Venezuela: bras de fer en vue entre le pouvoir et une opposition déchirée

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 Elections régionales au Venezuela

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AFP, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 04h38

Un nouveau bras de fer s'engage mercredi au Venezuela: les gouverneurs doivent prêter serment devant la toute puissante Assemblée constituante, mais cette cérémonie, imposée par le président Maduro, devrait être boycottée par l'opposition, plus déchirée que jamais après sa défaite électorale dimanche.

La prestation de serment des gouverneurs, initialement prévue mardi à 19h00 GMT, a été reportée à mercredi 15h00 GMT, selon le compte Twitter de l'Assemblée constituante.

Problème: l'opposition, réunie au sein de la Table de l'unité démocratique (MUD), ne reconnaît pas cette Assemblée installée en août et composée uniquement de membres du pouvoir socialiste. Elle avait d'ailleurs annoncé que ses élus ne se soumettraient pas à cette chambre qu'elle considère comme illégitime.

Concrètement, personne ne savait mardi soir ce qu'il adviendra des cinq gouverneurs de l'opposition, sur les 23 au total élus dimanche, si ceux-ci refusent effectivement de prêter serment.

"La stratégie du gouvernement est de renforcer la légitimité nationale et internationale de la Constituante. Mais les leaders de l'opposition risquent de se déconnecter de leur électorat si (leurs gouverneurs) se présentent devant cette instance", a confirmé à l'AFP un analyste, Eugenio Martinez.

Une certitude: l'opposition vénézuélienne est plus déchirée que jamais et les tensions apparaissent au grand au grand jour après le résultat décevant pour la MUD du scrutin de dimanche.

- La MUD perd 3 millions de voix -

Divisée entre ceux qui rejetaient la participation à ces élections des gouverneurs, ceux qui prônaient l'abstention et ceux qui voulaient jouer le jeu électoral, la MUD n'a finalement remporté que cinq sièges de gouverneurs, contre 17 pour le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), au pouvoir, voire 18, le dernier poste étant en attente de validation officielle.

Au niveau national, le chavisme -du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro- a obtenu 54% des suffrages, contre 45% a ses adversaires. 

Henry Ramos Allup, l'un des principaux dirigeants de la MUD, a mis en cause l'abstention: "Cela nous a terriblement touchés", a plaidé l'ex-président de l'Assemblée nationale, seule institution dirigée par l'opposition, depuis les législatives de décembre 2015, mais désormais privée de tout pouvoir par la nouvelle Constituante.

Il a ainsi souligné que la MUD avait drainé 4,8 millions de voix dimanche, "3 millions de moins qu'en 2015", quand le pouvoir est resté stable, avec 5,5 millions de voix contre 5,6 millions lors des législatives.

Liborio Guarulla, gouverneur sortant de l'Etat d'Amazonas, a, lui, mis la défaite sur le compte de la direction de la MUD, coupable d'avoir choisi des candidats "servant ses seuls intérêts".  

Selon Luis Vicente Leon, analyste politique, le pouvoir du président Maduro s'est imposé car il était uni, face à une opposition "fracturée et démotivée": une telle victoire du régime aurait été impossible "avec une élection transparente et équilibrée", a-t-il cependant insisté auprès de l'AFP.

- 'Qu'ils aillent se faire foutre' -

L'opposition, annoncée victorieuse par les sondages dans 11 à 18 Etats, a dès lundi refusé de reconnaître les résultats du scrutin et écarté tout dialogue sans "une vérification internationale fiable".

Lors d'une conférence de presse mardi, Nicolas Maduro s'est, lui, félicité du "message fort" envoyé par le peuple vénézuélien "à l'impérialisme, à Trump, à ses alliés régionaux et à la droite locale". 

Et durant trois heures, démonstration sur une machine électorale à la clé, il a martelé que le scrutin avait été "libre": au Venezuela, "il est impossible de frauder aux élections", a assuré le président Maduro.

Si la Chine, alliée de Caracas, avait salué dès lundi un processus électoral "en douceur", Raul Castro, le N.1 cubain, parlant d'une "leçon de paix et de démocratie", l'Union européenne a demandé mardi à l'autorité électorale vénézuélienne de "prouver que les élections ont été transparentes".

Après les critiques de Washington, selon qui ces élections n'ont été "ni libres ni justes", c'est le gouvernement du Canada qui a subi les foudres de M. Maduro mardi, pour avoir aussi mis en doute l'honnêteté du scrutin.

"Qu'est-ce que j'en ai à foutre que le stupide gouvernement du Canada ne reconnaisse pas les élections ? Ce gouvernement insolent", a déclaré le président vénézuélien lors d'une conférence de presse au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas.

"Qu'ils aillent se faire foutre", a-t-il ajouté.

 
9 commentaires - Venezuela: bras de fer en vue entre le pouvoir et une opposition déchirée
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    envrac  (privé) -

    I l faut fouiller pour trouver un seul article sur le Venezuela, alors que si la droite avait gagné les élections nous en aurions une dizaine par jour ! Ce détail est révélateur du dépit et du mépris des médias de milliardaires.
    Le calme qui règne là-bas paraît insoutenable à ceux qui s'enthousiasmaient devant le climat de guerre civile entretenu par une droite anticonstitutionnelle.
    Quant aux irréductibles opposants qui ont l'indécence de parler de démocratie, conseillons-leur d'étudier -pour une fois- la géopolitique et de lire un rapport officiel de l'ONU sur le bilan du président Chavez.

  • Maduro , comme son prédécesseur Chavez , comme son allié et modèle Castro ne veut pas lâcher le pouvoir .
    Tous les moyens sont bons pour ça , y compris des pseudo élections .
    Mais organiser des élections n’a jamais été une preuve que le gouvernement est démocratique : Hitler aussi avait organisé des élections et des référendums pour consolider son pouvoir .
    La seule preuve de l’etat démocratique d’un pays , c’est l’alternance au pouvoir par les urnes …et c’est précisément ce que ne veut pas Maduro ; alors lui et ses complices peuvent accuser la CIA , les USA , ou même les martiens tant qu’ils y sont , mais ce sont des tyrans, des dictateurs .

  • Le gentil président Maduro vient de démontrer que son pays est démocrate, que tous les manifestants sont des gens d’extrême droite payés par la CIA et Donald Trump qui veut prendre le pétrole (dont il n'a pas besoin). Les photos des vénézuéliens qui mangent dans les poubelles sont truquées, les hôpitaux sont vides parce que tout le monde est en bonne santé, les supermarchés aussi sont vides parce que les gens sont encartés et trouvent tout ce qu'ils veulent au parti. les compagnies aériennes qui ne desservent plus le Venezuela étaient des colonialistes. Cuba est un pays frère qui nous a montré la voie et où il fait bon vivre.
    Comme ça, ça va?

  • L'union européenne et Macron ont ils demandé a Valls te prouver que son élection avait été transparente et démocratique ?
    Non on s'est dépêché de détruire les ulletins à Corbeille.

    bien sûr Camarade Insoumis .....

  • Large victoire de la gauche et de Madoro PSUV sur la droite et son aile très libérale le MUD. Petite précision par rapport à l'article ( chiffre que l'on peut voir sur la carte) :
    - C'est 20 gouverneur pour le PSUV et ses alliés et non 17 et seulement 3 et non 5 pour le MUD et ses alliés.

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