VIDÉO. Syrie : le ton monte entre Paris et Damas

VIDÉO. Syrie : le ton monte entre Paris et Damas
Emmanuel Macron et Bachar al-Assad (photomontage)

Orange avec AFP, publié le mardi 19 décembre 2017 à 13h32

DIPLOMATIE. Emmanuel Macron a qualifié mardi d'"inacceptables" les vives critiques prononcées la veille par le président syrien Bachar al-Assad, qui a accusé la France de "soutien au terrorisme".

Bachar al-Assad s'en est pris violemment lundi 18 décembre à la France.

"La France a été le porte-étendard du soutien au terrorisme en Syrie dès les premiers jours" du conflit, a estimé le président syrien, en référence au soutien apporté par Paris aux rebelles qui luttent contre son régime depuis 2011 et que Damas qualifie de "terroristes". "Elle n'est pas en position de donner une évaluation d'une conférence de paix", a-t-il déclaré à des journalistes, après avoir reçu à Damas une délégation de responsables et d'hommes d'affaires russes. "Celui qui soutient le terrorisme n'a pas le droit de parler de paix et n'a même pas le droit de s'ingérer dans les affaires syriennes", a-t-il précisé.



Sa diatribe intervenait quelques jours après des déclarations de Paris accusant le régime de Damas d'avoir fait "obstruction" aux dernières négociations à Genève, qui ont échoué.

La réponse française n'a pas tardé. "Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion", a répondu le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, interrogé par des journalistes lors d'un déplacement à Washington. "M. Bachar al-Assad ne semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu'il est dépendant de la Russie et de l'Iran", a-t-il insisté.

Le chef de la diplomatie française a rappelé le rôle de la France, qui a été "dès le départ dans l'action de la coalition" internationale contre le groupe jihadiste État islamique. "Aujourd'hui, c'est la coalition qui a permis la victoire", a-t-il estimé, jugeant que le régime de Damas ne pouvait à ce titre pas donner de "leçon" à Paris.

LA RÉPONSE DE MACRON

Mardi 19 décembre, Emmanuel Macron a qualifié mardi d'"inacceptables" ces vives critiques. "Nous avons été cohérents depuis le début", en luttant contre un seul ennemi, "Daech" en Syrie, a déclaré le chef de l'État devant la presse après avoir reçu le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. "C'est pour cela que les propos étaient inacceptables" car "si quelqu'un a combattu et peut gagner d'ici fin février c'est la coalition internationale", a-t-il ajouté. "Tous les autres ont des ambiguïtés" et "une priorité : frapper les opposants" au régime, a-t-il encore dénoncé.

"Le peuple syrien a un ennemi, il s'appelle Bachar. C'est une réalité", a-t-il poursuivi, en évoquant les millions de Syriens ayant fui le pays depuis la révolte réprimée de 2011 dans la foulée des Printemps arabes. Selon M. Macron, "si nous voulons construire un processus de paix qui conduira à la stabilité, nous nous devons de mettre les parties autour de la table et construire une transition qui permettra, non pas le statu quo durable, (mais une transition) qui conduirait à faire vivre des millions d'opposants hors des frontières".

"C'est un processus où les représentants de Bachar al-Assad seront là car il est aujourd'hui à la tête du pays (...) mais il est indispensable que l'ensemble des oppositions soient présentes et que nous ayons un processus politique et électoral qui permette à l'ensemble des Syriens de pouvoir s'exprimer". "Je ne crois pas que la Syrie se résume à Bachar al-Assad", a-t-il ajouté, en dénonçant aussi les "puissances extérieures qui voudraient imposer une paix qui viendrait d'eux".

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