Venezuela: pouvoir et opposition font état de progrès dans leurs discussions

Venezuela: pouvoir et opposition font état de progrès dans leurs discussions
Le chef de file de l'opposition au Venezuela Juan Guaido (G) à Caracas le 23 janvier 2019; et le président vénézuélien Nicolas Maduro (D) à Caracas, le 9 janvier 2019

AFP, publié le vendredi 19 juillet 2019 à 06h08

Les délégations du gouvernement de Nicolas Maduro et de l'opposition vénézuélienne ont annoncé jeudi qu'elles progressaient dans leurs pourparlers à La Barbade visant à résoudre la crise politique au Venezuela.

Après quatre jours de discussions dans l'île des Caraïbes, les deux parties ont indiqué dans de brefs communiqués séparés que les négociations se poursuivaient, sans préciser si la session actuelle avait pris fin.

Elles se sont engagées à rester discrètes sur ces discussions qui se déroulent sous la médiation de la Norvège.

Plus tôt dans la journée, le ministère norvégien des Affaires étrangères a annoncé que les deux parties "poursuivent les négociations entamées à Oslo" en mai dernier "de manière continue et active".

"Nous insistons sur la nécessité que les parties adoptent une prudence maximale dans leurs commentaires et déclarations concernant ce processus, en application des règles établies", a déclaré dans un communiqué le ministère norvégien.

"Nous poursuivons les dialogues et confirmons notre entier respect des règles établies", a écrit sur son compte Twitter le ministre vénézuélien de la Communication Jorge Rodriguez, chef de la délégation envoyée par le président Maduro. "Nous exhortons chacun à protéger cet effort de négociation entre Vénézuéliens".

Presque au même moment, le député Stalin Gonzalez, représentant de l'opposition aux discussions, s'est exprimé dans le même sens.

"Nous approuvons le message du gouvernement de la Norvège", a écrit le député sur Twitter. "Nous continuons d'avancer pour rechercher la fin de la souffrance de notre peuple et choisir librement notre avenir".

M. Gonzalez représente à ces négociations le chef de l'opposition Juan Guaido, président du Parlement, qui s'est proclamé en janvier président par intérim du Venezuela et est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays avec à leur tête les Etats-Unis.

- "Confidentialité" -

Dans son communiqué, le ministère norvégien des Affaires étrangères a souligné que, "dans l'intérêt des négociations", les deux parties doivent avoir "l'espace nécessaire pour avancer dans une ambiance constructive" et que "la confidentialité du processus doit être respectée par tous".

Mardi dernier, l'Union européenne, qui soutient Juan Guaido, a menacé d'imposer de nouvelles sanctions au pouvoir de Nicolas Maduro si les négociations en cours ne débouchaient sur aucun "résultat concret".

Cette intervention de l'UE a été saluée avec reconnaissance par M. Guaido, mais rejetée par le pouvoir, qui y a vu une volonté d'"entraver" les pourparlers visant à une solution pacifique et négociée de la crise.

Après des contacts exploratoires et une première rencontre à la mi-mai à Oslo, les discussions ont repris à La Barbade le 8 juillet.

L'opposition déclare que son objectif dans ces pourparlers est d'obtenir le départ de M. Maduro du pouvoir et de nouvelles élections. Elle considère que le nouveau mandat entamé par le président chaviste en janvier dernier est illégitime parce qu'il résulte d'une élection présidentielle faussée selon elle par la fraude.

Mais Nicolas Maduro refuse catégoriquement de démissionner. Selon lui, les pourparlers inter-vénézuéliens doivent aboutir à une "coexistence démocratique" entre le pouvoir qu'il dirige et l'opposition.

Il appelle à mettre fin à ce qu'il appelle le "putschisme" de l'opposition et aux plans qu'ont selon lui les Etats-Unis pour mettre la main sur les réserves pétrolières du Venezuela, les plus importantes du monde.

Sous la présidence de M. Maduro, héritier du président Hugo Chavez (1999-2013), le Venezuela s'est enfoncé dans la plus grave crise économique, sociale et politique de son histoire moderne. Plus de quatre millions de Vénézuéliens se sont exilés en raison de cette crise, selon l'ONU.

M. Maduro attribue cette situation à la "guerre économique" menée selon lui par les Etats-Unis, qui veulent son départ du pouvoir et ont adopté contre le Venezuela des sanctions économiques incluant un embargo pétrolier.

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