Vaccin AstraZeneca : les bénéfices restent supérieurs aux risques, selon l'Agence européenne du médicament

Vaccin AstraZeneca : les bénéfices restent supérieurs aux risques, selon l'Agence européenne du médicament
Un flacon de vaccin AstraZeneca.

, publié le mercredi 07 avril 2021 à 21h40

L'agence sanitaire estime toutefois que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire "très rare" du vaccin.

Alors que plusieurs pays européens ont suspendu l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 en raison de signalements de caillots sanguins parmi les personnes vaccinées, l'Agence européenne du médicament (EMA) a estimé mercredi 7 avril que les bénéfices du vaccin demeuraient supérieurs aux risques.



L'EMA, qui a effectué un examen "approfondi" de 86 cas de thrombose signalés, dont 18 mortels, sur environ 25 millions de personnes à avoir reçu le vaccin, reconnaît néanmoins un "lien possible avec de très rares cas de caillots sanguins inhabituels avec des plaquettes sanguines basses" et estime que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire "très rare" du vaccin. 

Aucun facteur de risque spécifique n'a toutefois été identifié, a déclaré la directrice exécutive de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence. "Des facteurs de risque spécifiques tels que l'âge, le sexe ou les antécédents médicaux n'ont pas pu être confirmés car les événements rares sont observés à tous les âges", a-t-elle expliqué, tout en indiquant que "la plupart des cas ont été observés chez des femmes âgées de moins de 60 ans dans les deux semaines après injection". "Une explication plausible de ces effets secondaires rares est une réponse immunitaire au vaccin", a ajouté Emer Cooke, soulignant que le vaccin est "très efficace" et "sauve des vies".

L'EMA a par ailleurs indiqué que des cas de caillots sanguins ont également été observés après l'administration d'autres vaccins anti-Covid approuvés dans l'Union européenne, sans lien avéré à ce stade. Trois cas ont notamment été signalés dans le monde pour le vaccin de la société américaine Johnson and Johnson.

"Les chiffres sont extrêmement faibles par rapport aux 4,5 millions de vaccins reçus dans le monde. Ceci est cependant sous un examen attentif", a déclaré le chef du service de pharmacovigilance et d'épidémiologie de l'EMA, Peter Arlett. Il y a eu 35 cas signalés pour le vaccin Pfizer/BioNTech à travers le monde, et cinq pour celui de Moderna, selon le régulateur européen.

Un lien entre l'AstraZeneca et l'apparition d'une forme rare de caillots sanguins est "plausible mais non confirmé", a pour sa part jugé mercredi l'Organisation mondiale de la santé. "Des études spécialisées sont nécessaires pour comprendre pleinement la relation potentielle entre la vaccination et de possibles facteurs de risque", ont relevé les spécialistes de l'OMS. Ils remarquent aussi que ces phénomènes "bien qu'inquiétants sont très rares", plus de 200 millions de personnes ayant reçu ce vaccin dans le monde.

A la suite notamment de la publication des avis de l'EMA et de l'OMS, la Belgique a décidé de réserver l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca aux plus de 55 ans. "Sur la base d'avis scientifiques récents, les ministres belges de la Santé ont décidé de remplacer (le vaccin) AstraZeneca par d'autres vaccins pour les personnes âgées de 18 à 55 ans ; pour les personnes de 56 ans et plus, tous les vaccins continueront d'être administrés", indique un communiqué des autorités sanitaires belges. L'Italie a également décidé de limiter l'utilisation de l'AstraZeneca aux plus de 60 ans

De leur côté, les autorités sanitaires britanniques ont également estimé mercredi que les bénéfices du vaccin AstraZeneca restaient supérieurs aux risques pour "la grande majorité" de la population. L'agence britannique du médicament (MHRA) a indiqué avoir constaté 19 décès de personnes ayant reçu ce vaccin, sur un total de 79 cas de caillots sanguins identifiés et sur 20 millions de doses administrées. Ces cas concernent 51 femmes et 28 hommes âgés de 18 à 79 ans, a précisé June Raine, directrice de la MHRA.

Le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination au Royaume-Uni a toutefois recommandé de limiter l'usage de ce vaccin aux plus de 30 ans quand c'est possible. "Les adultes âgés de 18 à 29 ans, qui n'ont pas de comorbidité leur faisant encourir un risque plus élevé d'une forme grave de la maladie Covid-19, devraient se voir proposer un autre vaccin Covid-19 plutôt que le vaccin AstraZeneca, quand une telle alternative est disponible", a déclaré le professeur Wei Shen Lim, du JCVI, soulignant que le comité ne recommandait l'arrêt de la vaccination dans aucun groupe d'âge. 
 

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