Vaccins : "une distribution injuste" des doses dénoncée par l'ONU

Vaccins : "une distribution injuste" des doses dénoncée par l'ONU
Le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

, publié le dimanche 28 mars 2021 à 21h00

Les pays développés sont accusés par le Secrétaire général de l'ONU de trop stocker les doses de vaccin contre le Covid-19. Il appelle à une répartition équitable entre les Etats.

Les vaccins sont-ils l'apanage des pays développés ? C'est ce que dénonce le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Il a critiqué, dimanche 28 mars, le "stockage" excessif de vaccins contre le Covid-19 par les pays développés. 


"Je trouve très préoccupant ce système très injuste de distribution des vaccins dans le monde", a souligné Antonio Guterres dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne canadienne CBC.

"Il est dans l'intérêt de tous de s'assurer le plus vite possible et de façon équitable que tout le monde soit vacciné partout et que les vaccins soient considérés comme un bien public mondial", a-t-il plaidé.
Le chef de l'ONU a reproché aux pays riches de "stocker" les vaccins, au-delà des besoins de leur population.

"Nous appelons les pays développés à partager une partie des vaccins qu'ils ont achetés", a-t-il dit en notant que "dans de nombreux cas, ceux-ci en ont acheté plus que ce dont ils ont besoin". Le Secrétaire général a déploré que le système international Covax d'aide aux pays défavorisés soit en "difficulté", parce qu'il y a "beaucoup de stockage de vaccins", des "limitations aux exportations", et que Covax manque de fonds.


Pour Antonio Guterres, la sortie de la pandémie dépend de la "possibilité de vacciner le plus vite possible la population mondiale", et il a plaidé en faveur d'un "mécanisme impulsé par le G20 pour mettre en place un plan de vaccination mondiale".

Interrogé sur l'éventuelle adoption de passeports de vaccination, Antonio Guterres s'est montré très circonspect, estimant qu'avant toute décision, il devait y avoir "une discussion sérieuse pour garantir l'équité" de la mesure et s'assurer qu'il existe "une coopération mondiale efficace sur la façon de procéder".

"Le pire serait que certains pays aient (le passeport) et d'autres pas. Ce serait dévastateur si cela voulait dire que les gens auraient la possibilité de se déplacer dans le monde développé, mais pas dans le monde en développement", a-t-il averti.
 

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