Yémen: mobilisation rebelle pour défendre le port clé de Hodeida

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Des hommes armés yéménites inspectent un véhicule détruit après des affrontements entre forces loyalistes et rebelles près de la ville côtière de Hodeida (ouest), cible d'une offensive du pouvoir aidé par l'Arabie saoudite, le 29 mai 2018
Des hommes armés yéménites inspectent un véhicule détruit après des affrontements entre forces loyalistes et rebelles près de la ville côtière de Hodeida (ouest), cible d'une offensive du pouvoir aidé par l'Arabie saoudite, le ...
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© AFP, ABDO HYDER
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AFP, publié le mardi 29 mai 2018 à 21h48

Les forces progouvernementales au Yémen, appuyées par la coalition sous commandement saoudien, se sont rapprochées du port clé de Hodeida, tenu par les rebelles qui ont appelé à la "mobilisation générale" pour stopper cette offensive. 

La ville de Hodeida (ouest), sur la mer Rouge, est le principal point d'entrée des importations et de l'aide humanitaire dans ce pays pauvre, en guerre depuis plus de trois ans.

Dans ce conflit qui a fait près de 10.000 morts et provoqué selon l'ONU la "pire crise humanitaire au monde", l'Arabie saoudite a pris en mars 2015 la tête d'une coalition militaire de pays musulmans pour aider le président Abd Rabbo Mansour Hadi face aux rebelles Houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa (nord).

"Il ne reste plus que 20 kilomètres environ jusqu'à Hodeida et les opérations continuent", a indiqué lundi soir à Ryad le colonel saoudien Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Il a fait état d'un "effondrement" chez les Houthis, soutenus par l'Iran chiite, principal rival de l'Arabie saoudite sunnite dans la région. 

L'ONU a dit craindre que cette opération militaire n'affecte l'acheminement de l'aide humanitaire, dont 70% arrive au Yémen par ce port, alors même que certaines régions du pays sont au bord de la famine.

"Nous sommes extrêmement inquiets face à la situation autour de Hodeida", a déclaré à New York le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. "Des combats accrus vont entraîner un plus grand nombre de déplacés".

La coalition affirme, elle, que ce port est à la fois un point de départ pour des attaques rebelles contre des navires en mer Rouge et le lieu par lequel l'Iran livrerait des armes, notamment des missiles, aux Houthis. Ce que Téhéran dément.

En prenant ce port, elle explique vouloir couper la principale voie d'approvisionnement des rebelles. 

- "Responsabilité patriotique" -

Face à cette offensive, le "gouverneur" de Sanaa, Hamoud Obad, a appelé lundi soir à la "mobilisation générale" des Houthis, avec des hommes et des équipements, pour "défendre tous les fronts, en particulier celui de l'ouest", évoquant "une responsabilité religieuse et patriotique".

Le port de Hodeida est situé à moins de 230 km de Sanaa. Le front du sud-ouest est actuellement le plus actif du Yémen.

En novembre 2017, après le tir d'un missile balistique rebelle vers la capitale saoudienne Ryad, la coalition avait instauré un blocus total de Hodeida. Depuis, celui-ci a été assoupli sous la pression internationale, mais la coalition s'est fixée comme objectif de conquérir la ville portuaire.

La coalition affirme que ses forces avancent en direction de Hodeida mais qu'elles sont retardées par d'innombrables mines posées par les rebelles.

Pour Gerald Feierstein, ancien ambassadeur américain au Yémen et directeur au Middle East Institute, "la vraie question n'est pas de savoir si les membres de la coalition peuvent prendre Hodeida, c'est ce qu'ils veulent faire après".

"Est-ce qu'ils vont (...) permettre à l'aide humanitaire d'entrer sans entrave? Est-ce qu'ils vont s'appuyer sur leur victoire militaire pour obtenir des pourparlers politiques? Si ce n'est pas le cas, ce ne sera pas positif", a tweeté M. Feierstein.

- Forces hétéroclites -

L'offensive sur Hodeida, pilotée également par les Emirats arabes unis, membres de la coalition, réunit des forces hétéroclites.

Les "Brigades des Géants" sont une ancienne unité d'élite de l'armée yéménite remise sur pied par les Emirats et renforcée par des milliers de combattants du sud du Yémen.

La "Résistance nationale" réunit des partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh -tué en décembre par ses ex-alliés Houthis-, sous le commandement de Tarek Saleh, neveu du chef de l'Etat assassiné.

La troisième force, appelée la "Résistance de Tihama", est formée de militaires restés fidèles à M. Hadi.

Avec la bataille de Hodeida, "le conflit entre dans une nouvelle phase, mais probablement pas la dernière", analyse Peter Salisbury du centre de réflexion britannique Chatham House.

"Pour moi, la question est de savoir combien de temps la bataille pour Hodeida va durer et quels seront les dégâts pour le principal port du pays", a-t-il expliqué sur Twitter.

"Si, a-t-il ajouté, les combats se prolongent pendant des semaines ou des mois et sont très destructeurs (...), ce sera très mauvais pour la population yéménite".

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