Troubles en Tunisie: le président Essebsi critique la presse étrangère

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 Le président tunisien Beji Caid Essebsi a critiqué la presse étrangère pour sa couverture des troubles sociaux, le 13 janvier 2018 à Tunis.

Le président tunisien Beji Caid Essebsi a critiqué la presse étrangère pour sa couverture des troubles sociaux, le 13 janvier 2018 à Tunis.

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© AFP, FETHI BELAID
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AFP, publié le samedi 13 janvier 2018 à 18h52

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a accusé samedi la presse étrangère d'avoir "amplifié" les faits et porté atteinte à l'image de la Tunisie lors de sa couverture des récents troubles sociaux dans le pays.

"Il y a eu de l'exagération dans la presse étrangère" et "des choses ont été amplifiées" a-t-il déclaré à l'ouverture d'une réunion avec les partis au pouvoir, le syndicat UGTT et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise après des troubles alimentés par des mesures d'austérité.

"Le monde entier nous a nui", a ajouté le président tunisien qualifiant en revanche la couverture de la presse tunisienne d'"équilibrée" et "juste".

M. Caïd Essebsi a également accusé des "sensibilités" tunisiennes d'utiliser la presse étrangère "en croyant qu'elle est un élément influent". 

"Il y a vraiment de l'amplification et de la propagande", a-t-il fustigé.

Les critiques du président interviennent au moment où la Tunisie enregistre une grogne sociale qui a dégénéré en émeutes de lundi à jeudi dans certaines villes après la mort d'un homme durant une manifestation à Tebourba à l'ouest de Tunis.

Vendredi, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières a condamné des pressions sur les journalistes après l'interpellation d'un correspondant français et d'un reporter tunisien qui couvraient les rassemblements.

Jeudi, des membres de la Garde Nationale se sont rendus au domicile de Mathieu Galtier, correspondant entre autres du quotidien français Libération, et l'ont emmené au poste afin de le questionner, a indiqué samedi le North Africa Correspondents Club (NAFCC), association de la presse étrangère en Tunisie et en Afrique du Nord. 

La veille, le journaliste se trouvait à Tebourba pour couvrir la contestation et les policiers "lui ont clairement demandé de divulguer les identités et contacts des sources rencontrées sur place", a déploré l'organisme de défense des journalistes, soulignant que cela était "contraire aux fondamentaux de la liberté de la presse".

Le mois de janvier qui marque l'anniversaire de la chute de la dictature en 2011 à la suite d'un mouvement réclamant davantage de justice sociale et la fin de la corruption est traditionnellement une période de mobilisation sociale en Tunisie. 

Le contexte est particulièrement tendu cette année en raison d'une augmentation des taxes qui ont entraîné des hausses de prix très critiquées dans un contexte économique morose.

Adopté à la fin de l'année dernière, le budget 2018 augmente notamment la TVA, les impôts sur la téléphonie ou l'immobilier et certains droits d'importation, et instaure une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les salaires pour renflouer les caisses sociales.

 
5 commentaires - Troubles en Tunisie: le président Essebsi critique la presse étrangère
  • C'est toujours la même rengaine. Comme tous les dirigeants politiques partout dans le monde, le président tunisien incriminé la presse étrangère qui "exagère ou dénature " les faits et les événements. Il est temps que la classe politique, syndicale et patronale fasse son examen de conscience. La liberté recouvrée depuis 7 ans ne doit pas occulter le besoin vital pour vivre décemment avec une réelle justice sociale. La liberté seule et la démocratie ne suffisent pas pour vivre. Je me rappelle l'expression du juriste contitionnaliste Ilyad Acour à propos de la nouvelle Constitution : "Elle ne suffit pas pour donner à manger !" Pour le pays, il faut des mesures efficaces et tangibles....et non des cataplasmes au coup par coup chaque fois que le peuple grogne ou gronde ! Une dernière question se pose : qui détient le pouvoir de décision? Le président de la république, le chef du gouvernement ou la fameuse Assemblée des "pseudos" représentants du peuple ou notre syndicat UGTT / parti politique déguisé ? Allez vous y retrouver!

  • C'est bizarre, tous ces chefs d'états et dirigeants en difficultés, rejettent toujours la faute aux autres nations.Facile!!!

  • La presse Française et les médias internet Français y sont allés de leurs commentaires.
    Et pourquoi ne pas faire la une de toutes les casses faites en France.
    Nos journalistes Français sont muselés ..et ne voient que la paille dans l'oeil du voisin pas la poutre dans le leur...
    Quand on parle de liberté de la presse en France il faudrait alors qu'on nous parle franchement de tout ce qu'il se passe en France avant de s'intéresser à ce qui se passe en Tunisie..
    La Tunisie se relève d'une révolution ..il y aura des hauts et des bas pendant des années....

    je souhaite bon courage au peuple tunisien pour perfectionner sa révolution.

  • Quelle audace ,pour ne pas dire quelle insolence, de vouloir rapporter les faits tels qu'ils sont et non tels que le voudrait le parti au pouvoir !
    ces journalistes étrangers n'ont rien compris à la bonne attitude à conserver en toutes circonstances .

  • Et oui , mais c'est bien sûr ! Ils sont toujours victimes de complots. ....évidemment, jamais responsables

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