Municipales : Lyon, Bordeaux, Besançon... Ces villes remportées par les écolos

Municipales : Lyon, Bordeaux, Besançon... Ces villes remportées par les écolos
De gauche à droite : Grégory Doucet, maire de Lyon, Anne Vignot, maire de Besançon, Pierre Hurmic, maire de Bordeaux (photomontage)

, publié le lundi 29 juin 2020 à 12h21

En raflant un nombre historique de grandes villes, les Verts sortent grands vainqueurs des municipales.

De Lyon à Strasbourg en passant par Bordeaux, les grandes villes se sont parées de vert dimanche 28 juin, à l'issue d'un second tour qui a confirmé, et même amplifié, les espoirs des écologistes nés lors du 1er tour le 15 mars.  




• Coup double à Lyon

Doublé historique à Lyon où deux inconnus du grand public, Grégory Doucet et Bruno Bernard, ont réussi à ravir haut la main la mairie et sa métropole.

Une prise sans précédent pour les Verts qui vont diriger la 2e agglomération de France.

"Lyon est au rendez-vous; nous sommes au rendez-vous. Lyon a choisi l'écologie", a solennellement commenté Grégory Doucet, ému pour son premier grand discours politique au soir de sa victoire face à la baronnie Collomb avec une coalition réunissant EELV et les partis de gauche.

Selon un calcul effectué à partir des résultats fournis par la préfecture du Rhône, les Verts devraient détenir plus de 50 sièges sur 73 à la mairie. Bruno Bernard affirme de son côté avoir consolidé 84 sièges sur 150 à la métropole qui réunit 59 communes.

Une large victoire toutefois ternie par une abstention massive estimée à 62% rien qu'à Lyon.

• À Bordeaux, les Verts mettent fin à 73 ans de règne de la droite

Bordeaux, bastion de la droite, a été enlevée dimanche par l'écologiste Pierre Hurmic qui rongeait son frein dans l'opposition municipale depuis 25 ans et prend le siège de Nicolas Florian (LR), héritier d'Alain Juppé.

La ville de près de 250.000 habitants, à la réputation bourgeoise, élisait ses maires de droite au premier tour depuis 73 ans, Jacques Chaban-Delmas puis Alain Juppé.

• Situation confuse à Marseille

Les listes du Printemps Marseillais, menées par Michèle Rubirola, médecin et élue locale EELV, quasi-novice en politique, dépassent largement sur la ville celles de la présidente Les Républicains de la métropole et du département Martine Vassal, 38% contre 30%.

Mais, comme à Paris et à Lyon, le scrutin dans la deuxième ville de France se joue par secteurs, et ce second tour débouche sur une majorité relative pour la gauche, lorsqu'il s'agira d'élire le successeur de Jean-Claude Gaudin, lors d'un "troisième tour" hautement incertain devant les 101 conseillers municipaux.

• Une spécialiste du droit de l'environnement à Strasbourg

Élue haut la main dimanche maire de Strasbourg, l'écologiste Jeanne Barseghian, 39 ans, est une spécialiste du droit de l'environnement qui veut verdir davantage encore Strasbourg et faire de la métropole alsacienne la "capitale européenne de la transition écologique, sociale et démocratique".

Affaiblie pendant de longues semaines par un Covid persistant contracté lors du premier tour, cette conseillère municipale Europe Ecologie-Les Verts (EELV), jusqu'alors peu connue du grand public, a totalisé 41,71% des voix, devançant le candidat LREM Alain Fontanel (34,96%), qui avait fait alliance avec LR et a fait longtemps figure de favori.

Mme Barseghian va ainsi devenir la première écologiste à diriger la capitale alsacienne.

• Une "première maire femme et écolo" à Besançon 

L'écologiste Anne Vignot a remporté d'une courte tête la mairie de Besançon avec 43,83% des suffrages, dimanche, devant le candidat LR Ludovic Fagaut (41,61%) et le marcheur Eric Alauzet (14,55%).

"Je suis la première maire femme, écologiste, de Besançon et j'en suis extrêmement fière", a déclaré Anne Vignot sur France 3 Franche-Comté en apprenant sa victoire.

"C'est le signal d'une politique qui se fera autrement à Besançon", a-t-elle ajouté sur France 2.

• "Une non-professionnelle de la politique" à Poitiers

Léonore Moncond'huy (EELV), nouvelle maire de Poitiers tout juste âgée de 30 ans, déjà conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, se revendique néanmoins comme une "non-professionnelle de la politique".

La victoire de la jeune femme empêche le socialiste Alain Claeys de réaliser un troisième mandat et met un terme à 43 ans de gestion des socialistes, associés aux communistes, sur la capitale poitevine. "Je suis particulièrement fière que Poitiers ait fait le choix de l'écologie et de la justice sociale", a affirmé la jeune femme en revendiquant sa victoire.

• Annecy à 27 voix près

Annecy, ancrée de longue date au centre-droit, a basculé dimanche vers la gauche et les écologistes avec l'élection de François Astorg (EELV) au terme d'un scrutin très serré avec un écart de seulement 27 voix au détriment du maire sortant Jean-Luc Rigaut (UDI), soutenu par LREM.

M. Astorg, allié pour ce second tour avec la députée (ex-LREM) Frédérique Lardet qui espère être élue à la tête de la communauté d'agglomération du Grand Annecy le 15 juillet, a recueilli 44,74% des voix dans un scrutin marqué par 64,35% d'abstention.

• Tours ou la promesse d'une ville "zéro carbone"

L'écologiste Emmanuel Denis est élu avec 53% des suffrages, devançant ainsi le maire sortant de droite, Christophe Bouchet. L'ancien conseiller municipal d'opposition, aux méthodes parfois originales (il s'était notamment déguisé en Trump en 2017 pour promouvoir l'écologie sur la plus grande place de Tours), s'est engagé à faire de Tours une ville "zéro carbone" avec la promesse de planter 30.000 arbres, de créer des forêts urbaines et de faire la part belle au vélo.

• Lille a failli virer Vert

Une victoire à 227 voix ! La maire PS de Lille Martine Aubry a fait figure de rescapée dimanche soir face à la vague verte nationale, après l'avoir emporté sur le fil, au terme d'un long suspense, devant son ex-allié écologiste Stéphane Baly.

Elle gagne avec 40% des voix contre 39,4% à Stéphane Baly et 20,6% à l'autre candidate de cette triangulaire, la macroniste Violette Spillebout, sur fond d'abstention record (plus de 68%).

• Grenoble toujours verte

Ville vitrine des écologistes, Grenoble et ses 158.000 habitants ont largement réélu dimanche à l'issue du second tour des municipales le maire sortant Eric Piolle (EELV) et ses nombreux alliés de gauche.
 

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