Catalogne : six choses à retenir du référendum

par euronews (en français)

En Catalogne, les bureaux de vote ont fermé dimanche soir à 20 heures. Le dépouillement a commencé au terme d’une journée de tensions et de heurts entre les électeurs indépendantistes et les policiers espagnols qui avaient reçu l’ordre d’empêcher le déroulement du scrutin, jugé illégal par Madrid.

Un scrutin forcément litigieux. Même si “des millions” d‘électeurs ont réussi à voter (dixit le président de la région catalane), les autorités espagnoles ont globalement réussi à saborder le bon déroulement des opérations de vote (menaces et arrestations préventives, saisie des bulletins et des urnes, fermeture de nombreux bureaux de vote…). Les organisateurs du scrutin ont donc dû parfois s’arranger avec les moyens du bord, au risque de prendre quelques libertés du point de vue légal. Le taux de participation sera également décisif. Si une forte majorité de Catalans a réellement boudé le scrutin, sa légitimité n’en sera qu’affaiblie. Et vice versa.

Images saisissantes en Catalogne : la Policia Nacional saisit les urnes à l'Escola Ramon Llull pic.twitter.com/DqKAG3uQT2— Olivier Berruyer (@OBerruyer) 1 octobre 2017

Des violences qui laisseront des traces. Les violences policières retransmises en direct sur les télévisions du monde entier ont marqué les esprits. Des hommes, mais aussi des femmes, parfois très âgés, ont été brutalisés lors de l’intervention des forces de l’ordre. Ils souhaitaient voter. Ils en ont été empêchés. Un désastre sur le plan symbolique. Sur le plan politique, cette répression aveugle pourrait aussi entraîner une certaine radicalisation de nombreux Catalans jusque-là modérés.

CATALOGNE Scènes de violences et de tensions en #Catalogne. #CatalanReferendum (video XabiBarrena)pic.twitter.com/0uEgxaRQpl— Infos FR (Infosfra) 1 octobre 2017

De très nombreux blessés. Au total, 844 personnes ont sollicité une aide médicale, selon le gouvernement catalan. Il y a eu 92 blessés enregistrés, selon les services de santé régionaux, dont deux plus gravement. Enfin 33 policiers ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur.

Catalogne : le visage de la défaite de Rajoy https://t.co/S6uyYTDgPc #Monde pic.twitter.com/6XSHr2BjPD— L'important (@Limportant_fr) 1 octobre 2017

La fermeté de Madrid. Peu après la fermeture des bureaux de vote, le chef du gouvernement espagnol a prononcé un discours d’une très grande fermeté, quitte à nier les faits. Pour Mariano Rajoy, dimanche “il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination” puisque le vote n‘était pas légal. En réprimant le scrutin, “les forces de sécurité n’ont fait que leur devoir”.

Déclaration d’indépendance. Le bras de fer avec Madrid n’est cependant pas terminé. Dimanche soir, le président régional catalan Carles Puigdemont a affirmé que suite à la victoire du ‘oui’ au référendum, les Catalans avaient “gagné le droit d’avoir un Etat indépendant”.

#CATALOGNE : "Les Catalans ont gagné le droit d'avoir un Etat indépendant sous forme de République", déclare Carles Puigdemont. pic.twitter.com/d2qcu7SnI8— Infos Françaises (@InfosFrancaises) 1 octobre 2017

Le silence de l’Union européenne. Malgré la condamnation des violences de plusieurs chefs de gouvernement nationaux ou régionaux (Belgique, Ecosse, Québec…), Mariano Rajoy a remercié l’Union européenne pour sa neutralité au nom de la souveraineté de l’Espagne et de la protection de son ordre constitutionnel.

Violence can never be the answer! We condemn all forms of violence and reaffirm our call for political dialogue #CatalanReferendum #Spain— Charles Michel (@CharlesMichel) 1 octobre 2017

Christophe Garach, avec Agences

Vos réactions doivent respecter nos CGU.