Voter avec ses pieds: les caucus de l'Iowa, curieux mais cruciaux

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Alan Nelson, responsable dans un "caucus", ces assemblées d'électeurs de l'Iowa qui votent pour leur candidat à la primaire démocrate en se déplaçant d'un côté ou de l'autre de la salle, le 1er février 2016 à Keokuk
Alan Nelson, responsable dans un "caucus", ces assemblées d'électeurs de l'Iowa qui votent pour leur candidat à la primaire démocrate en se déplaçant d'un côté ou de l'autre de la salle, le 1er février 2016 à Keokuk
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© AFP, Michael B. Thomas

, publié le mercredi 29 janvier 2020 à 08h39

Moins d'1% des Américains vivent dans l'Iowa, Etat rural au système complexe de scrutin, les "caucus". Il joue pourtant un rôle majeur dans la présidentielle américaine, étant le premier Etat à voter lors des primaires démocrates.

Certains dénoncent le poids électoral sudimensionné de cet Etat qui ne reflète pas la diversité nationale.

Voici un tour d'horizon des "caucus", assemblées d'électeurs affiliés à un parti qui se retrouvent pour débattre puis désigner leur candidat.

- Etrange ballet d'électeurs -

Loin de la confidentialité de l'isoloir, les électeurs démocrates de l'Iowa marquent, physiquement, leur préférence en se déplaçant d'un côté à l'autre d'une pièce pour former un groupe de supporteurs d'un prétendant à la Maison Blanche. 

Souvent dans un joyeux chaos, ils votent donc, littéralement, "avec leurs pieds".

Deux tours sont généralement organisés. 

A l'issue du premier round, seuls les candidats ayant rassemblé assez de supporteurs (généralement 15% de l'assemblée) restent en lice.

Les supporteurs des autres candidats ont le choix au deuxième round de:

- s'unir au groupe d'un candidat encore dans la course

- tenter de convaincre assez de supporteurs d'autres candidats éliminés de les rejoindre pour qu'ils puissent faire passer leur candidat au-dessus du seuil éliminatoire

- s'abstenir

Les quelque 1.700 "caucus" se tiennent dans des écoles, églises, théâtres, chez des habitants voire, comme pour les républicains en 2016, dans une armurerie. 

Dans cet Etat réputé pour la courtoisie de ses habitants, le duel serré entre Hillary Clinton et Bernie Sanders en 2016 avait toutefois provoqué de vifs échanges.

- Règles et nouveautés -

En réaction à ces tensions, le parti démocrate de l'Iowa a introduit de nouvelles règles censées apporter plus de transparence. 

Dans la nuit, le parti publiera deux nouvelles données: le nombre de supporteurs de chaque candidat au premier tour et celui des finalistes au dernier round.

Des candidats différents pourraient théoriquement arriver en tête du premier et deuxième tours.

Après un savant --certains diront obscur-- calcul, le parti publiera un nombre de délégués de l'Etat, proportionnellement au soutien reçu par chaque finaliste.

Ce résultat sera converti en nombre de délégués nationaux attribué à chaque candidat. C'est ce dernier chiffre qui importe au final car l'objectif des candidats à l'investiture démocrate est de décrocher une majorité de délégués nationaux (au moins 1991).

Celui qui y parviendra affrontera Donald Trump le 3 novembre. 

Autre nouveauté, les supporteurs inscriront leur premier choix sur un papier, pour permettre un éventuel nouveau décompte.

- Record attendu -  

Dans le comté de Johnson où la mobilisation est traditionnellement élevée, John Deeth, organisateur des caucus, s'attend à une participation record. A l'échelle de l'Etat, on pourrait dépasser les 240.000 démocrates qui s'étaient déplacés en 2008 lorsque Barack Obama avait arraché la victoire, un plus haut historique. 

"C'est dur pour moi parfois quand je suis dans la salle (du caucus) et que je vois mon parti se déchirer", confie John Deeth. Alors lui et les autres organisateurs se rassembleront pour une "fête de la victoire", quel que soit le vainqueur.

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