Vaccin AstraZeneca : de nouvelles interdictions en Europe

Vaccin AstraZeneca : de nouvelles interdictions en Europe
Photo d'illustration

, publié le lundi 15 mars 2021 à 07h21

Quatre nouveaux cas de caillots sanguins chez des adultes vaccinés avec le sérum d'AstraZeneca ont été signalés en Norvège. 

Après le Danemark, l'Islande et la Bulgarie, c'était au tour des Pays-Bas et de l'Irlande de suspendre l'utilisation du vaccin Astrazeneca. Les Pays-Bas ont suspendu dimanche 14 mars, par précaution, l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19.

Le gouvernement néerlandais a décidé cette suspension par précaution, jusqu'au 28 mars inclus, après que des "effets secondaires possibles" ont été rapportés au Danemark et en Norvège avec le vaccin AstraZeneca, sans lien avéré à ce stade, selon le ministère de la Santé.  

Des hémorragies signalées  

Plus tôt dans la journée, l'Irlande avait pris la même décision après le signalement en Norvège de quatre nouveaux cas graves de caillots sanguins chez des adultes vaccinés. La Norvège, qui a signalé samedi également des hémorragies cutanées chez des jeunes vaccinés, avait suspendu le vaccin la semaine dernière, comme le Danemark, l'Islande et la Bulgarie. La Thaïlande comme la République du Congo ont pour leur part reporté leurs campagnes de vaccination.



Après une brève suspension dimanche des vaccinations AstraZeneca, suite au décès d'un enseignant vacciné la veille, la région italienne du Piémont (nord-ouest) a décidé de les reprendre, excluant toutefois par précaution un lot de vaccins du laboratoire anglo-suédois. 

Pas plus de risques que dans "la population générale" 

Dans un communiqué dimanche, AstraZeneca a indiqué qu'après "examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni" avec son vaccin "n'a apporté aucune preuve d'un risque accru d'embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde (TVP) ou de thrombocytopénie dans aucun groupe d'âge, de genre, de lot ou de pays particulier". Dans l'UE et au Royaume-Uni des TVP et des embolies pulmonaires ont certes été rapportés chez les personnes vaccinées, mais "beaucoup moins que cela ne surviendrait naturellement dans une population générale de cette taille et similaire", a souligné le laboratoire.

 "Il faut avoir confiance"

Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait assuré qu'il n'y avait "pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin. L'Agence européenne des médicaments (AEM) a toutefois estimé qu'un lien de causalité était "probable" dans au moins certains des "41 rapports d'anaphylaxie possible observés parmi environ 5 millions de vaccinations au Royaume-Uni". Elle fait valoir que des allergies sévères devraient être ajoutées à la liste des effets secondaires possibles du vaccin mais que celui-ci restait sûr. Le recours au vaccin reste défendu en France. "A ce stade, il faut avoir confiance dans ce vaccin et se faire vacciner, je le dis de la façon la plus solennelle, sinon on aura des retards dans la vaccination, les Françaises et Français seront moins protégés et la crise sanitaire durera longtemps", a déclaré le Premier ministre Jean Castex lors d'un entretien sur la plateforme Twitch.



Pour AstraZeneca, ces déconvenues s'ajoutent à la nouvelle baisse de ses livraisons à l'Union européenne d'ici juin que le laboratoire a été contraint d'annoncer en invoquant des problèmes d'exportations. Le groupe voit sa responsabilité "engagée", avec "seulement 25% des doses livrées" à la fin du premier trimestre, a estimé dimanche la ministre française déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a jugé l'annonce d'AstraZeneca "inacceptable (...), ou en tout cas incompréhensible". 

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