Syrie : les États-Unis n'ont pas pris de «décision finale» concernant d'éventuelles frappes

Syrie : les États-Unis n'ont pas pris de «décision finale» concernant d'éventuelles frappes

Le président américain a annoncé sur Twitter des tirs de missiles à venir sur la Syrie.

leparisien.fr, publié le mercredi 11 avril 2018 à 22h45

Pour la Maison Blanche, «toutes les options restent sur la table», même si Donald Trump a menacé la Syrie et la Russie par une série de tweets.

« Toutes les options sont sur la table. » La Maison blanche a temporisé mercredi après-midi concernant d'éventuelles frappes militaires contre le régime syrien par le biais de sa porte-parole Sarah Sanders. « La décision finale n'a pas été prise », a-t-elle encore déclaré, tout en ajoutant que Donald Trump tenait pour responsable la Syrie et la Russie de l'attaque chimique présumée de samedi à Douma.

Une prudence qui tranche avec les déclarations plus tôt dans la journée du président américain, qui a averti la Russie, alliée de Bachar al-Assad, que des missiles seraient lancés sur la Syrie. « La Russie jure d'abattre n'importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et intelligents ! Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela », a écrit Donald Trump dans un tweet.

Dans un autre message, le président américain a affirmé que les relations entre les Etats-Unis et la Russie étaient « pires aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide ».

« Il n'y a pas de raison à cela. La Russie a besoin qu'on l'aide sur son économie, ce qui devrait être très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Arrêtons la course aux armements ? », a poursuivi Donald Trump.

« Pas de twitto-diplomatie », pour la RussieLe président russe Vladimir Poutine a réagi directement en fin d'après-midi, espérant « que le bon sens finira par l'emporter » dans les relations internationales, actuellement « de plus en plus chaotiques » dans un contexte de vives tensions avec les Occidentaux.

« L'état du monde ne peut que provoquer la préoccupation », a encore déclaré Vladimir Poutine lors d'un discours devant des diplomates étrangers, retransmis à la télévision.

« Nous ne participons pas à la twitto-diplomatie. Nous sommes partisans d'approches sérieuses », a par ailleurs déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par les agences russes lui demandant de commenter les derniers messages du président américain. « Nous estimons toujours qu'il est important de ne pas mener des actions qui pourraient nuire à une situation déjà fragile », a-t-il ajouté.

Quelques heures avant, la diplomatie russe avait estimé que les missiles américains que Donald Trump dit vouloir envoyer sur la Syrie doivent viser « les terroristes » et non le « gouvernement légitime » de Damas.

Des aéroports et des bases évacuésLa Syrie a également adopté un ton accusateur. « Nous ne sommes pas étonnés par cette escalade dangereuse en provenance d'un régime comme celui des Etats-Unis qui a parrainé et parraine encore le terrorisme en Syrie », a indiqué une source du ministère syrien des Affaires étrangères, citée par Sana.

L'armée syrienne a évacué des aéroports et des bases militaires dans le pays, de même que les bâtiments du ministère de la Défense et de l'état-major à Damas, en prévision de possibles frappes américaines, a indiqué mercredi une ONG.

Le président américain Donald Trump a averti d'une riposte occidentale imminente à une attaque chimique présumée le 7 avril dans une ville rebelle près de Damas, imputée au régime syrien de Bachar al-Assad. Ce dernier et son allié russe ont démenti cette attaque.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), « depuis mardi soir, les forces du régime ont évacué des aéroports militaires comme T-4 (dans la province centrale de Homs), Doumeir et al-Sin (près de Damas), ainsi que des bases des unités d'élite de la Garde républicaine et de la 4e Division, dans les environs de la capitale syrienne ».

Une décision « dans les prochains jours », selon Emmanuel MacronLa question d'une réaction internationale après l'attaque chimique de Douma fait débat depuis plusieurs jours. Mais Moscou a opposé mardi son veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution américain visant à créer un mécanisme d'enquête indépendant sur le recours aux armes chimiques en Syrie.

La France, de son côté, assure qu'elle mettra « tout en oeuvre contre l'impunité chimique », selon les mots de l'ambassadeur français François Delattre. Mardi, Emmanuel Macron a annoncé que si la France envisageait une option militaire, ce serait contre les « capacités chimiques » du régime d'Assad et non contre ses « alliés » russe et iranien.

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« Nous allons poursuivre les échanges d'informations techniques et stratégiques avec nos partenaires, en particulier britannique et américain, et dans les prochains jours, nous annoncerons notre décision », avait précisé le président français.

En avril 2017, Donald Trump avait déjà fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest). Lundi, le destroyer lance-missile USS Donald Cook a quitté le port chypriote de Larnaca, où il faisait escale, et se trouve dans une zone d'où il peut facilement frapper la Syrie.

L'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a émis de son côté mardi après-midi un message de mise en garde invoquant « de possibles frappes aériennes en Syrie [...] dans les 72 heures à venir ».

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