Retrait de Griveaux : retour sur les 48 heures qui ont agité la macronie

Retrait de Griveaux : retour sur les 48 heures qui ont agité la macronie
Benjamin Griveaux le 14 février 2020.

, publié le vendredi 14 février 2020 à 14h00

À la suite "d'attaques ignobles", le candidat macroniste à la mairie de Paris a finalement décidé de jeter l'éponge. De la publication de vidéos intimes qui lui sont attribuées à son renoncement, retour sur ces 48 heures qui ont agité la macronie.

Coup de tonnerre en macronie.

Dénonçant des "attaques ignobles", le candidat macroniste à la mairie de Paris Benjamin Griveaux a jeté l'éponge vendredi 14 février après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel.  Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires. C'est d'abord ma famille, vous l'aurez compris", a dit le candidat de La République en marche (LREM) dans une déclaration enregistrée en début de matinée au siège de l'AFP, en présence également de BFM Paris.

Un site a en effet diffusé dès mercredi 12 février une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu'ils émanaient de l'ancien porte-parole du gouvernement. La page, relayée peu à peu jeudi sur les réseaux sociaux, présente deux courtes séquences en plan serré montrant un homme non identifié en train de se masturber, ainsi que des captures d'écran de messages échangés sur le ton de la drague.

L'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski a revendiqué vendredi avoir mis en ligne cette vidéo. Ce dernier dit avoir voulu ainsi "dénoncer l'hypocrisie" de Benjamin Griveaux. "C'est quelqu'un qui s'appuie en permanence sur les valeurs familiales, qui dit qu'il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait tout le contraire", a affirmé Pavlenski à Libération.




Selon BFMTV, la publication de cette vidéo date en réalité du 1er février et a été envoyée par le Russe à plusieurs rédactions, sans succès. "Personne n'avait décidé d'en parler", a lâché vendredi matin Jean-Marc Morandini sur CNews, alors qu'il interviewait Joachim Son-Forget. Car c'est en effet un tweet de l'ancien député LREM relayant cette vidéo qui a peu à peu alerté le grand public. "Ce lien je ne l'ai pas eu par hasard. Ça tourne chez tous les cadres de la macronie depuis plusieurs jours", a-t-il justifié, assurant n'avoir eu aucune intention "de nuire" à l'ex-candidat de Paris. "C'est pour le prévenir, je lui ai même envoyé un message", a-t-il expliqué.

"Ce n'est plus tenable"

Mais selon l'AFP, Benjamin Griveaux était déjà au courant. Le jeudi matin, il avait présenté son programme devant une centaine de soutiens et ses têtes de listes dans les arrondissements et avait connaissance de la vidéo. Dans la salle, plusieurs responsables politiques brillaient par leur absence dont deux des porte-paroles, Sylvain Maillard et Marie-Laure Harel, et le patron de LREM, Stanislas Guerini, ami proche de Benjamin Griveaux, souligne l'agence de presse. 

Après les révélations sur Twitter, tout s'emballe. Les responsables LREM refusent de répondre aux journalistes et le directeur de campagne Paul Midy organise une réunion de crise pour le vendredi à 9h. Dans la foulée Benjamin Griveaux annule ses rendez-vous prévus avec les médias. Paul Midy "croit que la situation est rattrapable", rapporte BFMTV. "Nous nous alignerons sur le plan à mettre en place sur base d'une proposition", écrit-il aux poids lourds du parti présidentiel qui soutiennent Benjamin Griveaux. Certains comme la députée Laetitia Avia et la secrétaire d'État, et candidate dans le XIVe arrondissement, Marlène Schiappa sont d'accord. En revanche, les porte-parole Olivia Grégoire et Marie-Laure Harel s'y opposent. "Très calmement : je n'enfoncerai personne publiquement, c'est déjà assez violent pour nous tous... et d'ailleurs on ne méritait pas ça. Comme je l'ai indiqué à Paul, si le plan consiste à continuer avec le même candidat, pour ma part je démissionne du porte-parolat. Ce n'est plus tenable ce coup-ci", explique-t-elle, rapporte la chaîne d'info.

Peu à peu l'idée du retrait s'impose. En marge de sa déclaration vendredi matin, Benjamin Griveaux a indiqué à l'AFP s'être entretenu tard jeudi soir avec le président Emmanuel Macron, qui l'a selon lui assuré de son soutien "quelle que soit sa décision", en l'invitant à protéger les siens. "Il n'y avait pas vraiment d'autre solution. Benjamin n'aurait pas pu encaisser quatre semaines de campagne avec ça sur le dos. Vis-à-vis de sa famille, d'abord. Mais aussi des électeurs. Chaque jour, tout l'aurait ramené à cela", explique un proche de la campagne au quotidien du soir.

Se pose désormais la question de savoir qui va le remplacer. Une réunion est prévue vendredi en début d'après-midi "pour réfléchir collectivement, rapidement, à la meilleure proposition pour continuer à porter notre projet et à incarner le changement pour Paris", a précisé vendredi matin Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.

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