Un pro-russe ou un pro-européen: les Tchèques choisissent leur président

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 Un café transformé en bureau de vote à Prague, le 26 janvier 2018

Un café transformé en bureau de vote à Prague, le 26 janvier 2018

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© AFP, RADEK MICA

AFP, publié le samedi 27 janvier 2018 à 09h00

Le vote a repris samedi matin pour le second tour de l'élection présidentielle tchèque opposant le chef de l'Etat pro-russe sortant Milos Zeman et l'académicien pro-européen Jiri Drahos.

Mettant en lice deux candidats radicalement différents, le scrutin a polarisé la société tchèque, notamment autour de la question de l'immigration et de l'orientation de la politique étrangère du pays membre de l'Otan depuis 1999 et de l'UE depuis 2004.

Le second tour, étalé sur deux jours, a été marqué vendredi par une forte mobilisation des électeurs : environ la moitié des inscrits ont voté, selon l'agence CTK, un chiffre supérieur de 10 points à celui observé lors du premier tour. 

Les deux candidats ont invité les Tchèques à se rendre massivement aux urnes. Au premier tour du scrutin, les 12 et 13 janvier, le taux de participation final s'était établi à 61,9%.

Connu aussi pour ses opinions pro-chinoises et anti-immigration, M. Zeman, 73 ans, bénéficie notamment du soutien des milieux ruraux et des travailleurs manuels, tandis que M. Drahos ex-patron de l'Académie des sciences âgé de 68 ans, est le candidat préféré des milieux intellectuels des grandes villes.

Pour Daniel Hajek, ouvrier dans l'industrie aéronautique, le vétéran de la gauche Milos Zeman connu aussi pour ses opinions pro-chinoises et anti-musulmanes "ouvre la porte à la coopération économique avec des pays tels que la Russie ou la Chine, et c'est important pour nous, pour l'emploi".

- Décence et franchise -

"Jiri Drahos est décent et cultivé. Il représenterait bien notre pays. Une orientation de la République tchèque vers l'Est, non merci", argumente de son côté la comptable Jitka Tesarova.

Le mot "décent" est souvent répété par ceux qui souhaitent un changement de locataire au Château de Prague, siège officiel de la présidence tchèque, en allusion aux manières parfois brusques du président sortant, ne cachant pas sa passion pour la cigarette et l'alcool.

M. Drahos "est décent dans le meilleur sens du terme. Milos Zeman est égoïste, il n'a jamais voulu aboutir à un consensus, il a toujours voulu seulement gagner", estime Lubos Horcic, spécialiste de matériel audio.

"On reproche à Jiri Drahos de ne pas avoir d'opinions fermes, mais à mon avis c'est la preuve qu'il réfléchit beaucoup. Les gens intelligents comme lui ont souvent des doutes et voient les choses de plusieurs points de vue différentes", assure l'étudiante Rozalie Wünschova.

En revanche, les supporteurs de M. Zeman épinglent ce qui est selon eux un manque d'expérience politique de son adversaire, chercheur en chimie physique.

"Je suis juriste. Vous voudriez que je sois chef d'une clinique d'ophtalmologie? Tout le monde serait aveugle en moins d'une semaine", argue le retraité Frantisek Ruzicka.

"J'apprécie surtout la franchise de Milos Zeman. La franchise dans tout ce qu'il dit", indique de son côté la cuisinière Irena Kudlackova.

Le scrutin se déroule sur fond de problèmes du gouvernement du milliardaire populiste Andrej Babis, allié de M. Zeman.

Inculpé pour fraude aux subventions européennes, il n'a pas réussi à obtenir la confiance du parlement et a présenté la semaine dernière au président la démission formelle du cabinet.

M. Zeman s'est déjà dit prêt à le désigner pour la deuxième fois pour tenter de former un gouvernement, avant même la fin de son mandat actuel le 8 mars, alors que M. Drahos se déclare hostile à l'idée d'avoir un Premier ministre poursuivi en justice.

Les bureaux de vote doivent fermer samedi à 13H00 GMT et le résultat qui s'annonce assez serré doit être connu avant 16H00 GMT, selon le ministère de l'Intérieur.

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27 commentaires - Un pro-russe ou un pro-européen: les Tchèques choisissent leur président
  • Si avec les russes ce n'était, par le passé largement révolu, pas vraiment glorieux, avec cette Europe de Juncker & co ça serait la tragique dissolution dans la mélasse du néant, pour ne pas dire autre chose !!!

  • Si avec les russes ce n'était, par le passé largement révolu, pas vraiment glorieux, avec cette Europe de Juncker & co ça serait la dissolution dans la mélasse du néant, pour ne pas dire autre chose !!!

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    Steppenwolf  (privé) -

    quand je lis les commentaires les "hibernatus" (tous ceux qui ne se sont visiblement toujours pas aperçus que l'URSS n'existe plus depuis 1991 - ça fait plus de 25 ans quand même ! ) je me dis qu'à vivre continuellement tourné vers le passé révolu non seulement il marche à reculons mais - comme dans la bible - à se retourner pour voir en arrière ils se sont transformés en statues de sel. Quand on lit leurs commentaires ça sent pas le présent mais plus le rance de l'aigreur d'un passé révolu sur lequel ils sont restés bloqués.

  • Élire pro Tchèque, choisir sa patrie, son identité, sa nation, son peuple.

  • Pro Russe et Pro Européen cela veut rien dire.Il faut dire pro Russe et pro Union Européenne ,c'est pas la même chose.

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