Municipales au Havre : Jean-Luc Mélenchon déterminé à faire tomber Édouard Philippe

Municipales au Havre : Jean-Luc Mélenchon déterminé à faire tomber Édouard Philippe
Jean-Luc Mélenchon, le 19 juin au Havre.

, publié le vendredi 19 juin 2020 à 17h27

Au Havre pour soutenir le candidat communiste aux municipales, Jean-Luc Mélenchon s'est plié vendredi au jeu des dédicaces avec tout le monde... même avec les militants d'Édouard Philippe.

"Vous allez perdre", leur a-t-il glissé dans un sourire.



À 10 jours du second tour des élections municipales, le front anti-Édouard Philippe s'organise au Havre, où le Premier ministre affronte le député communiste Jean-Paul Lecoq. Mercredi, une demi-douzaine d'élus PCF, La France insoumise, PS et EELV s'étaient rendus dans la cité portuaire. Ce vendredi 19 juin, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'est rendu sur place pour chanter les louanges de M. Lecoq.  

une victoire de ce dernier face au Premier ministre serait "un immense coup de clairon, un élan formidable", s'est enthousiasmé le leader de La France insoumise face à la presse,. "Si Édouard Philippe est battu au Havre, on en parlerait jusqu'à Marseille", a assuré l'élu des Bouches-du-Rhône, encouragé par un sondage Ifop paru la semaine passée donnant M. Lecoq (47%) à une distance mesurée de M. Philippe (53%).

À la suite de Jean-Paul Lecoq, Jean-Luc Mélenchon lorgne avant tout la réserve de voix des abstentionnistes. Un vivier important au Havre : 62% en 2014 pour l'élection dès le 1er tour du chef du gouvernement, puis 53% le 15 mars dernier, lors d'un 1er tour qui a vu M. Philippe (43,6%) devancer de 8 points M. Lecoq (35,88%). "Il est clair que ce sont les milieux populaires qui ont la clé de l'élection municipale au Havre", a-t-il résumé. "S'ils viennent en masse aider Jean-Paul et son équipe, l'affaire est jouée. S'ils restent à distance, ils commettent une terrible erreur", a-t-il mis en garde.  

Et le chef de file des Insoumis de labourer les deux sillons principaux de l'argumentaire contre le Premier ministre : ce dernier aurait "faussé" l'élection en décidant de privilégier Matignon à son fauteuil de maire; et voter contre lui, c'est-à-dire pour M. Lecoq, permettrait d'exprimer le refus de la politique de l'exécutif. "Aidez-nous, dites-lui que vous n'acceptez pas sa réforme des retraites, que vous n'acceptez pas cette distribution obscène d'argent à laquelle ils sont en train de se livrer pour les grandes entreprises, sans aucune contrepartie pour les salariés", a plaidé M. Mélenchon. 

"La démocratie c'est de convaincre"

Parti ensuite déambuler entre les étals du marché de Bléville aux côtés de son "copain" communiste, Jean-Luc Mélenchon s'est plié au jeu des dédicaces avec tout le monde... même avec les militants d'Édouard Philippe. "Vous allez vous faire engueuler", a-t-il dit amusé alors qu'il signait des tracts de campagne du chef de gouvernement. "Ça sent bon pour nous ça", a-t-il continué sur le même ton. 

"Ça n'est pas un transfert", lui a alors rétorqué le militant de droite. "Moi ça ne me dérangerait pas. Vous savez, la démocratie c'est de convaincre", a répliqué le député de Marseille. "Notre rôle, c'est pas de séduire, c'est de convaincre. Des fois, ce n'est pas facile. C'est très dur pour vous, je le comprends", a-t-il poursuivi dans un sourire, avant de concéder : "C'est vrai que vous gagnez plus souvent que nous". 

Le leader Insoumis leur a ensuite expliqué, toujours sur le ton de la plaisanterie, qu'ils devaient s'attendre à devoir gérer la déception de la défaite. "Vous allez perdre. Vous allez gérer votre déception. Ce n'est pas fait, je suis d'accord, mais... Perdez avec le sourire", a-t-il insisté. 

Alors qu'un militant le remerciait du temps accordé à des soutiens du camp adverse, Jean-Luc Mélenchon a jugé que "c'était trop marrant". "Qui sait, peut-être que certains d'entre vous en rentrant chez eux vont se dire, 'finalement ce type ce n'est pas le diable, donc monsieur Lecoq doit être très bien aussi'", a-t-il conclu. 

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