Municipales: une union à gauche à géométrie variable

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Le secrétaire général d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Julien Bayou, le 5 février 2020 à Paris
Le secrétaire général d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Julien Bayou, le 5 février 2020 à Paris
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© AFP, Thomas SAMSON
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, publié le mercredi 26 février 2020 à 09h06

Entre des Verts voulant confirmer leur percée, un PS en quête d'un "acte de renaissance de la gauche", un PCF défendant ses maigres acquis et des Insoumis peu impliqués, la gauche aborde les municipales avec des objectifs disparates et des "unions" à géométrie variable.

A un peu moins de trois semaines du premier tour, le 15 mars, les alliances ont été scellées et ne devraient plus bouger, offrant une mosaïque complexe à déchiffrer. 

Les partis de gauche, PS, PCF et autres formations plus récentes (Générations ou Place publique), font liste commune avec EELV dans de nombreuses villes (Bordeaux, Beauvais, Amiens, Besançon...). Mais ailleurs, les Verts préfèrent partir seuls (Strasbourg, Marseille, Lille, Rouen...).

"Notre proposition de rassemblements les plus larges possibles n'a pas été entendue", déplore Pierre Lacaze, chargé des élections au PCF. Le principal enjeu pour son parti est de conserver ses "651 mairies" et consolider son "maillage territorial, notamment rural".

La France insoumise, sous son nom propre, s'est mise quant à elle quasiment hors jeu pour mars. "Nous avons décidé que l'utilité de la France insoumise dans la période et pour ces municipales n'était pas d'aller ostensiblement planter le drapeau partout mais de se mettre presque de côté pour favoriser l'implication des gens", affirmait il y a quelques jours Adrien Quatennens, numéro 2 du parti.  

Toutefois, "nous soutenons des démarches, nous sommes présents dans à peu près 550 villes dans le pays", soit "90% des villes de plus de 50.000 habitants, 75% des villes de plus de 20.000 habitants, sous une forme qui est la fédération populaire". "Beaucoup d'élus se revendiqueront de la France insoumise après l'élection", ajoutait M. Quatennens, qui souhaite que Jean-Luc Mélenchon soit candidat en 2022, si tel est son "choix".  

-- "Elections de mi-terme" --


Chacun est dans sa logique et les logiques ne se recoupent pas toujours, même si, in fine, chacun espère se mettre en ordre de marche pour l'élection reine, celle de la présidentielle en 2022.

Après leurs bons résultats aux européennes, les Verts, têtes de liste dans 38 de la quarantaine de villes de plus de 100.000 habitants (contre 17 en 2014) veulent ainsi "transformer l'essai", affirme leur numéro un, Julien Bayou, et avancer vers 2022 "par étapes: percée aux européennes, ancrage aux municipales, démonstration de notre capacité à rassembler et à diriger une région, les régionales (2021) étant une sorte de +pré-match+ avant celui de 2022". 

En attendant, les alliances se font en fonction du contexte local. "A Bordeaux, par exemple, le PS a rejoint EELV, mais pas à Lyon". La stratégie est apparemment gagnante pour la tête de liste EELV dans la cité girondine: donné à moins de 20% dans les sondages il y a quelques mois, l'avocat Pierre Hurmic a bondi à 33% des intentions de vote à la mi-février, et devrait donner du fil à retordre au maire sortant Nicolas Florian, successeur d'Alain Juppé.

"Les Verts ont-ils la capacité de gagner sans nous? La réponse est non", assène Pierre Jouvet, porte-parole du PS. Selon lui, "la stratégie de dispersion (d'EELV) du premier tour risque de les empêcher de gagner des villes". Pour sa part, le PS, bien implanté localement avec 25.000 élus environ, peut "gagner Nancy, Limoges et Bourges. Mon plus gros espoir, c'est Marseille. L'union de la gauche quand elle est faite au premier tour fonctionne bien", assure le conseiller départemental de la Drôme, en feignant d'ignorer l'absence des Verts dans la coalition marseillaise.

Selon lui, "ces élections municipales doivent être l'acte de renaissance de la gauche française qu'on avait annoncé comme morte après 2017. Les élections municipales sont des élections avec une dimension de vote national, contrairement à ce que veut faire croire (Emmanuel) Macron. C'est une élection de mi-terme pour lui. Et c'est de cette élection que doivent se préparer les victoires à venir et surtout la possibilité pour la gauche d'être au second tour" en 2022.

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