Un célèbre artiste dissident quitte Hong Kong pour Taiwan

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L'artiste Kacey Wong renommé pour son art contemporain critique du gouvernement, à Hong Kong, le 22 février 2018
L'artiste Kacey Wong renommé pour son art contemporain critique du gouvernement, à Hong Kong, le 22 février 2018
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© AFP, ANTHONY WALLACE

publié le mardi 03 août 2021 à 11h02

L'un des artistes les plus célèbres de Hong Kong a annoncé mardi qu'il avait déménagé à Taiwan, pour fuir la répression de la dissidence et retrouver une "liberté totale". 

Le départ de Kacey Wong est un nouveau coup porté à la réputation de Hong Kong, autrefois considérée comme un lieu privilégié d'expression et de liberté artistique. 

Kacey Wong, 51 ans, a publié sur Facebook une vidéo en noir et blanc dans laquelle il interprète l'ode mélancolique de Vera Lynn "We'll Meet Again" (+Nous nous reverrons+).

"Partir n'est pas facile, rester est aussi difficile", a-t-il écrit. 

Dans une interview accordée au site internet Hong Kong Free Press, M. Wong a confirmé avoir fui Hong Kong pour des raisons politiques, invoquant le recul des libertés depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale, imposé par la Chine l'an dernier pour étouffer toute dissidence. 

L'artiste est connu pour ses oeuvres visuelles contemporaines, militantes et politiques. Dans l'une de ses performances, intitulée "The Patriot", en 2018, il a interprété l'hymne national chinois à l'accordéon, à l'intérieur d'une cage métallique rouge. 

En 2020, les autorités ont adopté des lois controversées prévoyant des peines sévères contre quiconque commettrait un outrage contre "La marche des volontaires", l'hymne national chinois, ou contre le drapeau chinois.

"Je veux et j'exige une liberté à 100 %, sans compromis", a déclaré Kacey Wong à Hong Kong Free Press.

En juin, Wong a distribué des centaines de bouts de bougies provenant de précédentes commémorations de la répression meurtrière de Pékin sur la place Tiananmen, après l'interdiction des commémorations publiques par les autorités de Hong Kong. 

Les arts ne sont pas épargnés par la loi sur la sécurité, adoptée pour éradiquer le mouvement pro-démocratie après les grandes manifestations de 2019 dans l'ex-colonie britannique. 

Les films doivent désormais être censurés pour tout contenu enfreignant la loi et de nombreux livres ont été retirés des rayons de librairie.  

Lundi, un célèbre chanteur, Anthony Wong Yiu-ming, a été inculpé de corruption pour avoir chanté lors d'un meeting électoral organisé par un candidat pro-démocratie il y a trois ans. 

Deux auteurs d'un livre pour enfants comparant les partisans de la démocratie à des moutons entourés de loups ont été inculpés de sédition le mois dernier. 

Malgré cela, la cheffe de l'exécutif à Hong Kong, Carrie Lam, a estimé récemment que la liberté d'expression était intacte. 

"Je vous pose honnêtement la question suivante : quelle sorte de libertés avons-nous perdue, quelle sorte de dynamisme a été érodé à Hong Kong ?" a-t-elle déclaré dans une émission de radio fin juillet. 

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