VIDÉO. À L'ONU, Donald Trump fait rire mais se fait aussi menaçant

VIDÉO. À L'ONU, Donald Trump fait rire mais se fait aussi menaçant
Donald Trump à l'ONU, le 25 septembre 2018.

, publié le mardi 25 septembre 2018 à 20h20

Fait rare dans cette prestigieuse enceinte où se rassemblent tous les ans les 193 États membres de l'ONU, le début de l'allocution du 45e président des États-Unis a été marqué par... quelques rires.

Les chefs d'État et de gouvernement, ministres et ambassadeurs des 193 pays membres de l'ONU réunis ce mardi 25 septembre au siège de New York sont sans doute moins habitués que les Américains aux satisfecit et superlatifs que s'octroie à longueur d'interventions publiques le président américain.

C'est sans doute pour ça que la nouvelle sortie de Donald Trump à la tribune de l'Assemblée générale de l'organisation mondiale les a fait rire.

Rappelant avoir évoqué il y a un an, lors de cette même grand-messe annuelle des Nations unies, "les menaces auxquelles est confronté notre monde", le chef d'État américain a expliqué vouloir "partager les progrès extraordinaires qui ont été faits". "En moins de deux ans, mon administration a accompli plus que quasiment toute autre administration dans l'Histoire de notre pays", a-t-il lancé, provoquant les sourires de ses interlocuteurs.

"C'est tellement vrai", a-t-il alors insisté, provoquant à ce moment-là des rires plus francs. "Je ne m'attendais pas à cette réaction, mais ça va", a-t-il ajouté en souriant lui-même. Avant d'enchaîner avec la longue liste de ce qu'il considère être ses succès.



Quand Trump loue "le courage" de Kim Jong Un

Outre cette déclaration qui a détendu l'atmosphère, le locataire de la Maison Blanche s'est montré menaçant. Martelant son attachement à la "souveraineté américaine", il s'en est pris tour à tour aux pays de l'Opep, aux pratiques commerciales de la Chine ou encore la Cour pénale internationale (CPI) accusée de n'avoir "aucune légitimité".

Il a néanmoins opté pour un ton moins agressif qu'en 2017. Dans un contraste saisissant avec sa première allocution, lorsqu'il avait menacé, dans un discours enflammé, de "détruire totalement" la Corée du Nord, il a vanté le dialogue "audacieux" amorcé avec le régime reclus en vue de sa dénucléarisation. Propos longtemps inimaginables dans la bouche d'un président des États-Unis, il est allé jusqu'à louer le "courage" de l'homme fort de Pyongyang, Kim Jong Un, jadis affublé du surnom moqueur de "Rocket Man".

L'Iran et la Chine visés

C'est, sans surprise, au régime de Téhéran qu'il a réservé ses flèches les plus aiguisées. "Nous ne pouvons pas permettre au principal soutien du terrorisme dans le monde de posséder les armes les plus dangereuses de la planète" ou de "menacer l'Amérique" ou Israël, a-t-il martelé. "Nous demandons à toutes les nations d'isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit" et "de soutenir le peuple iranien", a-t-il ajouté.

Tout en restant évasive sur sa stratégie à moyen terme, la Maison Blanche se défend régulièrement de chercher à provoquer un changement de régime dans ce pays, avec lequel les États-Unis n'ont plus de relations diplomatiques depuis près de 40 ans. Quelques heures avant de prendre la parole, M. Trump avait coupé court aux spéculations sur un éventuel tête-à-tête avec le président iranien Hassan Rohani, assurant que ce n'était pas d'actualité. "Peut-être un jour, à l'avenir. Je suis sûr que c'est un homme absolument charmant!", avait-il tweeté.



Il a par ailleurs une nouvelle fois fait l'éloge du "patriotisme", rejetant "l'idéologie du mondialisme" et promettant de ne jamais abandonner la souveraineté américaine à "une bureaucratie mondiale non élue et irresponsable". Donald Trump a aussi défendu avec force le bien-fondé des guerres commerciales qu'il a engagées sur plusieurs fronts, Chine en tête. Le déséquilibre commercial avec Pékin "ne peut être toléré", a-t-il tonné.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.