A Paradise, ville dévastée par le feu, Trump exprime sa "tristesse"

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Donald Trump constate l'ampleur des dégâts à Paradise, le 17 novembre 2018, aux côtés de la maire de la petite ville californienne, Jody Jones
Donald Trump constate l'ampleur des dégâts à Paradise, le 17 novembre 2018, aux côtés de la maire de la petite ville californienne, Jody Jones
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© AFP, SAUL LOEB

AFP, publié le dimanche 18 novembre 2018 à 13h17

Fumée épaisse, maisons en ruines, voitures calcinées: Donald Trump a assisté à un spectacle de désolation à Paradise, petite ville presque totalement rasée par l'incendie le plus meurtrier de l'histoire de la Californie. 

Le visage grave sous sa casquette "USA", le président américain, qui ne portait pas de masque malgré l'épaisse fumée qui enveloppe toujours la région, a constaté l'ampleur des dégâts aux côtés de la maire de Paradise, Jody Jones. 

"C'est très triste à voir", a-t-il déclaré après avoir passé une vingtaine de minutes dans un camp de mobile-homes, où seul un drapeau américain apportait une touche de couleur au milieu des cendres.

"En ce qui concerne le nombre de morts, personne ne sait véritablement à ce stade, il y beaucoup de personnes portées disparues", a-t-il ajouté.

Le "Camp Fire" a ravagé près de 60.000 hectares dans le nord de la Californie. Cinq morts supplémentaires ont été comptabilisés samedi soir, portant le bilan à 76 personnes tuées dans l'incendie, selon les autorités. Et plus de 1.000 personnes sont encore portées manquantes.

Le feu, qui a débuté il y a dix jours et est désormais maîtrisé sur 55% de sa surface, a détruit près de 10.000 maisons et plus de 2.500 autres bâtiments.

Interrogé sur le fait de savoir si cette visite avait fait évoluer sa position sur le changement climatique, le président américain a répondu: "Non, non, j'ai un avis tranché. Je veux un super climat et nous allons l'avoir".

Le 45e président des Etats-Unis a plusieurs fois ouvertement mis en doute, au mépris du consensus scientifique, l'impact des activités humaines sur le changement climatique en cours.

Dans le sud de l'Etat, près de Los Angeles, le "Woolsey Fire" a brûlé près de 40.000 hectares, dont une partie de la célèbre station balnéaire de Malibu, prisée des stars. Il a fait au moins trois morts.

Près de 9.000 pompiers sont déployés sur les deux brasiers, qui ont entraîné l'évacuation de dizaines de milliers d'habitants, dont beaucoup n'ont pas encore été autorisés à regagner leurs foyers.

L'essentiel des opérations de recherche des personnes disparues a lieu à Paradise, où vivaient de nombreux retraités qui n'ont pas réussi à fuir à temps. Des sauveteurs passent de maison en maison avec des chiens renifleurs à la recherche de personnes portées manquantes.

"Je vais continuer à chercher et espérer que cela ira", confie à l'AFP Jonathan Clark, à la recherche de son frère, de sa belle-soeur et de leur fils. 

- Visible à plus de 200 km -

Dès les premiers jours de l'incendie meurtrier, M. Trump a dénoncé la mauvaise gestion des forêts par les autorités du "Golden State", oubliant que celles-ci sont en majorité sous le contrôle de l'Etat fédéral.

M. Trump a aussi menacé de couper les fonds fédéraux alloués à la lutte contre les incendies. Samedi, juste avant son départ, il a de nouveau enfoncé le clou: "Il nous faudra de la gestion différente, je dis cela depuis longtemps".

Le réchauffement climatique a "peut-être un peu contribué" à la progression fulgurante des flammes, mais "le plus gros problème, c'est la gestion" des forêts, avait-il expliqué la veille sur Fox News.

Une explication qui ne convainc pas Roslyn Roberts, 73 ans, une électrice de Trump qui a dû fuir sa maison.

"Ce feu n'a rien à voir avec une mauvais gestion de la forêt. Des milliers et des milliers de maisons ont été détruites alors qu'il n'y avait pas d'arbres alentours", affirme cette dame réfugiée dans un centre de la Croix-rouge installé dans une église.

Au passage du cortège présidentiel, plusieurs pancartes remerciaient Donald Trump de sa venue mais l'un d'elle le qualifiait de "demeuré".

L'impact du "Camp Fire" est visible à plus de 200 km au sud de Paradise, jusqu'à San Francisco, où les autorités ont lancé vendredi une alerte à la pollution. Les écoles publiques y ont été fermées vendredi et le pont du Golden Gate était enveloppé d'un épais brouillard.

"C'est très mauvais", commente un habitant de la ville, Melvin Karsenti. "Il y a ce nuage permanent sur la ville. L'air semble plus épais. Je n'ai jamais vu autant de gens portant des masques". 

Plus au sud, le "Woolsey Fire" était pour sa part contenu à près de 80% et les pompiers espéraient l'éteindre d'ici lundi.

L'enquête se poursuit pour connaître l'origine des deux incendies. 

Une plainte a été déposée contre le fournisseur local d'électricité Pacific Gas & Electric (PG&E), qui a évoqué un incident sur une ligne à haute tension juste avant le déclenchement du brasier à Paradise.

La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a connu plusieurs incendies majeurs depuis un an, qui ont fait plus de 100 morts et brûlé des centaines de milliers d'hectares.

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