Vietnam: des manifestants interpellés au début d'un procès de dissidents

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Des manifestants marchent vers le tribunal d'Hanoï où s'ouvre un procès de dissidents, le 5 avril 2018 au Vietnam
Des manifestants marchent vers le tribunal d'Hanoï où s'ouvre un procès de dissidents, le 5 avril 2018 au Vietnam
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© AFP, Jenny VAUGHAN

AFP, publié le jeudi 05 avril 2018 à 08h14

Plusieurs manifestants ont été interpellés par des policiers en civil jeudi au Vietnam alors qu'ils marchaient sur le tribunal où s'ouvre le procès d'un avocat dissident pour "tentative de renversement" du régime communiste à parti unique.

"La démocratie n'est pas un crime", "Opposez-vous à la neutralisation de la Fraternité pour la démocratie", pouvait-on lire sur les pancartes brandis par la dizaines de participants à ce défilé, rare dans un pays où manifester est interdit.

Leur marche a été arrêtée nette par des policiers mobilisés en nombre pour ce procès de premier plan, dans ce pays où les médias sont entièrement contrôlés par l'Etat et les manifestations interdites.

Les accusés sont liés à un groupe dissident, dit de la Fraternité pour la démocratie, qui assure avoir un réseau d'opposants à travers tout le pays.

Sur le banc des accusés, se trouve l'avocat de premier plan Nguyen Van Dai, ainsi que cinq autres opposants.

Leurs partisans venus manifester ont été embarqués dans un bus, d'autres dans un van banalisé. Une journaliste étrangère de l'AFP couvrant la manifestation a dû s'expliquer de sa présence auprès de policiers.

Pendant ce temps, le procès a débuté, en présence des seuls médias locaux, la presse internationale n'ayant pas été autorisée à y assister.

Les accusés risquent la peine de mort s'ils sont reconnus coupables d'avoir organisé des formations aux droits de l'Homme, d'avoir appelé au multipartisme et d'avoir reçu des subsides de l'étranger, selon l'action d'accusation.

L'avocat Nguyen Van Dai, âgé de 48 ans, est détenu depuis décembre 2015. Il avait été arrêté après avoir participé à une réunion sur la question des droits de l'Homme avec des responsables de l'Union européenne à Hanoï.

Au départ, les accusés avaient été accusés de "propagande anti-étatique", avant que cela ne se transforme en "tentative de renversement" du régime.

La femme de Nguyen Van Dai a expliqué à l'AFP que lors de ces deux années de détention préventive, la santé de son mari s'était dégradée.

"La dernière fois que je l'ai rencontré, il restait fort mentalement, mais il n'avait pas bonne mine.... Ses cheveux sont devenus tout blancs", a expliqué Vu Minh Khanh.

Il a déjà passé quatre ans en prison entre 2007 et 2011 pour propagande anti-étatique.

Blogeurs, avocats et opposants de divers horizons sont nombreux à être emprisonnés au Vietnam. Selon le dernier décompte d'Amnesty International cette semaine, le Vietnam compte 97 prisonniers politiques.

"Le Vietnam est l'un des pays d'Asie du Sud-Est incarcérant le plus de militants pacifiques - une distinction honteuse à laquelle aucune nation ne devrait aspirer", a commenté le directeur régional d'Amnesty, James Gomez.

"La communauté internationale doit condamner sans équivoque la répression incessante de la société civile par le gouvernement vietnamien et exiger la libération inconditionnelle de Nguyen Van Dai, de ses collègues et de tous les autres prisonniers politiques", a commenté pour sa part la secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh) Debbie Stothard.

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