Municipales 2020 : A Lyon, Gérard Collomb subit un revers

Municipales 2020 : A Lyon, Gérard Collomb subit un revers
"La division ne paie jamais", a reconnu Gérard Collomb dimanche 15 mars.

, publié le lundi 16 mars 2020 à 08h00

A l'issue du premier tour des municipales à Lyon dimanche 15 mars, Gérard Collomb est devancé par l'écologiste Grégory Doucet, qui a obtenu un score sans précédent dans cette ville avec 28,46% des voix. L'ancien ministre de l'Intérieur avait démissionné du gouvernement en 2018, annonçant à la presse qu'il préparait cette campagne.

Coup dur pour Gérard Collomb.

A Lyon, l'ancien ministre de l'Intérieur a subi un échec retentissant aux élections municipales, dont le premier tour s'est déroulé dimanche 15 mars en pleine crise sanitaire du coronavirus. Les Verts se sont en effet hissés aux portes du pouvoir en parvenant largement en tête, mettant en grande difficulté les troupes LREM de l'édile, minées par les divisions.


L'écologiste Grégory Doucet, encore inconnu il y a quelques semaines, a obtenu le score sans précédent dans cette ville de 28,46%, devançant Etienne Blanc (LR, 17,01%) et le poulain de Gérard Collomb, l'ancien gymnaste Yann Cucherat (LREM), qui n'a pu dépasser les 14,92%. L'actuel premier adjoint de Collomb en rupture avec lui, Georges Képénékian, arrive quatrième avec 11,98% des voix. Ce dernier s'était rallié avant le scrutin à David Kimelfeld, autre ancien proche de Collomb devenu son adversaire pour l'élection métropolitaine, dont le premier tour s'est tenu en même temps que les municipales.

Lors d'une brève déclaration devant les caméras dimanche soir, Gérard Collomb a fait le constat amer d'une défaite. "La division ne paie jamais. Quand on se divise, on en subit les conséquences et c'est ce qui se passe ce soir", a fait savoir celui qui a été président de la métropole de Lyon de 2015 à 2017. La déroute a été complète puisqu'il a même dû s'incliner face à la candidate EELV dans son fief du 9e arrondissement. Pire : ses listes n'arrivent en tête dans aucune des 14 circonscriptions aux élections pour la métropole, dont il briguait pourtant la présidence.

A noter que l'opposante historique de Collomb, Nathalie Perrin-Gilbert (soutenue par LFI), pourra aussi se mêler à la bataille du second tour après avoir glané 10,19% des suffrages lors de ce scrutin à très faible participation à Lyon (38,95%).

"L'époque Collomb est plutôt révolue"

Le succès est total côté Verts puisque leurs listes parviennent également en tête dans huit circonscriptions pour les métropolitaines, avec une moyenne de 22,55% des voix, devant les Républicains (en tête dans quatre). "Nous sommes aujourd'hui dans une situation favorable, avec des scores qu'on n'a jamais atteint dans nos territoires. L'époque Collomb est plutôt révolue si j'en crois les résultats dont je dispose", a déclaré en milieu de soirée le candidat EELV à la métropole Bruno Bernard.




Pour Romain Meltz, chercheur associé au laboratoire Triangle à l'ENS de Lyon, "la stratégie de Gérard Collomb de miser sur son nom pour porter une majorité avec de jeunes candidats n'a pas fonctionné. Pour les Verts, le pari risqué sur des candidats peu connus, effacés derrière le message écologique, a à l'inverse fonctionné alors que c'était risqué". "C'est fini pour Collomb, la seule chose qui peut se passer en sa faveur c'est l'interruption du scrutin. Mais, même là, on voit mal comment il pourra récupérer tous les électeurs perdus", a-t-il noté.

Pour rappel, Gérard Collomb a été ministre de l'Intérieur dès mai 2017. En octobre 2018, il avait alors démissionné, annonçant dans un entretien accordé à L'Express sa candidature à la mairie de Lyon.

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