Venezuela: les gouverneurs de l'opposition refusent de prêter serment

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 Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse depuis le palais présidentiel à Caracas, le 17 octobre 2017

Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse depuis le palais présidentiel à Caracas, le 17 octobre 2017

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© AFP, FEDERICO PARRA
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AFP, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 07h27

L'opposition vénézuélienne risque de perdre les cinq régions -sur 23- qu'elle contrôle, après avoir boycotté la cérémonie de prestation de serment des gouverneurs devant l'Assemblée constituante mercredi, ce qui devrait relancer la crise politique.

Les 18 gouverneurs du camp présidentiel désignés dimanche ont eux prêté serment à la mi-journée devant la Constituante, une instance uniquement composée de membres du parti au pouvoir et dotée de pouvoirs très étendus.

"Je félicite les gouverneurs de l'opposition (...) et ils sont officiellement convoqués devant l'Assemblée constituante", a ensuite déclaré depuis la tribune la présidente Delcy Rodriguez, sans résultat.

De fait, la Table pour l'unité démocratique (MUD), la coalition qui rassemble les adversaires au président Nicolas Maduro, avait dénoncé dans un communiqué le "chantage de la Constituante frauduleuse", précisant qu'elle refusait de présenter ses cinq gouverneurs élus devant cette assemblée dont elle ne reconnaît pas la légitimité.

Les cinq élus de l'opposition "ne prêteront serment que devant Dieu et les conseils législatifs (régionaux)", avait indiqué la MUD, peu avant le début de cette session spéciale.

La MUD a affirmé agir selon son "engagement" envers les plus de sept millions de Vénézuéliens qui, selon elle, ont voté lors du plébiscite qu'elle avait organisé en juillet pour rejeter l'Assemblée constituante. Ce scrutin n'avait pas été reconnu par les autorités électorales.

- 'Billard à trois bandes' -

Le gouvernement socialiste avait menacé de destituer les élus qui ne prêteraient pas serment devant cette institution, qui a notamment confisqué en août les prérogatives du Parlement, la seule autorité contrôlée par les adversaires de Maduro.

Si ces cinq gouverneurs sont destitués, il n'est pas clair encore s'il faudra ou non organiser de nouvelles élections dans ces régions.

"Nous entrons dans une nouvelle phase du conflit. L'aspiration de Maduro, dans ce billard à trois bandes, est de légitimer la Constituante", a déclaré à l'AFP le politologue Luis Salamanca.

L'opposition est fragilisée par de profondes divisions, et celles-ci ont encore été ravivées par sa cinglante défaite dimanche, quand le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) de M. Maduro a raflé 18 des 23 postes de gouverneurs du pays.

Au niveau national, le chavisme -du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro- a obtenu 54% des suffrages, contre 45% à ses adversaires. 

Les résultats des élections régionales ont été rejetés par la MUD et mis en doute par les Etats-Unis, l'Union européenne et une douzaine de pays d'Amérique latine, qui ont demandé un audit indépendant.

L'opposition, donnée grande favorite dans les sondages avant le scrutin, a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral. certaines voix ont toutefois reconnu que le principal fléau avait été l'abstention: "Cela nous a terriblement touchés", a admis Henry Ramos Allup, ex-président de l'Assemblée nationale.

- Les rues calmes -

Il a souligné que la MUD avait récolté 4,8 millions de voix dimanche, "3 millions de moins qu'en 2015", date de sa victoire historique aux législatives, alors que le pouvoir est resté stable, avec 5,5 millions de voix contre 5,6 millions lors du scrutin parlementaire.

L'opposition a pour l'instant écarté tout dialogue avec le gouvernement sans un audit indépendant sur la validité des élections de dimanche.

Dans ce pays pétrolier qui a sombré économiquement avec la chute des cours du brut, l'opposition était pourtant parvenue à mobiliser les foules au printemps pour une vague de manifestations non-stop d'avril à juillet, afin d'exiger le départ de Nicolas Maduro, jugé responsable de la crise.

Les rues sont depuis revenues au calme, reflet d'un probable découragement populaire, et les adversaires du président ont semblé divisés, hésitant entre dialogue et confrontation avec le pouvoir.

Dans une déclaration à Lima, Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la Paix 1992, a affirmé de son côté que cette crise était uniquement un conflit pour les richesses du pays: "Ce n'est pas une lutte entre citoyens. C'est parce que le Venezuela dispose de pétrole, de diamants, de nickel, d'or. C'est la région la plus riche du continent", a insisté l'activiste indigène guatémaltèque,   

 
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