Zuzana Caputova est devenue la première présidente slovaque

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La nouvelle présidente slovaque Caputova prononce son discours d'investiture à Bratislava le 15 juin 2019
La nouvelle présidente slovaque Caputova prononce son discours d'investiture à Bratislava le 15 juin 2019
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© AFP, VLADIMIR SIMICEK

AFP, publié le samedi 15 juin 2019 à 16h47

Zuzana Caputova, une avocate libérale de 45 ans, est devenue samedi la première femme élue à la présidence de la Slovaquie, pays de 5,4 millions d'habitants membre de l'Union européenne et de la zone euro.

Cette militante anti-corruption était peu connue avant de remporter largement l'élection présidentielle le 31 mars avec 58,40 % des voix face à Maros Sefcovic, un commissaire européen soutenu par le parti au pouvoir, Smer-SD.

Elle incarne pour beaucoup un contrepoids face aux populistes au pouvoir et a profité d'une réaction de défiance dans l'électorat envers la coalition gouvernementale, un an après la crise provoquée par le meurtre d'un journaliste d'investigation.

"Je ne suis pas là pour diriger mais pour servir les citoyens et les habitants de la Slovaquie", a déclaré la nouvelle présidente dans un discours d'investiture jugé étrangement modéré par certains analystes, alors qu'elle n'avait pas été avare de critiques envers le gouvernement pendant la campagne présidentielle.

"J'offre mes compétences, de l'émotion et une approche saine de militante", a-t-elle expliqué. Après la cérémonie d'investiture, elle s'est rendue à pied dans une cathédrale proche pour assister à une messe oecuménique, serrant des mains sur le chemin, et a présidé un déjeuner avec des personnes âgées venues de tout le pays.

Ce discours inaugural "a été consensuel et positif", a estimé l'analyste politique Juraj Marusiak. "Elle ne veut pas diviser mais unir", a-t-il expliqué à l'AFP.

Dans son discours, Mme Caputova a réitéré un soutien sans équivoque à l'appartenance de la Slovaquie à l'UE et à l'Otan et a souligné l'urgence de protéger l'environnement.

La large victoire de Mme Caputova à la présidentielle peut s'expliquer, selon les experts, par une vague de mécontentement populaire face au pouvoir en place après l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée l'an dernier.

Le journaliste s'apprêtait à publier un article sur les liens présumés entre des hommes politiques slovaques et la mafia italienne.

Mme Caputova avait participé à l'époque, avec des milliers des Slovaques, à des manifestations d'une ampleur inédite qui ont entraîné la démission du Premier ministre Robert Fico

En Slovaquie, le président ou la présidente ne gouverne pas, mais ratifie les traités internationaux et nomme les plus hauts magistrats. Il ou elle est aussi le commandant en chef des forces armées et dispose du droit de veto.

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