USA: des dizaines d'accusation d'abus sexuels par un médecin d'université

USA: des dizaines d'accusation d'abus sexuels par un médecin d'université
Le président de l'Université de Californie du Sud (USC), C. L. Max Nikias, à Los Angeles le 11 mai 2018

AFP, publié le jeudi 17 mai 2018 à 21h37

L'université USC de Los Angeles a déjà reçu plus de 85 témoignages sur son ancien gynécologue accusé d'abus sexuels sur des étudiantes pendant des décennies, tandis que la Commission médicale californienne enquête sur ces faits présumés.

USC dit avoir contacté la police de Los Angeles, qui n'a pas fait de commentaire jeudi.

L'Université de Californie du Sud (USC) avait précisé mercredi que la moitié des témoignages d'anciennes étudiantes reçus sur la ligne téléphonique dédiée, ouverte cette semaine, étaient anonymes.

"Nous cherchons à connaître l'ensemble des faits", a précisé le doyen Michael Quick dans une lettre ouverte postée sur le site de l'université.

Un porte-parole de la Commission médicale californienne, chargée d'étudier les accusations de comportement non éthique de la part de praticiens et éventuellement de leur retirer leur licence, a indiqué jeudi à l'AFP qu'une enquête était en cours, sans plus de détails.

Le quotidien Los Angeles Times a révélé mercredi que le docteur George Tyndall faisait l'objet de plaintes d'infirmières et d'étudiantes sur son comportement: il est accusé d'avoir touché de façon abusive les parties génitales d'étudiantes lors d'examens médicaux, et d'avoir fait des commentaires à caractère sexuel sur leur corps et leurs organes intimes.

"Tu seras géniale pour le sexe", aurait-il ainsi dit à une ancienne étudiante citée anonymement par le Los Angeles Times. 

D'après le journal, le gynécologue visait surtout les étudiantes chinoises. Il aurait aussi pris pendant les années 1990 de nombreuses photos des parties intimes de patientes. 

Le médecin, diplômé de l'université médicale de Pennsylvanie, a nié ces accusations auprès du journal et a affirmé que sa façon d'examiner les patientes était médicalement justifiée.

Il n'était pas joignable jeudi.

Mercredi, le président d'USC, C. L. Max Nikias, avait déploré dans une lettre aux étudiants et employés que l'enquête interne sur le docteur Tyndall en 2016 "a révélé qu'il y avait eu des plaintes antérieures, et que l'ancien directeur du centre médical a choisi de les gérer de manière indépendante".

Des accusations de propos racistes tenus par le docteur Tyndall datant de 2013 avaient été référées au bureau de l'équité et la diversité (OED), qui n'a "pas trouvé de preuves concluantes qu'il y avait eu des enfreintes aux politiques" en vigueur.

C'est lorsqu'une infirmière frustrée de l'inaction de l'université a porté l'affaire devant le bureau de prévention des viols en 2016 que la direction a finalement mis en congé M. Tyndall, avant de mettre fin à son contrat en juin 2017.

Le gynécologue a d'abord dit qu'il allait prendre sa retraite avant de demander en début d'année à recouvrer son poste, menaçant de poursuivre l'université, qui a alors contacté la Commission médicale californienne.

M. Nikias a reconnu "qu'avec le recul, nous aurions dû le faire huit mois plus tôt".

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