Yémen: les rebelles Houthis libèrent 290 prisonniers

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Des prisonniers yéménites présentés par les rebelles Houthis comme appartenant aux forces loyalistes avant leur libération, à Sanaa, le 30 septembre 2019
Des prisonniers yéménites présentés par les rebelles Houthis comme appartenant aux forces loyalistes avant leur libération, à Sanaa, le 30 septembre 2019
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© AFP, MOHAMMED HUWAIS

, publié le lundi 30 septembre 2019 à 17h19

Les rebelles Houthis ont libéré lundi 290 prisonniers, selon le Comité international de la Croix-Rouge(CICR), en vertu d'un accord négocié sous l'égide de l'ONU en décembre 2018 pour une désescalade au Yémen, ravagé par la guerre depuis des années.

Selon le CICR, qui a salué dans un communiqué une "étape positive", 42 des prisonniers libérés sont des rescapés d'une attaque aérienne contre un centre de détention menée début septembre par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui intervient au Yémen depuis mars 2015 en soutien aux forces loyalistes contre les rebelles, soutenus par l'Iran. 

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a salué cette initiative des rebelles, qui entre dans le cadre d'un accord conclu en Suède fin 2018, et a appelé "toutes les parties à assurer le retour en toute sécurité des détenus libérés dans leur foyer".

L'accord de Suède porte sur une trêve à Hodeida, ville portuaire stratégique de l'ouest du Yémen, un échange des prisonniers et des mesures de désescalade autour de la ville de Taëz (sud-ouest). 

Le volet concernant l'échange de prisonniers n'a jusqu'ici pas été appliqué, en dépit de réunions entre gouvernement et rebelles et l'élaboration d'une liste de milliers de personnes détenues.

"J'espère que cette étape mènera à davantage d'initiatives qui faciliteront l'échange de tous les prisonniers (...) conformément à l'accord", a ajouté M. Griffiths.

Alignés et chargés de gros sacs, des hommes, pour la plupart vêtus de blanc, sont sortis d'une prison du centre de la capitale Sanaa, aux mains des Houthis. Certains souriaient ou s'étreignaient tandis que d'autres embrassaient le sol, selon un correspondant de l'AFP sur place. 

Les insurgés ont indiqué dimanche avoir capturé plus de 1.000 combattants des forces pro-gouvernementales lors d'une offensive d'envergure en août dans leur bastion de Saada (nord), mais ceux-ci ne font pas partie des prisonniers libérés lundi. 

- "Sortir de l'impasse" -

Peu avant l'annonce du CICR, Abdel Kader Mortaza, un responsable des Houthis, a annoncé lors d'une conférence de presse à Sanaa avoir présenté aux Nations unies "une initiative unilatérale consistant à libérer 350 prisonniers, dont 3 Saoudiens".

M. Mortaza a par ailleurs réitéré les affirmations de Houthis sur une offensive d'envergure en août contre les forces loyalistes et saoudiennes et la capture de 2.000 prisonniers.

Le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Maliki, a déclaré à des journalistes à Ryad que les informations des Houthis à ce sujet étaient "une campagne de presse trompeuse". "Ca ne vaut même pas une réaction", a-t-il ajouté.

Mais un responsable militaire yéménite a confirmé dimanche sous couvert d'anonymat qu'environ 200 combattants des forces progouvernementales avaient été tués et plus de 1.000 capturés dans une offensive d'envergure des rebelles en août près de la frontière saoudienne.

Le nombre de prisonniers est toutefois "inférieur" à celui avancé par les Houthis, a-t-il ajouté, indiquant que le chiffre était "proche de 1.300 soldats", dont 280 blessés.

Dans une déclaration à l'AFP en marge de sa conférence de presse à Sanaa lundi, M. Mortaza a indiqué que la libération des prisonniers était destinée à "sortir de l'impasse qui prévaut depuis plusieurs mois".

"Cette initiative réaffirme notre sérieux et notre crédibilité quant à la mise en oeuvre de l'accord" de Suède, a-t-il affirmé.

"Nous exhortons les Nations unies et le CICR à faire pression sur l'autre partie pour qu'elle prenne une mesure similaire ou qu'elle libère le même nombre de prisonniers.

Le CICR a rappelé avoir facilité entre avril et août le transfert de 31 mineurs précédemment détenus en Arabie saoudite vers leur famille à Sanaa.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, et entraîné le déplacement de millions d'autres selon diverses organisations humanitaires. L'ONU évoque régulièrement la pire crise humanitaire en cours dans le monde.

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