Syrie: le régime reste déterminé à reprendre l'enclave rebelle de la Ghouta

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 Des civils fuient les bombardements du régime syrien dans la ville de Saqba, dans la Ghouta orientale, le 9 février 2018

Des civils fuient les bombardements du régime syrien dans la ville de Saqba, dans la Ghouta orientale, le 9 février 2018

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© AFP, ABDULMONAM EASSA

AFP, publié le samedi 10 février 2018 à 05h13

Le régime syrien reste déterminé à reprendre l'enclave rebelle de la Ghouta orientale après cinq jours de bombardements qui ont provoqué la mort de plus de 240 civils, et l'ONU examine un projet de résolution prévoyant une trêve de 30 jours dans l'ensemble de la Syrie.

Après un bref répit, les bombardements ont frappé vendredi plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés quelque 400.000 habitants dans des conditions humanitaires dramatiques, selon des correspondants de l'AFP.

Depuis lundi, des milliers de familles ont dû se réfugier dans des abris de fortune. Médecins et secouristes sont débordés par l'afflux de victimes avec, chaque jour, des dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants.

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies examinent un projet de résolution réclamant l'instauration d'un cessez-le-feu de trente jours dans l'ensemble de la Syrie pour permettre la livraison urgente d'aide humanitaire, selon le texte consulté vendredi par l'AFP.

Ce texte, présenté par la Suède et le Koweït, réclame également la fin immédiate de tous les sièges, y compris dans la Ghouta orientale.

Les tractations sur le texte devraient débuter lundi. On ignore pour le moment la position de la Russie, alliée du régime du président Bachar al-Assad, sur ce nouveau projet de résolution.

Vendredi, les bombardements aériens ont visé plusieurs localités de la Ghouta dont Douma et Arbine, tuant au moins 13 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- 'Catastrophe humanitaire' -

Depuis lundi, plus de 240 civils dont une soixantaine d'enfants ont péri dans le déluge de feu déversé par le régime sur la Ghouta orientale, a indiqué l'OSDH. Des centaines ont été blessés.

Selon CARE International, les raids ont rendu très difficile la mission des organisations humanitaires.  

"S'il n'y a pas de cessez-le-feu (...), nous ne pouvons imaginer l'ampleur de la catastrophe humanitaire" à venir, a averti Joelle Bassoul, responsable de la communication pour la Syrie à l'ONG.

"Les gens meurent et les secouristes essaient de les sauver, mais ils meurent eux aussi. Ces travailleurs humanitaires syriens sont les seuls à essayer d'aider leurs communautés", a déploré Christy Delafield, une des responsables communications de l'ONG américaine Mercy Corps qui soutient des partenaires syriens.

La Ghouta est censée faire partie de quatre zones dites de "désescalade" instaurées en vertu d'un accord parrainé par la Russie pour réduire les combats et la violence.

"Mais elle subit parmi les pires violences que nous ayons vu" depuis le début du conflit, a souligné Mme Delafield.

Selon l'ONG Save the Children, plus de 4.000 familles vivent désormais dans des caves et des bunkers. "Les enfants sont affamés, bombardés et piégés. Le siège signifie qu'ils n'ont nulle part pour fuir".

- 'Dégradation insoutenable' -

Le président français Emmanuel Macron a appelé son homologue russe Vladimir Poutine à "tout faire pour que le régime syrien mette un terme à la dégradation insoutenable de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale et à Idleb", une autre région du nord de la Syrie visée par une offensive gouvernementale.

Il a également exprimé sa "préoccupation" face à "l'emploi possible de chlore" contre des civils. Cette dernière accusation a été démentie par le régime syrien.

La veille, les Etats-Unis, hostiles au régime Assad, et la Russie, qui le soutient, avaient de nouveau exposé leurs divergences, les premiers se disant en faveur d'une trêve humanitaire, la seconde la jugeant "pas réaliste".

Pour Nick Heras, un analyste au centre de réflexion Center for New American Security, comme la Ghouta orientale est la dernière zone contrôlée par les rebelles près de Damas, le pouvoir est plus déterminé que jamais à en chasser les insurgés.

La guerre en Syrie a été déclenchée le 15 mars 2011 par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, avant de se complexifier avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes sur un territoire morcelé.

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance des jihadistes ont miné les efforts pour un règlement du conflit qui a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes. Toutes les tentatives de trouver une solution politique ont échoué.

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73 commentaires - Syrie: le régime reste déterminé à reprendre l'enclave rebelle de la Ghouta
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    Steppenwolf  (privé) -

    il semblerait que l'obscure officine de l'osdh (et l'afp qui diffuse et infuse ses "informations") habituellement si "bien informée" soit la seule à ne pas savoir ou être "informé" que les dernières poches et réduits terroristes sont tenues par al nosra (al qaïda en syrie) ou des groupes armés illégaux s'étant alliés à al nosra donc des complices d'al nosra. Donc que les terroristes se rendent et cessent de prendre la population en otage comme boucliers humain. exactement comme ils l'ont fait l'année dernière à Alep. de toutes les façons ils ont perdu la guerre. alors qu'ils négocient leur reddition.

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    Steppenwolf  (privé) -

    les dernières poches et réduits terroristes sont tenues par al nosra (al qaïda en syrie) ou des groupes armés illégaux s'étant alliés à al nosra donc des complices d'al nosra. que les terroristes se rendent et cessent de prendre la population en otage comme boucliers humain. il se passe exactement le même crime de guerre à la Ghouta qu'à Alep l'année dernière. les terroristes d'al nosar et leurs complices affiliés empêchent les civils de fuirent pour les prendre en otage et s'en servir comme bouclier humain victimes pour que les occidentaux puissent accuser l'armée syrienne. on en a eu la preuve l'année dernière à Alep après la libération totale de la ville l'année dernière par l'héroïque armée syrienne et ses indéfectibles alliés.

  • Ce sont vraiment de grands malades Bachar et ses alliés , ils sont en train de construire une haine qui perdurera des générations .

    croyez vous vraiment que se soit Bachar qui est derriere tout cela ,Israel a besoin de terres et ses alliés font le necesserent pour leurs en procurer

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    Steppenwolf  (privé) -

    ben on peut aussi retourner le compliment. les syriens ne sont pas prêts d'oublier ce que les occidentaux leur auront faits. souvenez vous par exemple quand un certain ministre français des étranges affaires proclamait publiquement au début de la guerre : "Bachar al Assad ne mérite pas d'être sur cette terre." les syriens n'ont pas une mémoire de poisson rouge. et le hic - pour les occidentaux - c'est que les syriens vont gagner la guerre ....... avec leurs alliés. et comme la guerre est une autre façon de faire de la politique (les occidentaux le savent très bien ! n'est ce pas ? ref : l'Irak et la Libye .....) et bien les syriens vont aussi gagner politiquement après avoir gagné militairement.

    vous perdez votre temps martel21, l'ignorance est parfois sans limite.

  • Damas a parfaitement raison d'en finir avec ces terroristes d'ailleurs financés par l'occident !! Seulement "on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs !"

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    JEANPAIN  (privé) -

    ah le pouvoir des mots, les islamistes sont devenus "rebelles", le gouvernement élu est devenu "régime"....

    Les turcs massacrent les Kurdes en Syrie, les Occidentaux massacrent les troupes régulières Syriennes qui combattent les terroristes, mais le gouvernement Syrien n'aurait pas le droit de rétablir l'ordre dans son pays?

    Ca démontre juste que les pays occidentaux plongent dans le piège tendu par Ryad et Doha qui ont financés l'EI, ils baptisent les terroristes en rebelle et le gouvernement Syrien en "régime" pour accomplir leur forfait...

    les pays occidentaux, ne pas comprennent les enjeux, jamais la Russie n'acceptera que la Syrie devienne une nouvelle Lybie, un nouvel Irak, car si le sunnisme s'étend, toutes les républiques se terminant par STAN à ses frontières s'allieront à Ryad et se sera une guerre de religion aux portes de Moscou..

    .
    Quand nos "élites" comprendront elles que le gouvernement Syrien est le seul de la région qui protège les minorités contre l'envie d'expansion des sunnites qui eux massacrent les minorités comme au Yémen par exemple........


    l'Iran non plus n'acceptera pas l'extension du sunnisme, il y va de sa survie, d'ailleurs n'oublions pas que l'Iran a vu d'un mauvais œil quand la France, Le Drian était déjà là à l'époque d'ailleurs, a donné à l'Arabie Saoudite, via l'Egypte, des BPC de classe Mistral, prévus pour les Russes, ces bâtiments sont utilisés pour des débarquements de troupes, devine qui est face à l'Arabie dans le golfe Persique tu comprendra la crainte des autorités Iraniennes..........................

    bien vu :
    les islamistes (et les djihadistes ) sont devenus "rebelles", le gouvernement élu est devenu "régime"....

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