Virus: La pression baisse sur les hôpitaux, l'espoir renaît en Italie

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Un membre du personnel soignant prélève un échantillon sanguin auprès d'une habitante pour détecter la présence du Covid-19 à Robbio, dans le nord de l'Italie, le 4 avril 2020
Un membre du personnel soignant prélève un échantillon sanguin auprès d'une habitante pour détecter la présence du Covid-19 à Robbio, dans le nord de l'Italie, le 4 avril 2020
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© AFP, Miguel MEDINA

, publié le samedi 04 avril 2020 à 20h34

C'est l'espoir le plus concret d'un prochain endiguement de la pandémie de coronavirus en Italie: le nombre de patients hospitalisés en soins intensifs a diminué pour la première fois samedi. 

Ce chiffre est repassé sous la barre des 4.000 (3.994 contre 4.068 la veille). Jamais il n'avait baissé depuis fin février et l'explosion de la pandémie dans la péninsule, qui reste le pays le plus endeuillé au monde, selon les chiffres officiels (plus de 15.000 morts). 

Cette décrue inédite "est une nouvelle importante parce que cela permet à nos hôpitaux de respirer. C'est la première fois que ce chiffre est en baisse depuis que nous gérons cette urgence", s'est félicité le patron de la protection civile Angelo Borrelli. 


Cette baisse est notamment observée en Lombardie (nord), la région de Milan, la plus touchée, où les hôpitaux pourtant d'excellente qualité sont débordés: ils y sont désormais 1.326 à lutter en soins intensifs soit une cinquantaine de moins que la veille. 

Selon le bilan quotidien, 681 personnes ont perdu la vie en 24 heures en Italie, un chiffre toujours impressionnant mais lui aussi en baisse, de plus de 10% par rapport à vendredi (766). 

- Vigilance de mise -

Dans certains secteurs, la surmortalité parfois impressionnante par rapport aux années précédentes montre que ces bilans des autorités ne dépeignent qu'une partie du drame. 

Mais ce chiffre officiel des décès est "en diminution constante, je veux rappeler que (le 27 mars), nous avions atteint un maximum avec près de 1.000 morts", a relevé Angelo Borrelli. 

"C'est un message fort mais qui ne doit absolument pas être lu comme un signe que nous aurions surmonté la phrase critique. Il démontre que ce qui a été mis en oeuvre a été utile", s'est pour sa part félicité le patron du Conseil de sécurité de santé, Franco Locatelli. 

Il s'est également réjoui de ce que la pandémie n'ait pas explosé dans le sud, où les infrastructures sanitaires sont notoirement déficientes: "Il n'était pas garanti d'obtenir ce résultat." 

Les signes de ralentissement constatés depuis une semaine en Italie se sont tout de même accompagnés d'appels répétés des responsables à ne pas "baisser la garde". 

- Masques, écharpes et foulards -

"Les mauvais comportements ou le fait de penser que la bataille est déjà gagnée risquent de gâcher tous les sacrifices faits jusqu'à maintenant", a averti sur la Rai le ministre de la Santé Roberto Speranza. "Les chercheurs font le maximum mais il n'y a pas de vaccin disponible ni de thérapie certaine. Et cela n'arrivera pas rapidement", a-t-il rappelé. 

La Lombardie a d'ailleurs décidé qu'à partir de dimanche, ceux qui sortiront devront se couvrir les voies respiratoires, avec des masques, ou à défaut des écharpes ou des foulards. Les supermarchés seront par ailleurs tenus de fournir des gants et du gel hydroalcoolique à leurs clients. 

Le gouvernement a prévenu les 60 millions d'Italiens, qui terminent leur quatrième semaine de confinement, que les mesures restrictives à leurs libertés ne seraient pas rapidement levées et ne seraient allégées que progressivement, par phases. Vendredi, Angelo Borrelli a estimé qu'elles seraient toujours en vigueur le 1er mai prochain.

Le gouvernement doit annoncer dimanche ou lundi de nouvelles mesures pour venir au secours de la troisième économie européenne, frappée au coeur.

Vincenzo Boccia, leader du patronat italien (Confindustria) a jugé que les impératifs de rigueur budgétaire qui s'imposaient encore il y a un mois, appartenaient désormais à l'Histoire: "Cette fois, l'augmentation de la dette est une mesure essentielle", a-t-il dit. A ses yeux, il faut adopter des réflexes d'"économie de guerre". Si les "phénomènes (sont) différents, les conséquences (sont) identiques", a-t-il dit. 

Comme l'Espagne, autre pays européen durement frappé, l'Italie appelle de ses voeux une mutualisation de la dette entre membres de l'UE, ce que les pays du Nord, derrière l'Allemagne et les Pays-Bas rejettent. 

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