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Municipales 2020 : le destin des communes sans candidat

Municipales 2020 : le destin des communes sans candidat
Une urne exposée dans une mairie.

, publié le jeudi 11 juin 2020 à 16h30

Les élus sortants évoquent une fonction "lourde", des responsabilités qui "font peur" pour expliquer le manque de vocations.  

Pour le 1er tour, des élections municipales, le 15 mars dernier, 102 communes de moins de 1.000 habitants et quatre communes française de plus de 1.000 habitants se sont retrouvées sans candidat. Pourquoi si peu de vocations ? Que deviennent ces communes sans candidat ?


Trois des quatre communes sans candidat de plus de 1.000 habitants se situent dans l'Ain (Buellas, Péron et Pont-d'Ain). La quatrième (Prunay-le-Gillon) est en Eure-et-Loir. Pourquoi donc l'Ain, où d'ailleurs plusieurs grosses communes n'ont suscité qu'une seule liste ? Le département, proche de Lyon et de Genève "connait le plein emploi.

Les habitants vivent très bien. Ils n'ont pas envie de sortir de leur zone de confort, de se bouger pour le bien commun", estime Michel Chanel, 67 ans et deux mandats de maire de Buellas (1.800 habitants). "C'est un fait de société. La génération des 40-60 ans râle, exige, critique tout. Mais refuse de s'engager", dit-il, sévère. Plusieurs conseillers sortants étaient prêts à se présenter de nouveau. Mais aucun ne souhaitait être tête de liste. "Personne ne veut porter le chapeau, recevoir les coups. Ils préfèrent rester à l'abri derrière le maire", poursuit-il.

Christian Armand, maire sortant de Péron, un bourg de 2.700 habitants dans le pays de Gex, s'avoue "désarçonné" par l'absence de candidat à sa succession. "Oui, la fonction est lourde et la judiciarisation de la société peut faire peur", relève l'élu de 64 ans qui achève son quatrième mandat et avait prévenu dès 2018 qu'il ne se représenterait pas. Dans les communes "comme la nôtre, il faut être à la fois chef d'orchestre et musicien", ajoute-t-il. "On n'a pas de services pléthoriques comme dans les villes plus importantes". A Pont-d'Ain, bourg de 3.000 âmes, pas d'élection non plus, faute de combattants. "Être maire, c'est un gros investissement et des journées interminables", soupire le maire sortant Gérard Guichard. "Il faudrait que le métier de maire soit reconnu et qu'on puisse en vivre", estime le septuagénaire.

Dans les communes de plus de 1.000 habitants,si aucune liste n'est enregistrée, l'élection ne peut avoir lieu, ni au premier, ni au second tour. En 2014, une seule ville était dans cette situation, Gironde-sur-Dropt (Gironde). Trois prétendants y sont en lice cette année.

Parmi les 102 communes de moins de 1.000 habitants qui se sont aussi retrouvées sans candidat, contre 61 il y a six ans, certains candidats ont émergé entre les deux tours, comme l'autorise le code électoral pour les petites communes. Un maire pourra donc être élu. C'est notamment le cas à Hautecourt-Romanèche dans l'Ain. Plus au Sud, en Corse, toutes les petites communes sans candidat le 15 mars ont réussi à susciter des vocations pour le second, y compris Crocicchia (70 habitants), où le sortant Pierre-Pascal Piacentini avouait : "Le maire doit tout faire ! C'est usant". 

Dans toutes les communes qui se retrouveront sans maire le 28 juin, c'est une "délégation spéciale", installée par le préfet, qui prendra le relais dans les huit jours pour gérer les affaires courantes et organiser un nouveau vote dans les trois mois. Si aucun candidat n'émerge pendant les trois mois de délégation ou au-delà de ce délai, le préfet peut alors proposer une fusion avec une commune voisine qui devra être votée par le conseil municipal de cette dernière. Le nombre de sièges au conseil municipal sera réparti entre les deux communes. 

Durant son mandat, les pouvoirs de la délégation spéciale sont limités aux actes de pure administration conservatoire et urgente. Pas moyen pour elle d'engager les finances municipales dans des investissements au-delà des ressources disponibles de l'exercice courant. Ni de préparer le budget communal, de recevoir les comptes du maire ou du receveur, de modifier le personnel ou le régime de l'enseignement public. Les membres de cette délégation sont choisis si possible parmi des fonctionnaires retraités, disposant d'une bonne connaissance du fonctionnement de l'administration locale ou d'anciens élus locaux volontaires. Leur nombre varie selon la taille de la commune: trois dans celles de 35.000 habitants et moins, et jusqu'à sept dans les communes de plus de 35.000 habitants. 

Cette menace de la disparition de la commune a fait naître des vocations tardives dans certaines communes de moins de 1.000 habitants. C'est le cas dans les Pyrénées-Atlantiques, où les six communes sans candidat au 1er tour en auront au second. Idem dans le Doubs (5 communes), dans le Bas-Rhin (2 communes) ou la Haute-Saône (6 communes sur 7). Dans les quatre départements lorrains, toutes les communes ont au moins un candidat pour le 28 juin mais certaines devront organiser des partielles pour compléter les conseils municipaux.

"Un mariage forcé, pour moi, c'est inconcevable. S'il le faut, je retournerai au charbon. Avec moi tête de liste, ce sera plus facile de trouver des colistiers", espère le maire sortant de Péron. A Pont-d'Ain, le maire sortant s'oppose également vivement à une telle mesure. Une fusion, "pas question !"  

 

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