Wake, un avant-poste militaire crucial isolé dans le Pacifique

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 Des pilotes vont accueillir l'avion de Joseph Dunford, chef d'état major des armées, sur l'île de Wake (États-Unis) dans le Pacifique, le 2 février 2018

Des pilotes vont accueillir l'avion de Joseph Dunford, chef d'état major des armées, sur l'île de Wake (États-Unis) dans le Pacifique, le 2 février 2018

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© AFP, Thomas WATKINS

AFP, publié le lundi 26 mars 2018 à 10h31

La vie sur la minuscule base militaire américaine de Wake, au beau milieu de l'océan Pacifique, est en général très tranquille. Mais de temps en temps, un essai de missile anti-missile y rappelle la menace nord-coréenne.

Le petit atoll corallien, qui apparaît tout d'un coup au milieu de l'étendue grise de l'océan, semble un choix improbable pour une base militaire. Il est situé à plus de 3.000 kilomètres à l'ouest de Hawaï et seuls quatre soldats y sont déployés toute l'année.

Mais depuis un siècle, ce récif rocailleux joue un rôle stratégique disproportionné. Quasiment chaque jour, un avion militaire y atterrit pour livrer du matériel ou des vivres, ou pour s'y ravitailler en carburant, provoquant tout d'un coup une activité intense.

"C'est un honneur de servir à Wake", déclare le capitaine Marc Bleha, rappelant que l'île a été le théâtre d'une des premières batailles des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'une unité de Marines y a repoussé une attaque des Japonais juste après le bombardement de Pearl Harbor.

"C'est une leçon d'humilité de penser à (...) ces Marines qui ont défendu l'île. Ils couraient de bunker en bunker", ajoute-t-il.

Les Japonais sont revenus quelques jours plus tard, avec des renforts, et ont pris l'île. Plusieurs bunkers sont encore visibles sur l'atoll.

Les plages ne sont plus rougies par le sang des combattants. Elles sont désormais jonchées de débris en plastique, témoin de la pollution des eaux du Pacifique.

Le capitaine Bleha a été déployé pour un an sur Wake où il commande les trois autres soldats. 

Avec les sous-traitants chargés des opérations au jour le jour, 85 personnes y vivent sur une base semi-permanente.

- Pas d'isolationnisme américain -

Après plusieurs décennies de calme relatif dans le Pacifique, l'île de Wake reprend de l'importance au moment où l'équilibre des pouvoirs dans la région est en train de changer avec la montée en puissance de la Chine.

Pékin construit des îles artificielles capables d'accueillir des installations militaires en mer de Chine et cherche à étendre son implantation dans le Pacifique, en poussant les pays de la région à se détourner des États-Unis.

Lorsqu'ils parlent de la présence américaine dans le Pacifique, les responsables militaires américains aiment à dire qu'elle est vitale pour "projeter la puissance" de leur pays dans une région où "l'Amérique d'abord" du président Donald Trump et ses sanctions commerciales peuvent être considérés comme la preuve que les États-Unis se désintéressent de leurs alliés régionaux.

"Je rejette évidemment tout cela", a affirmé le chef d'état-major américain, le général Joe Dunford, lors d'une récente visite à Wake.

"Il n'y a qu'à voir la vitalité de nos alliances dans la région", a-t-il précisé aux quelques journalistes qui l'accompagnaient. "Tout prouve qu'on est bien loin d'un déclin dans le Pacifique. Nous y avons des intérêts durables, des engagements durables et une présence durable".

Cette présence est perceptible à Wake comme à Guam, un autre atoll 2.500 km plus à l'ouest, et sur une série de bases au Japon et en Corée du Sud.

Wake joue aussi un rôle clé dans les efforts des États-unis pour intercepter des attaques de régimes comme la Corée du Nord. 

Le Pentagone utilise cet atoll situé loin de tout pour tester ses intercepteurs destinés à percuter en plein vol un missile balistique ennemi avant son arrivée sur le sol américain.

Le général Dunford n'était pas le premier haut responsable à se rendre ces derniers mois sur Wake: il a été précédé par le ministre de la Défense Jim Mattis, par l'ex-chef de la diplomatie Rex Tillerson et par le président Trump lui-même.

Tous voulaient montrer que les États-Unis ne veulent pas perdre leur influence dans le Pacifique, dont ils assurent globalement la sécurité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pendant sa courte visite, le général Dunford, issu du corps des Marines, s'est incliné devant le petit monument de béton érigé à la mémoire des combattants américains tués pendant l'invasion japonaise. "Ennemi sur l'île. Situation incertaine", peut-on y lire. C'est le texte du message radio envoyé par le commandant de l'unité des Marines à ses supérieurs à Hawaï avant l'invasion des Japonais.

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2 commentaires - Wake, un avant-poste militaire crucial isolé dans le Pacifique
  • Cela me fait penser aux îles "françaises" dans le canal du Mozambique: Juan de Nova, les Glorieuses, Europa ou encore Tromelin, sont des îles ou stationnent des unités françaises... Pour exemple Juan de Nova fait 7 kms de long sur 1km au plus large, une beauté dans l'océan indien, sur laquelle stationnent un certain nombre de militaires français, avec aussi une piste d'atterrissage.
    Pour y avoir séjourné, je peux témoigner que c'ets une perle dans l'océan indien.

  • Surtout dans la mémoire historique , un fait glorieux en 1941 tout de suite après Pearl Harbour de l' US MARINES CORPS , dont l'armée des USA peut être fière !

    Tout à fait.