Tunisie: nouveaux heurts au nord-ouest, calme dans le reste du pays

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 Deux jeunes Tunisiens marchent devant des véhicules de police stationnés à Tebourba, dans le nord de la Tunisie, le 11 janvier 2018

Deux jeunes Tunisiens marchent devant des véhicules de police stationnés à Tebourba, dans le nord de la Tunisie, le 11 janvier 2018

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© AFP, FETHI BELAID
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AFP, publié le vendredi 12 janvier 2018 à 07h07

La soirée était calme jeudi en Tunisie sauf à Siliana (nord-ouest) où de nouveaux heurts sporadiques entre des jeunes et des policiers ont eu lieu, au quatrième jour d'une contestation alimentée par des mesures d'austérité. 

Des dizaines de jeunes sont descendus jeudi soir dans les rues et jeté des pierres sur des agents sécuritaires qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène, a constaté un correspondant de l'AFP.

Mais la situation était calme à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Kasserine, autre ville du centre défavorisé du pays, et à Tebourba, à 30 km à l'ouest de la capitale, où un protestataire est décédé lors des heurts dans la nuit de lundi, ont indiqué des correspondants de l'AFP.

Les troubles alimentés par une grogne sociale persistante ont éclaté lundi, à l'approche du septième anniversaire de la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, chassé du pouvoir par une révolution réclamant notamment travail et dignité. 

Le mois de janvier est traditionnellement une période de mobilisation sociale en Tunisie, où le contexte est particulièrement tendu cette année en raison de hausses de prix, et des élections municipales -les premières de l'après-révolution- prévues en mai.

Depuis lundi, les troubles se déroulent essentiellement à la tombée de la nuit. Quelques manifestations pacifiques ont par ailleurs eu lieu de jour.

Jeudi midi, plusieurs dizaines de chômeurs se sont rassemblés dans le centre de Sidi Bouzid, ville pauvre du centre du pays d'où était parti le soulèvement de fin 2010, selon un correspondant de l'AFP. 

Le mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), qui a lancé en début d'année la contestation contre la hausse des prix, a appelé à une nouvelle mobilisation vendredi.

- "Vandalisme" -

Les pillages et émeutes nocturnes ont obligé l'armée à se déployer autour de nombreuses banques, sièges des impôts et autres bâtiments sensibles.

Dans une tentative de répondre à la poussée de fièvre sociale, les principaux partis politiques et organisations syndicales et patronales se réuniront samedi, a indiqué la présidence tunisienne. Le gouvernement s'est jusque-là montré ferme, condamnant le "vandalisme" et accusant les manifestants d'être manipulés par l'opposition.

Trois responsables locaux du Front populaire, parti de gauche, ont été arrêtés jeudi à Gafsa sur la base d'un témoignage les accusant d'avoir discuté avec des jeunes qui ont ensuite incendié un commissariat, a indiqué un cadre du parti.

La veille, la police de Kasserine avait indiqué à un correspondant de l'AFP avoir arrêté un leader politique de gauche avec quelque 2.000 dinars en poche destinés à rémunérer des agitateurs.

Mercredi, 328 personnes ont été arrêtées pour des vols, pillages, incendies volontaires et blocages de route commis au cours des derniers jours, a indiqué jeudi à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khalifa Chibani.

Mais selon M. Chibani, "l'intensité des violences a diminué par rapport aux jours précédents" et plus de 600 personnes ont été interpellées depuis lundi, selon la même source. 

La Tunisie est en état d'urgence depuis plus de deux ans -une mesure prise après une série d'attaques jihadistes- et les forces de l'ordre disposent de pouvoirs d'exception.

- "Cela fait sept ans qu'on attend!' -

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des heurts avaient notamment eu lieu à Kasserine et Sidi Bouzid, à Tebourba et dans plusieurs quartiers de Tunis.

A Tebourba, ville agricole où les infrastructures sont défaillantes et les perspectives d'emploi rares, l'AFP a pu constater l'amertume de nombreux habitants. "Cela fait sept ans qu'on attend, sans rien voir venir. On a eu la liberté, c'est vrai, mais nous sommes plus affamés qu'avant", lâche Walid, un chômeur père de deux enfants, montrant ses poches vides.

Les dessertes ferroviaires ont été annulées dans certaines zones après qu'un train a été attaqué en banlieue sud de Tunis mercredi soir, selon des médias locaux.

"Afin d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens", le syndicat patronal Utica a annoncé avoir avancé la date des soldes de 10 jours, au 20 janvier, en consultation avec le ministère du Commerce.

Après plusieurs années de marasme économique et d'embauches massives dans la fonction publique, la Tunisie, confrontée à d'importantes difficultés financières, a obtenu en 2016 un nouveau prêt du Fonds monétaire international (FMI), de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, en échange d'un programme visant à réduire les déficits. 

En dépit d'une reprise de la croissance, le dinar a dévissé ces derniers mois face au dollar, l'inflation a dépassé les 6% fin 2017 et le budget de cette année prévoit de nouveaux impôts et des hausses de TVA qui viennent encore renchérir le coût de la vie.

 
17 commentaires - Tunisie: nouveaux heurts au nord-ouest, calme dans le reste du pays
  • ces pays ont besoin d equipes dirigeantes qui soient formees dans les ecoles du monde et pas dans les mosquees !!

  • J'ai connu la période BOUGUIBA, et je peux vous avouer que la Tunisie à l'époque était mieux gérée que depuis ben Ali, les tunisiens étaient heureux et mangeaient à leur faim, le tourisme était la 1ère ressource du pays !
    Un beau pays, mais aujourd'hui détruit !

  • dans bien des cas on échange un cheval ;borgne contre un aveugle , les Tunisiens le découvre, Ben Ali avait tout les défauts de la terre , mais ces défauts rassuraient les touristes , les investisseurs , le système bancaire et la Tunisie était considéré par son taux de croissance comme le dragon Africain qu'en reste il ???? rien si ce n'est que le développement de la misère et du reste , pauvre pays

  • Ils vont venir en france, comme si on en avait pas assez

  • Quel que soit le patron dans ce pays, la misère du peuple est toujours grandissante..... Ils ont de quoi se rebeller et demander des comptes.... Pourquoi quittent-ils souvent leurs pays pour entre autres venir chez nous? Ce sont eux aussi des "réfugiés économiques" dans l'espoir d'une vie meilleure ailleurs....... Ce pays n'évolue pas, et les jeunes n'ont ni travail, ni instruction. Et la démographie est galopante aussi.... Il y aura des révolutions à venir dans ce pays, ou quelques riches exilés fiscaux européens passent leurs vacances tranquillement...... A Djerba, des centaines de couples retraités aisés s'y sont installés, pour éviter l'impôt en France..... J'en connais quelques uns...... Si j'étais Tunisien, je mettrais de l'ordre dans ces pratiques.....

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