Yémen: des habitants fuient les combats dans la région de Hodeida

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Des Yéménites déchargent des sacs d'aide alimentaire à destination des déplacés de la province de Hodeida, dans la province de Hajja, contrôlée par les Houthis, le 22 juin 2018
Des Yéménites déchargent des sacs d'aide alimentaire à destination des déplacés de la province de Hodeida, dans la province de Hajja, contrôlée par les Houthis, le 22 juin 2018
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© AFP, ESSA AHMED

AFP, publié le vendredi 22 juin 2018 à 20h54

Les combats et les raids aériens se poursuivent autour de la ville yéménite de Hodeida et dans la partie sud de la province éponyme, poussant toujours plus de civils à fuir, a indiqué l'ONU vendredi.

Des forces progouvernementales, soutenues par une coalition sous commandement saoudien et par les Emirats arabes unis, sont engagées depuis le 13 mai dans une offensive contre les rebelles Houthis dans l'ouest du Yémen.

Leur objectif est de prendre la ville portuaire de Hodeida, dont le port est le principal point d'entrée des importations du Yémen et de l'aide humanitaire.

"Toujours plus de gens fuient les zones de combat à la recherche d'un refuge dans des zones plus sûres, y compris la capitale Sanaa" contrôlée par les insurgés, a indiqué le bureau de coordination de l'ONU pour les affaires humanitaires (OCHA) dans un communiqué.

"Des déplacés de la ville de Hodeida sont arrivés à Sanaa", à 150 km au nord-est, a ajouté l'agence onusienne, soulignant que le nombre total de ces civils n'était pas encore connu.

Depuis le 1er juin, plus de 30.000 personnes ont été déplacées par les combats dans la province de Hodeida, dont 3.000 de la ville éponyme, avait indiqué jeudi l'OCHA. 

Les forces gouvernementales ont pris le contrôle de l'aéroport situé au sud de Hodeida, à 8 km du port de la ville de 600.000 habitants.

L'ONU et des ONG craignent que ces opérations militaires n'interrompent l'arrivée de l'aide au Yémen qui dépend des importations pour 90% de sa nourriture, et 70% de celles-ci passent par Hodeida, sur les rives de la mer Rouge.

L'OCHA a indiqué vendredi que l'aide continuait à être distribuée à Hodeida en notant toutefois que "l'accès aux bénéficiaires devient plus difficile en raison de la fermeture de certaines routes".

- "Eviter une confrontation" -

Un vidéaste de l'AFP a vu une colonne de dizaines de camions chargés d'aides du Croissant-Rouge des Emirats attendre à Mokha (150 km au sud de Hodeida) le feu vert pour faire route vers le nord en passant par des zones rebelles.

On ignore si les rebelles Houthis vont autoriser ou non l'entrée de cette aide dans la ville.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a indiqué qu'il poursuivait "des consultations avec toutes les parties (...) pour éviter une confrontation militaire à Hodeida et revenir rapidement à des négociations politiques". Il est "confiant qu'un accord sera trouvé pour éviter toute escalade de la violence", a fait savoir son bureau dans un communiqué.

De son côté, la coordinatrice humanitaire de l'ONU au Yémen, Lise Grande, a mis en garde contre le choléra, "actuellement en tête des préoccupations" alors que Hodeida a été l'épicentre d'une épidémie l'année dernière.

Par ailleurs, dans la province de Hijja située au nord de Hodeida et contrôlée par les rebelles, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué une aide à des déplacés ayant fui les zones de combats, a constaté un photographe collaborant avec l'AFP.

Depuis que la coalition militaire emmenée par Ryad est intervenue au Yémen en 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles Houthis, le conflit a fait près de 10.000 morts. Le pays connaît "la pire crise humanitaire du monde", avec des millions de personnes au bord de la famine, selon l'ONU.

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