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Municipales : Edouard Philippe donné gagnant au Havre

Municipales : Edouard Philippe donné gagnant au Havre
Edouard Philippe le 10 juin 2020.

, publié le jeudi 11 juin 2020 à 12h34

SONDAGE.  Avec 53% des intentions de vote pour le deuxième de tour, contre 47% au député communiste Jean-Paul Lecoq, le Premier ministre est placé en ballottage favorable, sans pour autant décrocher son adversaire.

En première ligne dans la crise liée au coronavirus, le Premier ministre Edouard Philippe a vu sa cote de popularité grimper ces dernières semaines au niveau national.

Et qu'en est-il au Havre ? Une enquête Ifop-Fiducial pour Paris Normandie et Sud Radio publiée jeudi 11 juin, mais dont les résultats circulaient déjà la veille, révèle que le maire sortant est favori avec 53% des intentions de vote pour le deuxième tour des municipales le 28 juin, contre 47% au député communiste Jean-Paul Lecoq. 




"Même si c'est relativement serré, cela permet à Edouard Philippe de voir venir. 53-47, c'est tout de même net", analyse auprès de l'AFP Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Arrivé en tête du premier tour avec 43,6% , le Premier ministre "capitalise sur sa dynamique alors que l'arithmétique ne lui est pas si favorable que cela", poursuit M. Dabi, en pointant notamment la faible réserve de voix théorique du sortant, qui avait déjà rassemblé sous sa bannière un arc allant de la droite au centre-gauche. Selon l'enquête, le Premier ministre récupère une frange de l'électorat du candidat écologiste Alexis Deck (8,28%) qui semble se partager équitablement entre un vote Philippe (46%) et Lecoq (54%).

Édouard Philippe avait indiqué qu'en cas de victoire au Havre il resterait à Matignon si le président de la République le lui demandait. Néanmoins une défaite l'obligerait à démissionner. Son entourage ne cache donc pas son soulagement au vu de ces six points d'écart, malgré les précautions imposées par un échantillon limité à 600 personnes. 

"Le second tour, on l'a toujours imaginé très serré et Le Havre a toujours été une ville difficile à gagner", rappelle un proche. Edouard Philippe, instruit par l'expérience d'une primaire perdue en 2016 aux côtés d'Alain Juppé, sait aussi qu'une embellie peut 'fondre comme neige au soleil", selon ce même ami. 

Quelle abstention ?

L'incertitude demeure notamment sur le niveau d'abstention, que cette enquête ne mesure pas, structurellement élevé au Havre (62% en 2014, 53% au premier tour 2020) et qui pourrait l'être même davantage en raison du contexte sanitaire.

Jean-Paul Lecoq, qui a réuni 35,88% des voix au 1er tour, au-delà de ses espérances, compte piocher dans le vivier des abstentionnistes au sein des quartiers populaires où il a réalisé des scores élevés en mars. "Nous avons la plus forte réserve de voix et Edouard Philippe le sait", relève-t-il auprès de l'AFP. "Le vote 'contre' Philippe peut encore s'amplifier et faire la différence à la fin", veut-il encore croire, "motivé" par "la dynamique" qu'il observe dans l'étude Ifop.

Une campagne marquée par l'épidémie

La glace est donc fine pour le Premier ministre qui devrait entamer sa campagne la semaine prochaine par une interview dans la presse locale, selon son entourage. "Il veut d'abord parler aux Havrais", explique-t-on de même source. Revenu plusieurs fois discrètement au Havre depuis le déconfinement le 11 mai, parfois au prix d'allers-retours dans la soirée, Edouard Philippe est cependant entravé par l'épidémie qui, même en décrue, l'empêche de mener une campagne toutes voiles dehors.

Il sait que le respect des règles dont il fait la promotion en tant que Premier ministre - distanciation physique, interdiction de rassemblement... - sera particulièrement scruté. "Dès qu'il met le pied à l'extérieur, cela devient compliqué d'échapper aux sollicitations", note une source de sa campagne en racontant que le week-end dernier il avait dû s'employer à refuser des selfies. Alors que chacun devra faire preuve d'inventivité, peut-être s'inspirera-t-il alors de Jean-Paul Lecoq qui prévoit de s'installer avec "camion et sono au pied des immeubles" pour rallier les suffrages.

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