Trump anime un débat passionné sur le vapotage, mais ne tranche pas

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Le président américain Donald Trump anime  un débat à la Maison Blanche sur le vapotage en présence du sénateur républicain Mitt Romney
Le président américain Donald Trump anime un débat à la Maison Blanche sur le vapotage en présence du sénateur républicain Mitt Romney
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© AFP, Brendan Smialowski

, publié le vendredi 22 novembre 2019 à 22h39

"C'est un sujet très complexe, je suis là pour écouter". Donald Trump a animé vendredi à la Maison Blanche un débat vif et passionné sur le vapotage et l'impact des versions aromatisées des cigarettes électroniques sur les jeunes.

Après avoir évoqué, mi-septembre depuis le Bureau ovale, une interdiction de tous les arômes, sauf le goût tabac, le président américain semble avoir, au moins temporairement, capitulé face à la vigoureuse campagne de lobbying de l'industrie du tabac et du vapotage. 

Il y a dix jours, il a annoncé qu'il entendait rencontrer tous les acteurs afin de trouver "une solution acceptable". "La santé et la sécurité des enfants, avec les emplois, seront les priorités", avait-il alors tweeté, très prudent.

L'industrie du vapotage est accusée d'avoir longtemps ciblé les jeunes, avec des recharges aromatisées aux fruits ou aux bonbons, et de rendre ainsi une nouvelle génération dépendante à la nicotine. Ses défenseurs mettent en garde contre le coût en termes d'emplois d'une interdiction et mettent en avant le rôle des cigarettes électroniques pour aider les fumeurs à arrêter la cigarette.

Vendredi, Donald Trump n'a pas pris position mais animé avec énergie, pendant plus d'une d'un heure, un débat sur ce thème, bombardant les gens autour de la table de questions et assistant à des échanges parfois houleux.

"Quelle est votre solution?" "Que feriez-vous?" "Que pensez-vous du menthol?" "Diriez-vous que c'est un problème moins grave que la cigarette?" "Est-ce que vous pensez que cela aider les gens à arrêter la cigarette?" "Combien d'enfants continueront à les utiliser si nous supprimons les versions aromatisés?". "Ajouteront-ils eux-même des arômes?". "Beaucoup de gens veulent garder le parfum menthol, supprimer les autres mais garder le menthol, qu'en pensez-vous?".

Nombre d'associations anti-tabac et l'American Cancer Society ont demandé au président de tout simplement s'en tenir à sa proposition initiale et d'interdire tous les arômes.

Prudent sur ce front, le président américain a en revanche estimé qu'il serait logique de fixer à 21 ans l'âge minimum pour acheter des cigarettes électroniques (aujourd'hui seuls 18 des 50 Etats ont cet âge plancher).

- "Urgence sanitaire" -

Donald Trump a montré un intérêt particulier pour Juul, le leader des cigarettes électroniques aux Etats-Unis, qui a cessé de vendre ses recharges aromatisées à la mangue ou à la menthe, très prisées des lycéens, mais défend le menthol, un goût connu des fumeurs.

"Vous êtes le patron de Juul, qu'avez-vous à dire ?  Pourquoi avez-vous retiré les produits aromatisés ? Vous pensez qu'ils sont fondamentalement dangereux?"

A plusieurs reprises, le milliardaire républicain, visiblement sensible à certains des arguments de l'industrie du tabac, a mis en avant celui selon lequel une interdiction des versions aromatisées entraînerait l'arrivée de produits de contrebande de moins bonne qualité.

Des recharges au cannabis vendues sur le marché noir sont d'ailleurs à l'origine de l'épidémie de maladies pulmonaires graves qui a fait plus de 2.00 malades et 47 morts depuis l'été aux Etats-Unis, une crise de santé publique venue se greffer sur le débat sur le vapotage et les jeunes.

"Un des problèmes que je vois est que si vous ne les mettez pas en vente, ces produits vont entrer aux Etats-Unis illégalement", a-t-il lancé, rappelant les effets collatéraux de la prohibition. "Quelqu'un va ouvrir une usine en Chine et envoyer des produits".

Le sénateur Mitt Romney, l'une des rares voix critiques du président au sein du parti républicain, était assis à la droite de ce dernier. 

Il s'est prononcé très clairement en faveur de l'interdiction des produits parfumés telle qu'évoquée il y a deux mois par le locataire de la Maison Blanche.

"C'est une urgence sanitaire", a-t-il martelé. "Les enfants doivent être la priorité", a-t-il asséné lors d'un échange houleux avec les représentant de l'industrie.

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