VIDÉO. Macron célèbre l'afrobeat lors de sa visite au Nigeria

VIDÉO. Macron célèbre l'afrobeat lors de sa visite au Nigeria
Emmanuel Macron dans la salle de concert du "Shrine", le mardi 3 juillet.

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 12h31

Emmanuel Macron a laissé tomber la veste et la cravate, mardi soir à Lagos (Nigeria), pour célébrer "la créativité africaine" dans la salle mythique du "Shrine", haut lieu de l'afrobeat contestataire.

"I'm very happy to be with you tonight !", a lancé Emmanuel Macron en anglais aux centaines de personnes présentes dans la salle et les gradins. Le chef de l'État a rappelé que cette visite lui faisait "personnellement plaisir" car il retrouvait un lieu qu'il avait connu en 2002, lorsqu'il avait effectué à 23 ans un stage à l'ambassade de France à Abuja.

Il était alors étudiant de l'École nationale d'administration (Éna).



Cette salle de concert est très connu en Afrique, où elle est considérée comme "mythique". Elle a été créée par Fela Kuti, inventeur de l'afrobeat, une musique qui fusionne funk, soul, jazz et airs africains, avant d'être relancée par son fils Femi Kuti. "C'est un lieu iconique", "vibrant", a confirmé Emmanuel Macron, en expliquant qu'il s'était rendu à un concert de Femi Kuti en 2002.



"On a le sentiment qu'on peut aller boire un verre avec lui"

"Il faut donner à voir la vitalité de la culture africaine, dont le Nigeria est une vitrine", avait déclaré le président français pour justifier son déplacement au "Shrine". "C'est formidable de voir que le président français ait un intérêt si personnel pour la ville de Lagos", confiait dans la salle l'acteur nigérian Ozzy Agu. "On a le sentiment quand on le voit ici qu'on peut aller boire un verre avec lui et papoter".



Toutefois, la soirée ayant pris beaucoup de retard, des spectateurs ont quitté la salle sans attendre que Femi Kuti monte sur scène, peu avant minuit, avec ses musiciens et danseuses et fasse monter une ambiance jusqu'alors sage. Dans sa harangue, Femi Kuti a appelé les jeunes Africains à "ne pas laisser mourir" les rêves de son père pour une Afrique plus juste et développée. "C'est à vous de vous lever et de les réaliser !", a-t-il lancé. 

"Nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l'Afrique"

Pour Emmanuel Macron, la soirée au Shrine a également été l'occasion de lancer l'organisation de la Saison des cultures africaines qui se tiendra en France en 2020. Il avait annoncé fin 2017 la tenue de cette manifestation de plusieurs mois lors de son "discours fondateur" de Ouagadougou, déclinant sa stratégie pour relancer les relations entre la France et l'Afrique. Il s'agit de déployer "une stratégie culturelle et artistique qui remette l'Afrique" au centre, a-t-il confié. Car, a-t-il ajouté, "nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l'Afrique".

"On parle toujours de l'Afrique d'avant, mais trop rarement de Nollywood (l'industrie cinématographique du Nigeria est la deuxième au monde en terme de production), de la musique contemporaine", portée notamment par les artistes nigérians sur le reste du continent.

"Élargir le partenariat entre la France et le Nigeria"

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que "le coeur de cette visite est d'élargir le partenariat entre la France et le Nigeria sur des sujets culturels, économiques et sportifs", le moyen selon lui de donner des "perspectives et des opportunités à la jeunesse" pour qu'elle ne rejoigne pas les mouvements jihadistes.

Mercredi, après une rencontre avec de jeunes entrepreneurs nigérians, le président devait inaugurer la nouvelle Alliance Française, qui ambitionne de devenir un haut lieu de démocratisation culturelle à Lagos. Il devait rencontrer également de jeunes entrepreneurs nigérians, et a assuré vouloir tisser des liens économiques et estudiantins entre la France et le Nigeria. 

Le Nigeria reste un partenaire indispensable pour la France. Son marché de 180 millions de personnes est incontournable et le pays, avec une production globale de quelque 2 millions de barils/jour, représente plus de 10% de la production du groupe français Total. 

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