Trump nomme une juge conservatrice "brillante" à la Cour suprême

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Le président américain Donald Trump et la juge Amy Coney Barrett (d), nommée à la Cour suprême, le 26 septembre 2020 à la Maison Blanche, à Washington
Le président américain Donald Trump et la juge Amy Coney Barrett (d), nommée à la Cour suprême, le 26 septembre 2020 à la Maison Blanche, à Washington
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© AFP, Olivier DOULIERY

, publié le dimanche 27 septembre 2020 à 12h22

Donald Trump a nommé samedi la juge conservatrice Amy Coney Barrett pour remplacer l'icône féministe Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des Etats-Unis, dans un climat de vives tensions à six semaines de la présidentielle.

"Ce soir, j'ai l'honneur de nommer l'une des juristes les plus brillantes et les plus douées du pays à la Cour suprême", a déclaré le président américain depuis les jardins de la Maison Blanche.

"Vous allez être fantastique", a-t-il lancé en s'adressant à la juge de 48 ans, debout à ses côtés, avant de prédire une confirmation "rapide" de cette nomination par le Sénat.

Sauf énorme surprise, Amy Coney Barrett, catholique pratiquante opposée à l'avortement, viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé qui tranche les grands débats de la société américaine.

Le choix présidentiel devrait être rapidement validé par le Sénat, a majorité républicaine. Les auditions doivent débuter le 12 octobre, pour un vote espéré fin octobre, quelques jours avant l'élection du 3 novembre.

"C'est ma troisième nomination", a souligné, tout sourire, M. Trump qui aura, fait rare, désigné trois juges suprêmes --sur un collège de neuf-- en un seul mandat.

Quelques minutes seulement après l'annonce de la nomination, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a appelé le Sénat à ne pas se prononcer avant la présidentielle du 3 novembre.

"Le Sénat ne devrait pas se prononcer (...) tant que les Américains n'auront pas choisi leur prochain président et leur prochain Congrès", a estimé l'ex-vice-président de Barack Obama.


En banlieue de Harrisburg, la capitale de Pennsylvanie, où l'ex-magnat de l'immobilier devait tenir un meeting de campagne dans la soirée, l'annonce de la nomination, retransmise sur grand écran devant les centaines de personnes déjà présentes, a été accueillie par des acclamations et des applaudissements.

"USA, USA, USA", a scandé la foule juste après l'annonce.

- Appel à attendre -

Dès le décès de "RBG", icône progressiste et féministe, Donald Trump a engagé au pas de course le processus pour ancrer durablement la Cour suprême dans le conservatisme, ses juges étant nommés à vie.

Tout le camp démocrate est vent debout, arguant qu'il devrait revenir au vainqueur de l'élection présidentielle de faire un choix si déterminant pour la société américaine.

La plus haute juridiction est effet régulièrement appelée à trancher sur des questions ultrasensibles, comme l'avortement, le droit de porter des armes, la discrimination positive ou encore les litiges électoraux.

Pour la sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, la confirmation de cette juge "pousserait la Cour encore plus à droite" et "nuirait à des millions d'Américains", mettant notamment en danger l'assurance santé adoptée sous M. Obama.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a encore exhorté samedi le Sénat à "reporter le processus de confirmation" jusqu'au lendemain de l'investiture du prochain président, le 20 janvier.

Le sujet sera à coup sûr mardi soir au coeur du premier débat télévisé de la campagne entre Joe Biden, favori dans les sondages, et Donald Trump, qui mise en partie sur cette séquence pour refaire son retard.

Le choix d'Amy Coney Barrett, mère de sept enfants, professeure de droit et magistrate connue pour ses convictions religieuses traditionalistes, pourrait galvaniser l'électorat chrétien conservateur sur lequel Donald Trump s'est largement appuyé lors de son élection-surprise il y a quatre ans.

D'autant que malgré une majorité de juges déjà théoriquement à droite après deux nominations par l'ex-homme d'affaires new-yorkais, la Cour suprême avait infligé au début de l'été une série de revers au camp conservateur, sur l'interruption volontaire de grossesse comme sur les droits des minorités sexuelles et des jeunes migrants sans papiers.

La haute juridiction "crache à la figure des gens fiers de se considérer comme républicains ou conservateurs", avait alors pesté Donald Trump.

- "ACB" après "RBG" -  

Amy Coney Barrett -- "ACB", comme la surnomment certains médias -- faisait déjà partie des favoris en 2018 pour la Cour suprême lorsque le président lui avait finalement préféré le juge Brett Kavanaugh.

"J'aime les Etats-Unis et j'aime la Constitution des Etats-Unis", a-t-elle déclaré lors d'une brève allocution au cours de laquelle elle a rendu un homme appuyé à Ruth Bader Ginsburg, qu'elle est appelée à remplacer.

"Elle a gagné l'admiration des femmes à travers et le pays et dans le monde entier", a-t-elle souligné.

Mais signe des tensions politiques qui traversent l'Amérique, c'est sous les huées de manifestants que Donald Trump était venu se recueillir jeudi devant la dépouille de Ruth Bader Ginsburg, exposée à l'entrée de la Cour suprême.

Une semaine tout juste après son décès, à 87 ans, "RBG" a reçu vendredi ses derniers hommages solennels au Capitole des Etats-Unis, en présence de Joe Biden et de sa colistière pour la vice-présidence, Kamala Harris.

"Aujourd'hui, la juge Ginsburg a marqué l'histoire une dernière fois", a tweeté l'ancien vice-président américain.

Elle sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

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