministre a dû s'interrompre en raison de l'intervention d'un protestataire, présent dans l'assistance. "Monsieur Macron doit être poursuivi pour haute trahison", a hurlé l'homme, avant d'être évacué de la salle par le service d'ordre.

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