Washington accuse Pékin de commettre un "génocide" contre les musulmans ouïghours

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Le secrétaire d'Etat américain sortant Mike Pompeo en mars 2020
Le secrétaire d'Etat américain sortant Mike Pompeo en mars 2020
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© AFP, ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

, publié le mardi 19 janvier 2021 à 23h45

Les Etats-Unis considèrent désormais que la Chine "commet un génocide" contre les musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang, a déclaré mardi le secrétaire d'Etat américain sortant Mike Pompeo à la veille de l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

"Je pense que ce génocide est encore en cours et que nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïghours de la part du parti-Etat chinois", a-t-il ajouté, dans un communiqué. Il a aussi évoqué des "crimes contre l'humanité" menés "depuis au moins mars 2017" par les autorités chinoises contre les Ouïghours et "d'autres membres de minorités ethniques et religieuses au Xinjiang".

Cette décision, à l'issue d'un processus juridique interne au département d'Etat, ouvre la voie à de nouvelles sanctions.

Le président élu Biden avait lui estimé avant son élection, selon un communiqué de son équipe de campagne publié en août, que la répression contre cette minorité musulmane constituait un "génocide perpétré par le gouvernement autoritaire de la Chine". Son futur secrétaire d'Etat Antony Blinken a confirmé mardi partager l'accusation de "génocide".

"Les Etats-Unis appellent la République populaire de Chine à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement et à mettre fin à son système de camps d'internement et de détention, de résidences surveillées et de travail forcé", a martelé Mike Pompeo.

Selon des experts étrangers, plus d'un million d'Ouïghours sont en détention dans des camps de rééducation politique. Pékin dément et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme après des attentats attribués à des Ouïghours.

- "Pire tache du siècle" -

Depuis deux ans, l'administration de Donald Trump accusait la Chine de mener une campagne de répression brutale dans cette région du nord-ouest du pays. Mike Pompeo avait estimé en mars 2020 qu'il s'agissait de "la pire tache de ce siècle" et avait déjà annoncé plusieurs salves de sanctions contre des responsables chinois.

Les accusations concernant le Xinjiang ont d'ailleurs alimenté la confrontation de plus en plus dure aux allures de nouvelle guerre froide entre les deux premières puissances de la planète, menée côté américain par le faucon Pompeo.

Washington a aussi exhorté mardi la communauté internationale "à se joindre aux Etats-Unis" dans leur effort "pour que les responsables de ces atrocités rendent des comptes".

"Si le Parti communiste chinois est autorisé à commettre un génocide et des crimes contre l'humanité contre son propre peuple, on ne peut qu'imaginer ce qu'il aura le courage de faire au monde libre dans un avenir pas si lointain", a mis en garde celui qui vit ses dernières 24 heures en tant que chef de la diplomatie américaine, et qui a déjà plusieurs fois résumé le bras de fer avec la Chine comme un combat des démocraties contre la "tyrannie".

L'annonce de mardi constitue donc un dernier affichage, in extremis, de sa fermeté à l'égard de Pékin, au moment où les membres du futur gouvernement de Joe Biden, parfois soupçonné par les républicains d'être trop "faible", rivalisent aussi de déclarations pour prouver qu'ils tiendront tête au géant asiatique.

"Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine", a ainsi assuré mardi le prochain secrétaire d'Etat Antony Blinken, au Sénat. "Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine" en matière commerciale, a renchéri la future secrétaire au Trésor Janet Yellen, reprenant des accusations portées par l'administration Trump.

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