Vaccin BioNTech contre le Covid-19 : l'efficacité maximale n'est pas démontrée si la 2e injection est retardée

Vaccin BioNTech contre le Covid-19 : l'efficacité maximale n'est pas démontrée si la 2e injection est retardée©JOEL SAGET / AFP

publié le mardi 05 janvier 2021 à 13h30

Pour vacciner le plus de personnes possibles rapidement, plusieurs pays pensent allonger le temps initialement prévu entre les deux injections nécessaires. 

Face aux stocks limités de vaccins contre le Covid-19 disponibles, plusieurs pays ont annoncé qu'ils allaient allonger le temps initialement prévu entre les deux injections nécessaires : le Danemark prévoit d'espacer l'injection des deux doses jusqu'à six semaines quand le Royaume-Uni laisse s'écouler jusqu'à 12 semaines entre les deux injections. En Allemagne, le ministère de la Santé a demandé aux autorités sanitaires d'évaluer les options pour rallonger le délai.

Si la stratégie a pour but de "vacciner plus de monde" plus vite, comme l'a souligné le chef de l'Agence nationale danoise de la Santé Søren Brostrøm, interrogé par la télévision publique TV2, elle risque de s'avérer problématique sur le long terme. Le laboratoire BioNTech a en effet prévenu mardi 5 janvier que l'efficacité maximale de son vaccin contre le Covid-19 n'était pas démontrée si la deuxième injection était retardée.


"L'efficacité et la sécurité du vaccin n'ont pas été évaluées pour d'autres calendriers de dosage" que les deux injections espacées de 21 jours appliquées lors de l'essai clinique, a expliqué l'entreprise allemande, qui a développé avec l'américain Pfizer le premier vaccin autorisé aux Etats-Unis et dans l'Union européenne.





Le chef de l'Agence nationale danoise de la Santé a expliqué que la décision d'allonger le temps entre deux injections se fondait sur la documentation présentée par les laboratoires qui fait état d'une seconde dose reçue "entre 19 et 42 jours" après la première. "Même si des données démontrent qu'il existe une protection partielle dès 12 jours après la première dose, il n'y a pas de données qui démontrent que la protection reste en place au delà de 21 jours", a indiqué mardi une porte-parole de BioNTech.

"Nous estimons qu'une deuxième injection est nécessaire pour procurer la protection maximale contre la maladie", ajoute l'entreprise basée à Mayence, spécialisée dans l'ARN messager. Toutefois, "les décisions sur des régimes de dosage alternatifs sont prises par les autorités sanitaires nationales" avec lesquelles le laboratoire se trouve en "dialogue continu".

Les décisions d'allonger le temps entre deux injections concernent également au Danemark le vaccin de Moderna, en cours d'approbation par l'Union européenne, et celui de AstraZeneca dans le cas britannique.
 

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