USA: tension à Kenosha avant une décision dans l'affaire de violences policières contre Jacob Blake

USA: tension à Kenosha avant une décision dans l'affaire de violences policières contre Jacob Blake
Un manifestant contre les violences policières et le racisme aux Etats-Unis, à Kenosha le 24 août 2020

, publié le mardi 05 janvier 2021 à 17h46

La ville américaine de Kenosha était sur le qui-vive mardi en prévision de l'annonce prochaine par les autorités judiciaires de leur décision de poursuivre ou non un agent blanc qui a grièvement blessé un jeune homme noir cet été, ravivant la colère antiraciste aux Etats-Unis.

Le procureur local Michael Graveley a fait savoir qu'il rendrait sa décision concernant les violences infligées à Jacob Blake, lors de la première quinzaine de janvier. 

Pour prévenir une possible flambée de violence, le conseil municipal de cette ville de la région des Grands Lacs a voté lundi soir une déclaration d'urgence, qui permettra au maire de décréter un couvre-feu dès que la décision sera connue.

Le gouverneur du Wisconsin Tony Evers a demandé à 500 membres de la Garde nationale de se tenir prêts à aller soutenir les forces de l'ordre de la ville, tandis que les commerces locaux se sont barricadés, surtout aux abords du tribunal.

Jacob Blake, 29 ans, a été criblé de balles le 23 août sous les yeux de ses trois fils, alors qu'il tentait de prendre place dans sa voiture. Grièvement blessé, il a perdu l'usage de ses jambes.

La scène a été filmée par un témoin et les agents impliqués suspendus de leurs fonctions. Mais aucun n'a été arrêté ni inculpé à ce stade.

L'affaire a provoqué trois nuits d'émeutes à Kenosha et a culminé le 25 août quand un jeune homme de 17 ans a tiré au fusil semi-automatique, dans des circonstances floues, sur trois manifestants, faisant deux morts. 

Son arrestation le lendemain a ramené un calme précaire dans la ville de 100.000 habitants. Il a ultérieurement été remis en liberté contre le versement d'une caution de deux millions de dollars.

Le dossier avait entraîné une forte mobilisation dans le monde du sport, avec le report de plusieurs rencontres de la NBA notamment.

A deux mois de l'élection présidentielle, l'affaire avait été fortement politisée, avec les visites sur place de Donald Trump et Joe Biden. Le républicain avait axé son discours sur le rétablissement de "la loi et de l'ordre", le démocrate avait dénoncé le "racisme sous-jacent" qui ronge, selon lui, les Etats-Unis.

Le pays connaît un mouvement historique de protestation contre le racisme et les violences policières depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.

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