Vaccination : la France distribuera 60 millions de doses aux pays pauvres, promet Emmanuel Macron durant le G7

Vaccination : la France distribuera 60 millions de doses aux pays pauvres, promet Emmanuel Macron durant le G7©Ludovic MARIN / AFP

publié le dimanche 13 juin 2021 à 16h28

"Nous nous sommes engagés à travers ce G7 à vacciner au moins 60% de la population mondiale d'ici l'année prochaine", a fait savoir Emmanuel Macron ce dimanche 13 juin.

Un G7 à l'unisson contre le Covid-19. Les dirigeants des grandes puissances ont affirmé ce dimanche 13 juin leur volonté de mettre fin à la pandémie par la distribution de vaccins, lors d'un sommet marqué par une nouvelle dynamique en faveur du multilatéralisme occidental, Etats-Unis en tête.



Ce sommet de trois jours en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre), le premier en presque deux ans, marquait le retour des contacts directs après des mois de visioconférences pour le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Canada.

Le président de la République Emmanuel Macron a pris la parole ce dimanche et promis un "partage des doses".

"En février, j'avais fixé l'objectif de partager les doses à hauteur de 13 millions pour vacciner les personnels en première ligne, notamment les soignants. C'est ce que nous avons pu faire. Il y a quelques jours, je vous disais que, à nos yeux, l'objectif concret que nous devions nous fixer était un objectif de 40% de population vaccinée d'ici la fin de l'année, et 60% au printemps prochain - pour l'Afrique en premier chef, mais cela vaut aussi pour la zone Caraïbes, Amérique latine, Indo-Pacifique, et l'ensemble du globe", a-t-il assuré.

"Nous nous sommes engagés à travers ce G7 à, justement, endosser cet objectif et vacciner au moins 60% de la population mondiale d'ici l'année prochaine, avec ce point de passage de 40% d'ici la fin de l'année. A ce titre, le G7 s'est engagé à partager un milliard de doses supplémentaires, dont la moitié à la fin de l'année", a continué Emmanuel Macron. Un partage de doses qui vise donc à combler le retard d'immunisation dans les pays pauvres et favoriser une reprise plus égalitaire.

Puis de préciser concernant la France : elle "a doublé ses propres engagements en passant de 30 à 60 millions de doses partagées d'ici la fin de l'année". Enfin, "l'union africaine sera destinataire de 5 millions de doses d'ici la fin de l'été."

Au moins 11 milliards de doses nécessaires

"Les dirigeants se sont engagés pour plus d'un milliard de doses" en les finançant ou via le dispositif de partage Covax, s'est félicité le Premier ministre britannique Boris Johnson, ce qui porte à deux milliards les engagements totaux depuis le début de la crise sanitaire.

C'est bien trop peu, ont déploré de nombreux acteur, des ONG à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : au moins 11 milliards de doses sont nécessaires pour en finir avec la pandémie.

Les dirigeants du G7 ont également défini un plan de bataille avec l'espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une nouvelle pandémie et demandé une enquête plus approfondie de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l'origine du virus en Chine pour savoir s'il pourrait provenir d'un accident de laboratoire.  

La Chine et la Russie dans le viseur

La diplomatie a également eu la part belle durant les trois jours de sommet, avec la Chine et la Russie dans le viseur.

Le G7 a appelé Pékin à "respecter les droits humains" dans le Xinjiang, où vit la minorité ouïghoure, et à Hong Kong. Il a exhorté la Russie à cesser "ses activités déstabilisatrices", notamment via des cyberattaques, selon le communiqué final.

Au gré de sessions de travail et des apartés, le président américain Joe Biden s'est efforcé d'unir ses alliés face à Moscou et Pékin, un objectif majeur de sa tournée européenne qui doit marquer le "retour" des Etats-Unis sur la scène internationale après l'ère Trump.

Son arrivée au pouvoir a apporté "un nouvel élan" aux travaux du G7, s'est félicitée la chancelière allemande sur le départ, Angela Merkel.

Pour contrer les "Nouvelles routes de la soie" chinoises, le G7 a lancé un vaste plan d'infrastructures dans le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités afin d'aider les pays pauvres à se relever de la pandémie.

Mais ces annonces ne sont pas du goût de Pékin, qui a dénoncé des décisions prises par "une petite clique de pays".  

Réchauffement climatique

Autre gros volet : l'urgence climatique, avec un plan d'action pour tenter de limiter le réchauffement. L'enjeu est de taille pour le Royaume-Uni, qui souhaitait jeter les bases d'un consensus quelques mois avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) qu'il accueillera en novembre à Glasgow (Ecosse).

Le but est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable.

Pour y parvenir, les dirigeants du G7 se sont prononcés pour une réduction d'environ de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, un objectif que certains pays entendent dépasser.

Ils veulent tourner le dos aux centrales alimentées par le charbon, énergie fossile la plus polluante, sauf si des mesures de compensation environnementale sont en place, comme le captage de CO2. Les aides publiques seront arrêtées dès cette année.

Dans ce cadre, les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés.

Les contributions du G7 seront augmentées en vue d'atteindre l'objectif des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici 2025 les politiques climatiques des pays pauvres.

Pour les militants écologistes, c'est trop mou ou trop flou. Greenpeace a dénoncé de "vieilles promesses" réchauffées et Extinction Rebellion a qualifié le sommet de "flop".



Après le G7, Joe Biden va prendre le thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor, avant d'enchainer sur un sommet de l'Otan à Bruxelles puis une rencontre très scrutée avec le président russe Vladimir Poutine.

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