2022: Le Pen opposée à une primaire mais d'accord pour travailler avec Dupont-Aignan

2022: Le Pen opposée à une primaire mais d'accord pour travailler avec Dupont-Aignan
Marine Le Pen le 16 janvier 2020 lors de ses voeux à la presse, au siège du RN à Nanterre

, publié le mardi 21 janvier 2020 à 17h06

Marine Le Pen a opposé mardi une fin de non-recevoir à la proposition de Nicolas Dupont-Aignan d'organiser une primaire à la droite de la droite en vue de la présidentielle, tout en souhaitant "travailler ensemble" en vue de cette échéance.

Le président de Debout la France, qui avait rallié Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2017, "avait dit sur les primaires il y a deux ans ce que je pense moi-même en réalité: la primaire c'est le premier tour de l'élection présidentielle", a fait valoir sur Radio Classique la présidente du Rassemblement national, qui s'est dite "étonnée du revirement" de son ancien allié sur ce sujet. 

M. Dupont-Aignan "avait aussi dit que la primaire c'est un dîner de cons donc je suis un peu dubitative sur l'invitation", a ajouté en riant Mme Le Pen, qui doit déjeuner mardi midi avec M. Dupont-Aignan.

"Il faut être sérieux, on n'est pas dans un jeu de téléréalité. Nous sommes dans la préparation d'une élection qui est fondamentale (...). Commençons à travailler ensemble avec ceux qui ont envie de participer à cela", a poursuivi la finaliste de la présidentielle 2017. "Il faut qu'on commence à travailler le fond ensemble, commencer à rassembler aujourd'hui".

Pour Marine Le Pen, "la primaire a démontré qu'elle était une arme de destruction massive des forces politiques. Ceux qui ont organisé des primaires ont disparu de l'élection présidentielle" en 2017.

En outre, "la primaire ce n'est pas dans l'ADN de Nicolas Dupont-Aignan puisque ce n'est pas du tout la vision gaullienne des institutions", a-t-elle souligné. 

Nicolas Dupont-Aignan a appelé lundi à l'organisation en 2021 d'une "grande primaire" dans le camp de la droite conservatrice, souverainiste et de l'extrême droite, considérant que "personne ne pourra gagner seul" et qu'un nouveau duel entre Mme Le Pen et M. Macron "ne ferait que favoriser la réélection d'Emmanuel Macron".

Interrogé mardi après-midi dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le député de l'Essonne a souhaité "laisser le temps au temps".

"Plus la base des électeurs républicains et patriotes demanderont à avoir la parole et à voter, plus Marine Le Pen à terme comprendra l'intérêt même de cette primaire (...). Je me doutais bien qu'au départ cette idée d'un appel au peuple pour départager le meilleur candidat ne plairait pas, mais c'est un long chemin. Cette idée va faire son chemin", a-t-il estimé.

A propos de Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, qui vient de créer une association politique pour construire "une troisième voie entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen", Mme Le Pen a estimé que le fait que Mme Royal a "été au second tour de l'élection présidentielle (...) mérite de la regarder au moins avec sérieux" mais qu'elle doutait "qu'elle ait derrière elle un mouvement politique qui la porte dans ses espérances".

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