Thaïlande: verdict attendu pour le principal opposant accusé d'infraction au code électoral

Thaïlande: verdict attendu pour le principal opposant accusé d'infraction au code électoral
Le richissime homme d'affaires thaïlandais Thanathorn Juangroongruangkit arrive à la Cour constitutionnelle, le 18 octobre 2019 à Bangkok

, publié le mercredi 20 novembre 2019 à 09h39

La justice thaïlandaise prononce mercredi le verdict dans le procès du richissime homme d'affaires Thanathorn Juangroongruangkit, un des principaux opposants du gouvernement, accusé d'avoir enfreint le code électoral durant les législatives de mars.

S'il était reconnu coupable, il pourrait se voir exclu de la vie politique et condamné à une peine maximale de 10 ans de prison.

La Cour constitutionnelle prononcera son jugement à 07H00 GMT.

Son parti Future Forward est devenu la troisième force politique du pays à l'issue de législatives controversées, remportées par le général Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis le coup d'état de 2014 et désormais à la tête du gouvernement civil.

Depuis, Thanathorn Juangroongruangkit, 40 ans, ne ménage pas ses attaques contre l'armée, encore très puissante dans le royaume. Il plaide notamment pour une baisse des dépenses militaires et la fin de la conscription.

Bête noire des militaires et du gouvernement, il fait face à plusieurs procédures judiciaires. 

Thanathorn Juangroongruangkit est notamment accusé par la commission électorale d'avoir détenu des actions dans les médias au moment des élections, ce qui est interdit par le code électoral. Il a été suspendu de ses fonctions parlementaires le temps de son procès.

A son arrivée à la Cour constitutionnelle devant laquelle il comparaissait pour la première fois vendredi, l'homme d'affaires a plaidé son "innocence", assurant que la société de médias avait cessé ses activités cinq mois avant les élections. 

"Nous sommes convaincus qu'il n'y a aucune preuve", a-t-il lancé aux journalistes. 

Thanathorn Juangroongruangkit affirme aussi avoir vendu les actions qu'il détenait dans cette compagnie à sa mère plusieurs semaines avant les élections.

Pour ses partisans, cette affaire a été montée de toutes pièces aux fins d'éliminer l'un des hommes politiques les plus populaires du pays.

La cour constitutionnelle, proche du pouvoir, avait déjà fait taire des voix récalcitrantes juste avant les élections de mars, en prononçant la  dissolution du mouvement Thai Raksa Chart, lié à l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra. 

Ce parti avait présenté la sœur du roi au poste de chef du gouvernement, un acte considéré comme "hostile à la monarchie constitutionnelle" qui se doit d'être au-dessus des partis.

Future Forward est l'une des rares voix qui ose critiquer la monarchie, aussi puissante que mystérieuse en Thaïlande.

Jeudi, 70 de ses députés ont voté contre un décret royal transférant deux unités militaires clés sous le contrôle direct du roi Maha Vajiralongkorn, l'un des souverains les plus riches du monde.  Le décret a toutefois été approuvé à une majorité écrasante par le parlement.

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