76 soutiens d'Emmanuel Macron réclament un pôle de gauche dans la majorité autour de Jean-Yves Le Drian

76 soutiens d'Emmanuel Macron réclament un pôle de gauche dans la majorité autour de Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian, le 30 septembre 2019 à l'Élysée.

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 09h42

Élus, anciens élus issus du PS et sympathisants publient dans Le Journal du Dimanche un "manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité", afin de porter "une voix sociale et républicaine" attentive à "la réduction des inégalités et la laïcité".

L'ancien député Gilles Savary, le maire de Strasbourg Roland Ries ou encore la maire de Bourg-Péage Nathalie Nieson sont issus du PS, et pourtant en 2017, ils ont décidé de rallier Emmanuel Macron. Avec 73 autres signataires, ils ont pris la plume ce dimanche 20 octobre pour réclamer la création d'un pôle de gauche dans la majorité.

"Élus, anciens élus, militants ou sympathisants de gauche et écologistes, nous sommes pour la plupart issus du Parti socialiste.

Nous avons assisté de l'intérieur à son implosion lors du quinquennat précédent. Face à la vague populiste et démagogique en Europe et dans le monde, nous avons, comme beaucoup de progressistes, soutenu Emmanuel Macron", rappellent-ils dans leur "manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité" publié dans Le Journal du dimanche. Ils sont en effet "convaincus qu'il faut élargir la majorité présidentielle, la rendre plus pluraliste et y faire entendre fortement une voix sociale et républicaine".

"Un pacte républicain fragilisé"

Aujourd'hui, "le cap est le bon et la France est gouvernée", jugent-ils, "malgré de regrettables maladresses" et la nécessité, selon eux, de "régénérer notre démocratie par la mobilisation des territoires et la participation citoyenne." . Alors que "le pacte républicain est fragilisé" par de "profondes fractures sociales, territoriales et culturelles", ils soulignent que "la réduction des inégalités et la laïcité doivent rester au cœur de nos valeurs et de notre exigence républicaine".

"L'impératif écologique et la transition énergétique, sauf à se heurter à des résistances violentes, nécessitent l'accompagnement plutôt que l'ostracisation des professions et des populations les plus exposées aux changements de notre modèle de croissance", ajoutent-ils, un an après le déclenchement de la crise des "gilets jaunes". Ils précisent "adhér(er) à l'ambition d'égalité des chances et de mobilité sociale par une revalorisation du mérite et du travail".

Pour "réinvestir la République au cœur de nos territoires", contre le "darwinisme du marché foncier" et "les centralismes urbains", ils appellent à une "revue générale de la présence territoriale des services publics et à un Pacte national d'aménagement du territoire entre tous les acteurs territoriaux".

Et après la crise des "gilets jaunes" qui a transformé le rapport des Français à la politique et à la démocratie, ils affirment la nécessité d'être "sans complaisance avec les mensonges du populisme" notamment, avec "en contrepartie une éthique politique scrupuleuse et un usage reconsidéré de la force publique lorsqu'elle est nécessaire".

Le Drian à la manoeuvre

"Notre projet, c'est de créer un pôle de gauche indépendant de La République en marche au sein de la majorité présidentielle, autour de ministres tels que Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, et de régénérer notre démocratie par la mobilisation des territoires et la ­participation citoyenne", expliquent-ils. 




M. Le Drian est à la manoeuvre depuis plusieurs mois pour constituer une sensibilité de gauche, qui serait un pendant à "La République des maires" de l'édile d'Angers Christophe Béchu, orientée au centre-droit. "Il faut que l'aile gauche démocrate fasse plus entendre sa voix", estimait-il notamment en mai dernier au micro de France Inter. 
 

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