Venezuela : gouvernement et opposition réunis pour négocier

Chargement en cours
 La présidente de l'Assemblée constituante vénézuelienne Delcy Rodriguez, le maire de la commune de Libertador, Jorge Rodriguez et le ministre vénézuelien de l'Education Elias Jaua, à Saint-Domingue avant une réunion avec les membres de l'opposition vénézuelienne, le 1er décembre 2017.

La présidente de l'Assemblée constituante vénézuelienne Delcy Rodriguez, le maire de la commune de Libertador, Jorge Rodriguez et le ministre vénézuelien de l'Education Elias Jaua, à Saint-Domingue avant une réunion avec ...

1/2
© AFP, Erika SANTELICES, afp
A lire aussi

AFP, publié le samedi 02 décembre 2017 à 01h30

Le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro et l'opposition ont entamé vendredi des négociations en République dominicaine, après plusieurs tentatives de dialogue avortées, afin de chercher une solution à la crise politique et économique que traverse le Venezuela.

Les délégués du gouvernement et ceux de la Table pour l'unité démocratique (MUD), une vaste coalition d'opposition, ont entamé leurs pourparlers au siège du ministère dominicain des Affaires étrangères, après avoir rencontré de manière séparée les facilitateurs internationaux du processus, a constaté l'AFP.

"Nous venons déterminés à lutter pour les droits élémentaires des Vénézuéliens, le droit à la santé, le droit à l'alimentation, le droit au vote, le droit à la démocratie", a déclaré Julio Borges, qui mène la délégation de la MUD, aux journalistes avant d'entrer au ministère.

"Nous écouterons ce que l'opposition a à dire, mais nous sommes venus pour exiger l'arrêt immédiat des agressions économiques contre le Venezuela", a pour sa part dit Jorge Rodriguez, le principal négociateur du camp gouvernemental, évoquant les sanctions financières imposées par Washington, dont il rend la MUD responsable.

Ce cycle de négociations, qui se poursuivra jusqu'à samedi, survient après trois échecs de tentatives de dialogue depuis 2014, dans un Venezuela ruiné par l'effondrement des cours du brut et où les chavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez auquel M. Maduro a succédé en 2013) concentrent la quasi-totalité des pouvoirs.

Le président dominicain, Danilo Medina, a dit miser sur la "bonne volonté" des deux parties. "Ce n'est pas un dialogue mais une négociation. Nous avons l'espoir de pouvoir en sortir quelque chose d'important", avait-il dit jeudi.

A distance, Nicolas Maduro a salué les efforts du président Medina : "Dieu merci, nous y sommes parvenus : une table ronde en République dominicaine", a-t-il écrit sur Twitter, partageant une courte vidéo diffusée par le ministère dominicain des Affaires étrangères.

Une partie de l'opposition est contre cette prise de contacts, considérant qu'il s'agit d'une "ruse" du gouvernement socialiste.

Pour Luis Vicente Leon, le président de la société de sondages Datanalisis, ce scepticisme "est naturel" mais, selon lui, le naufrage économique du Venezuela, considéré en défaut de paiement partiel par plusieurs agences de notation, pourrait inciter les deux camps à nouer des accords.

Selon lui, l'exécutif pourrait être disposé à donner de "l'oxygène" au secteur privé pour relancer l'économie à un moment où l'opposition ne réclame plus "la tête de Maduro" malgré la vague de manifestations qu'elle avait organisées entre avril et juillet, à l'occasion desquelles 125 personnes ont trouvé la mort.

Ce dialogue reprend au moment où le président Maduro tente de renégocier la dette extérieure de son pays, évaluée à environ 150 milliards de dollars, et compte être candidat à sa réélection l'an prochain.

 
5 commentaires - Venezuela : gouvernement et opposition réunis pour négocier
  • avatar
    humaminor  (privé) -

    Il est bien connu que le redressement économique d’un pays passe par les sanctions économiques des Américains. Ils sanctionnent économiquement pour appauvrir le Venezuela, une fois pauvre il est la proie des affairistes qui sont majoritairement américains. Il ne parlent plus d’y envoyer leurs militaires, c’est un progrès.

  • Mélanchon y est favorable....?

  • Je croyais que Maduro etait un dictateur!!!!!

  • Enfin une bonne nouvelle concernant des négociations dans ce pays.
    Au Vénézuela le secteur privé augmente chaque jour les prix des denrées ou sort en contrebande les produits du pays pour aiguiser la souffrance populaire mais le fait est là : la majorité veut poursuivre le processus de changement comme en témoigne son vote pour l’Assemblée Nationale Constituante en juillet dernier et lors des élections régionales d’octobre 2017. L’échec de la droite insurrectionnelle à créer le chaos, le succès de la politique de dialogue prônée par Maduro, une lutte sans précédent contre la corruption, le maintien et le développement des programmes sociaux, les alliances internationales renforcées face aux politiques de l’Europe et des Etats-Unis, s’accompagnent d’une remontée des prix du pétrole. Une défaite pour les médias qui voulaient faire croire que « le Venezuela est isolé », qu’il « manque d’alliances fortes » et « qu’il n’a pas d’issue ».
    Depuis que l’ex-procureure générale Luisa Ortega a fui la justice de son pays, il n’est de semaine sans qu’on découvre de nouveaux réseaux de corruption sur le point de pousser l’industrie publique du pétrole (PDVSA) à une faillite généralisée comme point d’orgue de la déstabilisation. Alors que les cours pétroliers remontent fortement, le président Nicolas Maduro a décidé de stopper une fois pour toutes la saignée quotidienne de millions de dollars – hypothèque de la filiale CITGO à des fonds vautours, surfacturations ou contrats-fantômes, vols d’infrastructures, bateaux bourrés de pétrole vendus en secret par des tiers. L’enquête menée par le nouveau procureur énéral Tarek William Saab frappe fort, jusqu’aux plus hautes sphères de l’« État dans l’Etat ». Ce 30 novembre l’ex-ministre du pétrole et l’ex-président de PDVSA ont été arrêtés à Caracas, imputés pour divers délits de corruption, comme avant eux une soixantaine de hauts fonctionnaires. L’enquête s’étend à d’autres dossiers explosifs comme le CADIVI-CENCOEX (octroi de devises d’État au secteur privé), Odebrecht (méga-contrats avec le géant brésilien de la construction) ou la compagnie de l’électricité : on peut s’attendre à d’autres surprises dans les semaines qui viennent.
    Pendant ce temps, une droite très divisée, socialement affaiblie depuis l’échec de son insurrection violente d’il y a quelques mois, a fini par s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement bolivarien, sous l’œil de médiateurs internationaux comme l’ex-président espagnol Rodríguez Zapatero. Dans quelques jours auront lieu les élections municipales et en 2018, les présidentielles. L’Amérique Latine, loin d’une « fin de cycle », compte sur un important potentiel électoral important pour poursuivre la transformation sociale et politique.

  • pourquoi sont ils ruinés par la chute des cours du pétrole alors que pour tous les autres pays producteurs ce n'est pas le cas
    la cause n'est elle pas ailleurs comme cela etait le cas pour tous les anciens pays communistes
    les filles d'attente en URSS alors que ce n'est plus le cas aujourd'hui en Russie; pourtant même pays et mêmes ressources
    de quoi faire réfléchir les adeptes de la pensée unique

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]